Masterclass Tsui Hark - 1ère partie

Masterclass Tsui Hark - 1ère partie

Si au Festival de Pusan, Tsui Hark n’a pu présenté son dernier film, il a quand même donné une masterclass sur le thème - “Ma vie, Mon Cinéma”.

La première partie :

Alors, comment commencer ? On recherche de l’émotion quand on fait des films. Durant la production, on peut prendre des décisions remises en cause par les gens. Parfois, faire un choix s’avère facile, mais souvent on ne sait même pas pourquoi on le fait. La plupart du temps, c’est nos expériences vécues qui influencent les décisions prises sur les films. Et souvent, mes réponses ne sont pas ce qu’elle devrait être.

La meilleure façon de commencer je crois que c’est de partir du tout début, de mon enfance. En 1967, j’ai décidé d’aller en Amérique, je voulais étudier le cinéma aux Etats-Unis. C’était un moment très important dans ma vie. Ma famille comptait 20 membres, ce qui rendait la vie bruyantes et festives. Mes parents espéraient toujours que leurs enfants auraient un bon travail, avocats, docteurs, ingénieurs…

Ma famille vient du Vietnam, j’ai grandi là-bas. Quand j’avais 7 ans, près de ma maison, en face, il y avait 2 cinémas. Dès qu’il pleuvait, on allait jouer dans les flaques d’eau dans la rue. Sans doute à cause de la mauvaise tuyauterie, les rues étaient toujours inondées ce qui nous permettait même d’y nager.

Des flaques d’eau, on est passé aux cinémas. En fait, on s’amusait à rentrer sans payer dans les cinémas. On tenait les mains des spectateurs lorsqu’ils rentraient dedans. Bien sûr, certains n’appréciaient pas, mais d’autres s’en moquaient. Dans tous les cas, on allait au cinéma.

Donc, si sur les 5 enfants, 2 arrivaient à rentrer, alors ces derniers devaient raconter aux autres l’histoire du film en sortant de la salle. Évidemment, certains enfants racontaient très mal les films, ou avec leurs points de vues. Alors dès que d’autres enfants arrivaient à voir le même film, l’histoire changeait. C’était devenu notre jeu. Autrement, on attendait que les files d’attente soient pleines pour se faufiler entre les jambes des adultes.

Une fois dans le cinéma, on devait trouver une place pour se cacher. Les ouvreurs nous retrouvaient grâce à leurs lampes et nous jetaient dehors. Des fois, comme ils étaient du quartier et nous connaissaient, ils nous laissaient entrer quand les salles étaient presque vides.

Un autre jeu consistait à imiter les acteurs qu’on voyait dans les films. Je me souviens qu’au cinéma où j’allais, il y a beaucoup de films Bollywoodiens, avec beaucoup de chansons et de danses, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Alors nous tous devenions des acteurs Bollywoodien. Pendant plusieurs temps, il y avait plein d’enfants mimant les vedettes Bollywoodiennes dans ma rue.

J’avais 7 ans quand Godzilla est sorti. Donc Godzilla est devenu notre frayeur. Quand quelqu’un criait, c’était parce qu’il y avait Godzilla, on devait courir aller se cacher.

À propos de mon enfance, il y a aussi les toits de nos maisons, qui étaient tous connectés entre eux. Ce qui permettait aux enfants d’avoir une rue spéciale à eux pour jouer. Comme ça, nos terrains de jeux allaient des toits à la rue.

Un jour, on a découvert qu’un magasin de photographie avait ouvert dans notre rue. Le patron nous avait autorisé à utiliser une de ses caméras. On en a donc profité pour aller se prendre en photo dans des poses de films Bollywoodien. C’est aussi à cette époque que j’ai appris la magique. Quand le patron a vu nos photos, il nous a demandé si nous voulions utiliser sa caméra Beaulieu Super 8.

On a donc commencé à faire des films. Je me souviens que certains de mes copains, vers 12-13h, appelaient leurs parents pour dire “Je ne serai pas là pour manger. Je tourne un film”. À chaque fois qu’on tournait un film, on rassemblait notre argent de poche pour payer le film et son développement.

Donc de 7 à 13 ans, j’ai eu une bonne et heureuse enfance.

À suivre… ?

Source : Variety (par Marcus Lim)
Crédit photo : Getty Images photo
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Publié le 9 octobre 2008
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Publié dans Actualité
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    2 Réactions sur “Masterclass Tsui Hark - 1ère partie”

    1. Hotsu a dit:

      C’est passionnant d’entendre parler Tsui Hark !

      Merci de nous faire partager ce texte, en espérant qu’il y a aura une suite ! :)

    2. Webexplorations de la Semaine 36 à 46 - Part 5 | A Bittersweet Blog a dit:

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