Entretien avec Wild Side Video (Dec 2009)

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Entretien avec Wild Side Video (Dec 2009)

Dear english readers, check the highlights of this interview!

La fin d’année donne l’occasion d’aller rencontrer Wild Side pour faire un (petit?) bilan décennie de leur catalogue asiatique. Installez-vous confortablement, avec une bonne tasse de café/thé, et c’est parti !

WildGrounds: Quelle différence entre vos espoirs fondés pour les 1ères sorties asiatiques et celles d’aujourd’hui ?

Manuel Chiche: Déjà il faut distinguer quel type de cinéma asiatique, parce qu’il y a 2 axes qu’on a toujours travaillé. D’un côté le patrimoine, de l’autre, le cinéma actuel récent. Sur le patrimoine on a exploré pas mal de choses, on est arrivé il y a 7-8 ans à dire “voilà Goyokin on va le faire découvrir au public français qui pour la plupart le connait pas” et à en vendre 16 000 DVD. Ça veut dire qu’au minimum, il y a 36 000 personnes qui l’ont visionné. Pour nous, c’était énorme.

HitokiriAujourd’hui, quand on sort un film super rare qui s’appelle Hitokiri, qui pour moi est un monument absolu, on en vend péniblement 2 500. Je pense que ce fossé là est représentatif. Au départ, il y a eu un super effet curiosité qui nous a fait dire “ils sont sur Goyokin, ça les intéresse, peut-être qu’on va pouvoir essayé d’autre chose”, c’est là qu’on s’est mis à faire Eiichi Kudo, Tomu Uchida… Et qu’on s’est aperçu que cet effet curiosité s’était totalement estompé [NDM: 2007]. Aujourd’hui sortir un film de ce type là avec les investissements que ça représente pour vendre 1 000 – 1 200 unités, c’est économiquement un non-sens.

De la même manière, à une certaine époque les télévisions étaient très friandes de ce genre de films. Aujourd’hui, ils disent que le cinéma japonais, c’est pas dans les quotas. Donc, en gros on se retrouve avec un seul débouché, les droits DVDs, mais avec un public qui d’un coup s’est retrouvé face à une offre tellement pléthorique qu’il s’est peut-être tourné vers autre chose.

C’est ça qui nous a vachement déçu. Plus le nombre d’éditeurs qui se sont mis sur le créneau, on s’est dit à un moment on pourra pas tous coexister comme ça alors autant lever le pied. Donc, aujourd’hui on va repartir avec autre chose. Voilà ce qui s’est un peu passé. Aujourd’hui ça marche beaucoup mieux sur le segment des films nouveaux, comme quand on sort la série des Crows Zero de Miike qui marche très très bien, c’est un film de gangs, ça plait, c’est bien foutu, c’est pas révolutionnaire mais on va dire que c’est Miike à un niveau acceptable, il a fait mieux, il a fait bien pire, mais voilà on sait comment il est, comment il travaille. En gros, voilà les 2 spectres. De la même manière sur la Shaw Brothers, le démarrage a été fantastique, avec un accueil public et critique incroyable et puis après, je dirais qu’il y a la lassitude qui s’installe.

WG: Avec la Shaw Brothers, vous avez eu l’impression d’inonder trop vite le marché ?

M.C: Je suis pas sûr qu’on soit allé si vite, mine de rien, on a sorti 46 titres sur 5 ans. C’est quand même pas énorme, plus 1 en salle par an, en faisant des efforts sur les prix… On fait des erreurs comme tout le monde. Sur la Shaw, il m’a pas semblé qu’on en avait sorti tant que ça, on a fait des vagues de 3, ça me semblait pas dément, mais peut-être ? Le fait est, que depuis 2 ans, plus personne en achète. Bon, on les a un peu retiré du marché. En même temps, on s’est dit qu’on va les laisser reposer. Mais on va y revenir bientôt.

Concernant la stratégie du patrimoine qu’est-ce que vous en retenez ?

Ce que je retiens, c’est qu’il faut pas en faire beaucoup, que le constat un peu amer : c’est le manque de curiosité flagrant. Chaque fois qu’on a essayé des cinéastes qui sont pourtant majeurs, les gens sont pas venus les découvrir. Et, parfois on entendait “ouais mais vous faites des intégrales, c’est trop chère, on peut pas les acheter 1 par 1″. OK, donc on les sort à l’unité, mais à l’unité, les gens sont pas plus venus. Ce que je retiens c’est que seules les évidences se vendent. C’est un peu désespérant parce qu’il y a une curiosité cinéphilique qui s’est un peu perdue. C’est peut-être le fait qu’aujourd’hui, il y a tellement de chose accessible de partout que les gens deviennent moins curieux ? Je sais pas…

C’est pareil au niveau de la presse ? J’ai l’impression que les journalistes sont un peu tentés mais sans plus. Par exemple, Hitokiri, j’étais surpris de voir à quel point il y avait rien eu alors qu’il y avait matière à faire un dossier sur le chambara… Finalement, la sortie a été totalement anonyme…

Je suis tout à fait d’accord. Le phénomène auquel on assiste avec le public est le même au niveau des journalistes. Les mecs sont assez inondés, avec des directeurs de rédac’ qui expliquent que bon, même si on dit que le film est nase, il faut quand même parler du phénomène…

… Oui mais c’est valable pour la presse papier, et internet ?

Non, c’est pareil. Je comprends pas. Sans parler de ceux qui s’amusent à jouer la gué-guerre, à attiser des braises de pseudo-rivalités entre éditeurs… Enfin des trucs à la con que je vois encore aujourd’hui. Si c’est ça le journalisme…

Et le domaine spécialisé ?Cimetière de la morale

Ceux qui sont spécialisés viennent ici et prennent le temps de discuter, ils savent que c’est super ouvert et qu’on peut échanger nos points de vue. Mais par exemple, la petite bande des mecs de 1kult, qui est un site que j’aime bien, ils font un boulot de fond, quand on fait un entretien avec eux, les questions sont quand même sacrément plus pertinentes. Enfin, ça me fatigue un peu de répéter les mêmes choses, c’est pour ça qu’on fait plus d’interview.

DVDrama proposait régulièrement un tchat avec vous…

Oui j’aimais bien le tchat, c’était vraiment quelque chose qui me plaisait et que je serais vraiment prêt à refaire. Même si derrière les pseudos, souvent se cachent des connards qui sont juste là pour emmerder. Ça, par contre ça me saoule. Mais oui, j’adore le tchat, c’est vraiment un exercice qui m’a toujours plu ! C’est juste que Dvdrama ça ressemble plus du tout à ce que c’était. Aujourd’hui, il y a DVDClassik que j’aime beaucoup et je trouve que Filmsactu est pas mal, ça ressemble au DVDrama d’avant. Je trouve que ça tiens la route. Là, je parle dans les sites généralistes.

La VOD pour la Shaw Brothers, quelles espérances ?

Franchement, je sais pas. C’est juste que je me dis qu’il y a plein de trucs qui moi me font marrer et qui seraient sympa à faire découvrir. Comment nous on les fait découvrir facilement sans prendre un risque financier colossal ? On s’est donc dit qu’on va les mettre à disposition, soit en visionnage temporaire, soit en achat définitif. Et ça sera sur une politique de prix vraiment basse, parce que ça nous a demandé juste l’effort de faire le sous-titrage français plus la création de cette petite plate-forme. Ça n’a rien à voir avec l’économie du DVD.

La plate-forme, c’est FilmoTV ?

FilmoTV va fonctionner en marque blanche pour nous. Donc les films seront accessibles à partir de Wildside.fr, à partir de Filmotv et également sur Virgin Mega. On verra ce que ça donne. Mais je trouve que l’érotisme à la Shaw, c’est un truc qui est très soft mais assez drôle, la série B ou Z de la Shaw c’est vraiment très fendard, c’est des décalques de la Blaxploitation, ce genre de chose, il y a des trucs vraiment bien. Y a quelques films d’arts martiaux qu’on avait pas sorti et qui je pense méritent d’être découvert. Puis il y a un réal qui me tenait à cœur qui est Li Han-Hsiang.

Comment s’est fait la séléction ?

Comme d’habitude, Frederic Ambroisine et moi, on a fait le tri, en trouvant des thèmes conducteurs autour desquels on a essayé de réunir le meilleur de chaque réal qu’on aime bien. Pour l’instant il n’y aura que 60 inédits, mais il y en a 120 autres qui, si ça marche, viendront compléter la sélection. Ça me plaisait vachement de pouvoir dire, voilà on peut voir tout Chang Cheh – enfin ses films à la Shaw, Liu Chia-liang… Puis, il y a plein de croisement possible ! On s’est dit qu’on aura la plus belle sélection car si on arrive au bout, il y aura à la disposition du public français 126 titres. Pour l’instant on va déjà tester avec les 60 premiers.

Mais une fois de plus, c’est un boulot de malade qui doit trouver un sens économique. Et il faut bien en parler puisqu’à la base Wild Side c’était 5 personnes, désormais c’est 23 personnes qui sont comme tout le monde, ils ont besoin de vivre. Je trouve donc la solution de la VOD est assez intéressante. Une fois de plus ça va être un test. Pareil, de faire la trilogie 36ème Chambre en Blu-Ray, tous les chiffres du marché me disent que c’est n’importe quoi de faire ça mais j’avais super envie de le faire.

La 36ème Chambre de Shaolin

Pourquoi ne pas opter pour un titre inédit en Blu-Ray alors ? Un titre qui vous tient à cœur par exemple. Après tout, la 36è chambre & Sabreur Manchot vont sortir en Blu-Ray aussi à l’étranger…

Je viens de le découvrir ce matin, je pensais pas qu’ils sortaient aux Etats-Unis ! Sachant qu’en plus c’est des titres sur lesquels on a passé vachement de temps à restaurer les masters de Celestial qu’étaient pas aussi beaux qu’on aurait espérer. Ça par contre, ça a été un cout supplémentaire qu’on attendait pas. Il y a quand même eu beaucoup plus de travail qu’on pensait. On s’était dit tranquillement qu’on va les récupérer comme les DVD étaient assez propres. Sauf que là en Blu-Ray, et c’est le problème du format, ça laisse rien passer. Donc la moindre merde qui peut à la limite passer facilement en DVD, se voit en BR comme le nez au milieu de la figure.

Pour les inédits, le problème c’est déjà que les inédits de qualité qu’on a sorti sur la fin de la collection ont eu des ventes catastrophiques. Donc là, à la limite OK, on demande aux gens “vous l’avez déjà en DVD qui était plutôt bien, on vous demande de le racheter en Blu-Ray”, c’est vrai qu’il y a risque. Mais la 36è c’est 60 000 exemplaires, on a essayé de faire un truc assez joli, on verra. Un inédit qui me tient à cœur, j’essaye d’un peu éviter ce genre de chose, aujourd’hui en tout cas. J’attends de voir ce que donne le marché du patrimoine sur BR, et ce que j’en ai vu jusqu’à aujourd’hui me laisse très perplexe.

En Angleterre, l’éditeur Eureka a annoncé1 pour sa collection Masters Of Cinema qu’ils sortiront les films soit en DVD, soit en Blu-Ray selon le master disponible. Qu’en pensez-vous?

Depuis le début de notre histoire on a souvent payé pour voir. c’est-à-dire qu’on a souvent été à l’avant-garde – le mot est fort – mais on a souvent fait avant les autres, et pris des claques. Donc maintenant, on se dit, un peu de prudence. Je suis pas sûr qu’aujourd’hui, le public cinéphile – c’est un mot un peu pourri – soit équipé totalement en BR et soit même disposé à racheter en BR. J’ai un gros doute. Par contre, je trouve pas du tout ça incohérent. C’est-à-dire évidemment si on a un master de très très bonne qualité en haute def, pourquoi pas ne sortir que le Blu-Ray. Mais je pense que le taux d’équipement est très faiblard.

Mais j’ai un doute sur ce format, parce que moi, en tant que consommateur et détenteur d’une grande TV, je me régale quand le BR est digne de ce nom. Il y a des films qu’on peut totalement redécouvrir sur ce support et d’un coup on se dit “le DVD ? Tu veux parler de la VHS ouais !”. Mais ce support n’a de sens que sur des très très grands écrans. À partir de 82cm et plus petit, la différence est très difficile à voir. Quand on commence à taper dans les 130cm et plus, là c’est flagrant, c’est même monstrueux !

Êtes-vous arrivés à trouver un équilibre dans vos sorties ?

Oui, aujourd’hui je dirais qu’on a trouvé un équilibre entre patrimoine et sortie récente, les uns compensant les autres. Mais sur le patrimoine asiatique, déjà on lance beaucoup de choses, que ce soit la Shaw ou la Nikkatsu qui sont loin d’être des petits chantiers. Et j’ai pas renoncer à revenir avec d’autres films de patrimoine asiatique. Mais pour l’instant on va déjà traiter ces sujets-là.

L’année 2010 est chargé, peut-être trop ?

(rires) Je pense que j’ai même déconné sur le planning, On est allé un peu fort mais en même temps, c’est des chantiers qu’on a préparé sans bruit. C’est-à-dire que ça fait longtemps qu’on les a dans les tuyaux, on s’est dit qu’on va tout préparer tranquillement comme ça personne nous emmerde, et puis après, on lancera. Tout est arrivé en même temps plus d’autre chose sur le patrimoine qui n’est pas asiatique. Une opportunité s’est présentée, je pouvais pas refuser. Ce qui fait donc qu’on se retrouve effectivement avec un planning chargé.

Pour la collection roman porno Nikkatsu, vous allez proposer des films d’1h à 20€ pour un genre inconnu en France. Paradoxe ?

Osen, la mauditeJe suis pas sûr que le prix se mesure à la durée. Je pense pas détenir la vérité absolue, on lance à ce prix là parce que ça me semble juste. Si on s’aperçoit qu’on s’est gouré, on les baissera. Moi, ça me semble être le juste prix par rapport à l’investissement, aux efforts fait pour lancer cette collection. Ce matin, je suis tombé sur les Cahiers du cinéma, en fait pour vérifier une pub, et j’ai vu qu’ils ont fait la chronique des 3 premiers romans porno. J’étais assez content de ce qui était écrit. Le mec explique que c’est quand même des œuvres majeurs dans le cinéma japonais, en tout cas pour ces 3 premières sorties, et que c’est difficile de passer à côté. Que c’est du cinéma, pas un film érotique de base.

Dans notre sélection, il y a de très belles choses dedans même s’il y aura forcément des titres sujet à discussion. Après on verra. Mais pour ceux qui veulent pas les acheter, ils auront qu’à les louer en VOD. Si quelqu’un veut tester, et se dire “putain, je veux pas filer 20e à Wild Side”, il pourra toujours mettre 3 ou 5e – enfin je sais pas, on a pas encore décidé – pour les visionner en VOD avant. Moi ça me semble très bien. C’est ça que je trouvais génial dans la VOD. Je me disais que pour les gens préférant découvrir le film avant de l’acheter, ce sera une bonne occasion. Malheureusement sur le patrimoine japonais, nous comme les autres, on a pas les droits internet. Donc, on peut pas les mettre à disposition en VOD. Les gens peuvent pas aller découvrir ce que j’aurais bien aimé qu’ils découvrent.

Les studios m’expliquent chaque fois que je reviens à la charge tous les 6 mois, que les syndicats d’auteur/acteurs/réalisateurs font un blocage pour la diffusion internet. On a beau leur expliquer que leurs titres de toute façon sont hyper piratés, qu’on les trouve de manière illégal sur plein de plate-formes. Ils veulent rien comprendre. C’est ça qui est dommage avec les sociétés japonaises, ils sont bloqués sur des schémas qui sont vraiment archaïques. Même avec les meilleurs arguments du monde – enfin qui me semblent pas mal – impossible de les convaincre. Donc je suppose que c’est le temps qui fera son œuvre. Les autres pays asiatiques, la Corée, la Chine, HK… on peut avoir le droit internet, ils ont très bien compris que c’était nécessaire. Au Japon, il y a un énorme blocage.

Vous avez eu des problèmes avec les studios japonais au niveau du matériel ? Ils ont une mauvaise réputation dans ce domaine, genre du matériel pourri refourgué aux éditeurs étrangers alors qu’ils ont du matos remasterisé…

C’est pas vrai. Par contre, on leur a souvent dit que leurs remasterisations n’étaient pas bonnes. On a fait assez simple, à un certain moment on s’est dit qu’on allait arrêter de s’emmerder; on leur a commander des copies neuves, à partir desquelles on a fait nos télécinémas ici ainsi que nos masters comme ce qu’ils fournissaient n’était pas génial.

Mais là, Toho a remasterisé en haute def tout Kurosawa, et, ils me disent que je vais devoir participer financièrement si je veux avoir les masters haute def. Je leur dis qu’il y a pas de problème, ça me semble juste, ils ont fait le boulot. Et là aux dernières nouvelles, ils veulent plus les lâcher en dehors du Japon. Je leur explique aimablement qu’ils sont un peu tombés sur la tête, je suis pas le propriétaire du film, je suis que le mandataire censé exploiter le film pour eux sur ce territoire pour une durée donnée. Pourquoi m’empêcher de l’exploiter au mieux sans me donner les masters ? Et eux, ils me sortent des excuses vaseuses à propos de leur service technique qui veut que le Japon ait exclusivité, un truc ridicule. Donc oui, ils sont capables de sortir des choses très bonnes quand ils ont envie mais c’est le Japon versus le reste du monde. Les Salauds Dorment en Paix

Pour eux l’export n’a jamais été un truc majeur. Mine de rien; je pensais qu’ils allaient finir par s’apercevoir qu’on leur envoyait beaucoup d’argent tous les 6 mois lors des décomptes, que ça les ferait changer d’avis. Mais non, c’est très étrange, ça fait plus de 10 ans qu’on travaille avec des sociétés japonaises et il y a toujours des choses que je comprends pas. Pourtant, ils m’accueillent toujours très bien, j’ai pas de soucis à ce niveau-là. C’est vraiment très bizarre. Alors qu’il y a une jeune génération dans les studios qui eux, comprennent vachement bien. Mais comme de toute façon les patrons des studios sont des gens assez âgés, impossible de faire passer le message qu’il faudrait quand même changer.

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1 lad December 12, 2009 at 10:34 pm

Excellent entretien au constat pessimiste TRÈS lucide.
Dès qu’on sort du confort des schémas familiers et connus, y a plus personne. La découverte (aussi grande soit-elle) n’intéresse pas.

Ploy est en effet un grand film, mais trop singulier, sans action, pas bankable…

Triste…

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2 Loky5 December 13, 2009 at 12:12 am

Merci pour cette entretien, tant pour ces questions pertinentes que les réponses qui donne vraiment le ton.

Je suis très étonné tout d’abord en voyant les chiffres. On comprend bien que I’m a Cyborg ne puisse pas faire plus de 3 salles sur Paris (et je l’avais vu avant d’aller payer ma place de ciné) mais je ne comprends pas pourquoi, face au refus des complex cinéma, s’entêter à le diffuser tout de même ? Il y a vraiment quelque chose à y gagner sur si peu de projections ? Je veux dire que même si c’est un coup de coeur (et pour moi le premier) on voit bien que le potentiel du film n’est pas vraiment son exploitation commerciale, surtout en connaissant les habitudes ronchonnes/elitiste/hautaine françaises (rayer la mention inutile). Du coup pourquoi prendre ce risque ? En se basant juste sur le nom du réalisateur ? ce qui serait, si c’est le cas, utiliser les mêmes techniques commerciales tant décriées dans l’interview vis à vis des journalistes de la presse écrite, bien que je comprenne tout à fait l’engoument autour ce titre.

Après, je sais que c’est un sujet épineux en cette période de transition, mais j’ai du mal à suivre la politique commerciale de Wild Side entre le DVD et le Bluray. D’abord, je tenais à les remercier sincèrement d’avoir casser les codes du design boitier bluray en plaçant des alternatives colorées et surtout de vrais packaging qui donnent envie de mettre des euros en plus. Pourtant les prix ne sont guères plus chers. Je comprends tout à fait (au vu des chiffres cités encore une fois) qu’un Old Boy s’est déjà correctement rentabilisé, cependant à côté on nous propose un dvd de la collection Roman Porno pratiquement au même prix et qui visiblement s’adresse à une niche encore plus restreinte, voir plus riche (entre 600 et 800€ pour la collection sur un an et demi, prix consommateur, il faut prévoir l’effort pour le fan). Pourquoi ne pas avoir tenter, du moins dans un premier temps, l’expérience de la VOD quitte à tenter un buzz et offrir par concours des séances pour mettre en confiance les acheteurs potentiels tout en ratissant les curieux ?

Si je me pose ces questions, c’est parce que je me sens proche de la ligne éditoriale de Wild Side. J’ai pu profiter il y a quelque temps via le service de presse d’un prêt de deux titres de la collection Les Introuvables dont Hitokiri (que j’ai acheté immédiatement après – encore merci Michael) qui m’a ouvert sur ces films patrimoines, pour reprendre l’expression, dont j’ignorais tout. Et c’est à mon sens l’avantage intraseque de la VOD, en plus de sa potentiel application à la lutte contre le piratage. Enfin si son prix correspond au prix d’une location dans le système classique (2-3€), mais ça dépend évidement des offres (durée etc…) Finalement, ma confiance n’est pas totalement aveugle, car si j’attends d’avoir l’occasion de voir à moindre frais un des films de la collection Roman Porno avant de me décider, je prévois déjà d’acheter la nouvelle édition bluray de la 36e Chambre pour découvrir la Shaw et poursuivre sur la VOD si l’essai est transformé. Voilà, c’était juste un avis de consommateur intéressé.

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3 pabelbaba December 13, 2009 at 12:54 pm

C’était vraiment très intéressant.

En tant que gros consommateur de DVD en général et pas mal de chez Wild Side. Je voulais faire quelques remarques.

Pour la Shaw Brothers, avec 60 titres sortis en France (WS+CTV) personne ne peut suivre, tant au niveau des achats que du visionnage, à moins de tout laisser tomber à côté. Perso, j’ai attendu qu’un bon paquet de titres soient soldés pour les acheter. Ce sera sans doute pareil avec les Romans Pornos. Ensuite pour l’échec des dernières salves SB, la lassitude est certaine, mais les choix éditoriaux étaient un peu hasardeux. Vouloir sortir “tout” Chang Cheh, je ne vois pas trop l’intérêt. Beaucoup de ses films sont identiques (Vengeance = Duel Sauvage par ex.), et pourtant vous n’avez rien sorti qui sorte du lot comme ses derniers films avec les Venoms (Sword Stained With Royal Blood ou Crippled Avenger). Surtout pour faire ça au détriment de plein d’autres choses comme les films délirants des 80′s (Shaolin Intruders de Tang Chia… un bon inédit pour le Blu Ray?). C’était génail de sortir 46 titres, mais ils n’étaient vraiment pas tous du même niveau.

Concernant les choix éditoriaux, les coups de coeurs c’est sympa, ça fait même plaisir de voir que les éditeurs ne pensent pas qu’au pognon. Mais Hitokiri, quelque soit sa valeur, il reste un chambarra parmi tant d’autres aux yeux des consommateurs (sont dispos sur le marché : les Kurosawa, pas mal de Misumi et tous les Baby Cart, les Gosha édités chez HKV plus quelques Introuvables) à moins d’être un gros fan du genre, qui allait mettre 20€ dans ce film, aussi bon soit-il? Je ne m’en plains pas, mais ça ne m’étonne pas que ça ait fait un flop.

Enfin, concernant le Blu Ray, j’attends vraiment des inédits pour m’y mettre. Surtout concernant une collection comme les Introuvables, maitenant qu’on a pu les découvrir, pas trop envie de les revoir si vite, même avec une qualité très supérieure. Avec 150 DVD en retard composés à 95% de films jamais vus, je ne vais pas me mettre à racheter Django, Le Sabre du Mal ou Old Boy en BR.

Voilà, j’espère que vous continuerez tout de même dans la même direction et je cours m’acheter The Offence…

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4 yooy December 13, 2009 at 9:05 pm

Bon je veux applaudir le boulot fait par wild side et en même temps faire une petite critique constructive
“46 titres sur 5 ans”… tout est dit, c’est insoutenable sauf pour une petite partie de cinephage particulièrement fan du genre…. Par ailleurs, ce qui sort chez Wilde Side et en général dans les bacs et (rarement en salle) témoigne d’un fort tropisme très français pour disons 2 types de films. Ça manque d’héclectisme pour un omnivore comme moi; une grosse partie de la production asiatique n’est pas représentée et je me morfond de ne pas pouvoir aller en salle pour voir certains films que je peux choper en DVD super mal masterisé voire, ouais, sur des plateformes de partage.
Enfin une ligne éditoriale ça se questionne pas non plus, je fais états de mes regrets. Bonne chance pour la suite, lachez pas.

Ha par ailleurs j’ai enfin compris pourquoi c’est de plus en plus pourrie l’édition DVD au japon (et de toute façon bien trop cher, mieux vaut attendre une éventuelle sortie coréenne ou thaï)

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5 le trentenaire aux camélias December 14, 2009 at 10:27 am

Moi en tout cas je soutiens wild side à fond, grace à vous j’ai découvert un nombre incroyable de vieux films japonais dont certains sont de véritables chefs-d’oeuvres, j’ai passé d’excellent moments devant tous ces films.Le vrai plus c’est la qualité, perso je ne suis pas fan des films trouvés sur le net c’est bien en attendant mais le rendu n’ y est pas, je préfère de loin faire tourner le business en achetant mes films (surtout au prix proposé ,10- 15 euros ca va faut être honnete!).Pour finir j’espère vraiment que vous allez continuer à nous sortir de nouveaux films anciens ( lol) il y en a encore tellement à voir.Merci et bonne continuation à toute l’équipe de wild side.

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6 BaNDiNi December 14, 2009 at 2:19 pm

Excellent entretien. Merci !

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7 Gaor December 15, 2009 at 1:24 am

Entretiens toujours très intéressants avec Manuel Chiche. Il semble avoir plus que jamais abandonné la langue de bois (si tant est que le laisser-aller verbal soit gage de vérité…). Merci.

(Et je plussoie le commentaire ci-dessus estimant que 20 € pour chaque titre de la prochaine collection roman porno, c’est trop. Surtout compte tenu de la roulette russe qualitative que ça semble être, un peu comme avec les Shaw.)

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8 1kult December 15, 2009 at 1:20 pm

Excellent entretien, en effet… Et bravo au site Wildgrounds, qui fait vraiment un boulot passionnant… D’ailleurs, simple curiosité, combien êtes-vous ?

C’est toujours intéressant que des gros sites qui en ont les moyens ne prennent pas le temps d’aller interviewer plus d’éditeurs DVD, alors que c’est un webzine comme le vôtre qui y va non pas pour le boulot mais par passion…

Félicitations encore !

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9 Catsuka December 15, 2009 at 4:13 pm

Je cite:”Après, c’est le pouvoir économique du distributeur, le line-up derrière que vous avez a proposer. En fait, c’est tous ces arguments, d’éventuels chantages ou poids économique, que vous mettez dans la balance. Quand vous vous appelez Wild Side, votre poids est pas très élevé.”

Nan mais faut arrêter de déconner un peu… vous marchez qu’au chantage. Votre poids n’est pas élevé certes à travers l’ensemble des exploitants mais quand un petit cinéma vous propose de faire une rétro en rapport avec quelques films de votre catalogue… vous êtes les premiers à les bazarder.. parce que justement c’est un petit cinéma et que personne n’y ira.. alors y’a un moment où il faut peut être fermé sa bouche au lieu de se plaindre.

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10 Michael December 17, 2009 at 12:30 pm

Précision; ce 14/12, j’ai supprimé un court passage sur le ‘Phénomène Paranormal Activity’ à la demande de Wild Side Video.

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11 lad December 17, 2009 at 1:57 pm

Juste quand on salue la non-langue de bois, voilà que Wild Side s’autocensure. Dommage.
Vive Twilight, 2012 et Lucky Luke…

C’est en refusant la compromission et en allant à contre-courant que votre boîte gagnera des fans.

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12 Yusaku December 17, 2009 at 8:45 pm

En gros, il vient de t’arriver ce qui s’est aussi passé avec DVDRama sur leur review du coffret de Baby Cart (effacé pour donner place à une critique qui caresse l’éditeur dans le sens du poil).

Je n’ai qu’une chose à dire : BRAVO les gars !

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