
Tous les amateurs francophones de cinéma coréen seront heureux d’apprendre la (ré)ouverture du site Le Zèbre, avec au menu, les actus et des articles d’infos plus détaillés.
Souhaitons une bonne continuation au Zèbre !
Via Pierre
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Au sujet des amateurs de cinéma coréen, j’ai toujours eu l’impression (trompeuse?) d’assister à un désintérêt tenance et regrettable envers toute cette culture & tradition cinématographique ; ceci au profit exclusif de la periode post 98. De même sur cette periode 98-08, je ne ressent pas une volonté affichée de défrichage didactique des thematiques/auteurs/specificités (les choses ont peu être changé depuis ces 2 dernières années … j’avoue avoir completement laissé tomber cette cinématographie depuis), mais juste des focus isolés, et tout l’attirail hype promo/news/dvd .
Il y a t’il des sites sur ce cinéma qui proposent un regard sur cet historique et ses thèmes ? (des années 60 aux debuts des années 90). Le nombre des sorties est sans doute assez limité (mais elles existent bien, des retro ont aussi lieu) mais j’ai l’impression que l’amateur de cinéma coréen est en fait très ancré dans l’immediat et l’a venir, mais très peu vers le passé, même proche. Un cinéaste comme Kim Ki-Young à l’air un minimum intéressant mais à pas l’air de déclencher un délire collectif.
oups pas pu finir..
donc pour pas faire de jaloux, je trouve des fortes similitudes avec le public fan du cinéma d’animation japonaises. Tout ces fansub sur des series sans interet, ce desinteret du patrimoine (alors que les films de Eiichi Yamamoto, Yoji Kuro ou même Kawamoto restent tristement dans l’ombre)
Si ça t’intéresse, je t’invite à jeter un oeil à ce blog qui parle pas mal de films coréens plus anciens (entre autres) : http://koreanfilm.org/tom/
Exemples :
Insect Woman (http://koreanfilm.org/tom/?p=1343)
Early Rain (http://koreanfilm.org/tom/?p=1297)
A Girl Like The Sun (http://koreanfilm.org/tom/?p=1164)
Il y a aussi cette publication de la KOFIC : http://www.koreanfilm.or.kr/KOFIC/Channel?Gesimul_SNO=&searchPage=&con_SchCategory=&task=kofic.user.eng.d_publication.command.PublicationRetrieve1Cmd&Gesipan_SCD=000000000000000004
Pour ma part, si j’en parle pas ou peu, ce n’est pas par manque d’intérêt mais par une profonde méconnaissance du sujet. Il faudrait vraiment que je me plonge dedans plus profondément (et en effet, les films ne sont pas simples à trouver).
Le patrimoine coréen commence à peine à devenir visible quand les dernières sorties sont dispo 3/4 mois après leurs sorties ciné, depuis le début des années 2000. L’apparition de film pré-2000 est encore assez récente, et plutôt timide (du moins, pour ce qui concerne les sorties avec sous-titres anglais – comme les films chinois coco, pas mal de films sont déjà dispo… mais non sous-titrés).
Pour ce qui est de la production actuelle, un décryptage sociologique serait, à mon avis, plus intéressant qu’un décryptage purement cinématographique. C’est-à-dire s’intéresser à une tendance générale, les types de films, les sujets… Plutôt qu’à leurs traitements cinématographiques purs (de ce que je vois, c’est une production de divertissement de masse, avec une réalisation souvent impersonnelle/quelconque, et non l’éloge d’auteurs aux thématiques poussives et/ou cherchant à révolutionner le médium cinéma).
Bref, le contexte d’une production pareille serait intéressant à décrypter – ça rejoint un peu ce sujet sur le manque d’inspiration des affiches de films coréens.
>Si ça t’intéresse, je t’invite à jeter un oeil à ce blog
ah merci! cela m’a l’air d’un bon debut. A voir la section lien, j’en deduis que c’est le seul site solide sur le sujet? Cela fait quand même très peu à l’echelle mondiale!
>L’apparition de film pré-2000 est encore assez récente, et plutôt timide
Tout à fait, mais il y a t’il vraiment une volonté de défrichage qui prendra en ampleur? J’ai l’impression qu’au niveau universtaire/recherche, il y a un nombre pas si ridicule de publications sur le sujet. D’ailleurs à propos de promotion à l’international (qui semble tenir d’une volonté politique à plus grande echelle), le gouvernement coréen met il aussi en place des ponts pour faciliter cette recherche pour les etrangers? (consultation des archives, accessibilités des gens du metier,systemisation des sous-titres). A comparer avec la politique japonaise (gestion archaique de la Japan Fondation,…). D’ailleurs, la maitrise de la langue anglaise est elle aussi catastrophique qu’au Japon? (qui est un vrai frein pour la promotion du cinéma indépendant!)
>un décryptage sociologique serait, à mon avis, plus intéressant qu’un décryptage purement cinématographique.
je partage! Il y a surement plein de choses pertinentes à en tirer indépendamment de la qualité intrinsèque de ces productions
On ne peut pas demander la lune non plus. Faut-il encore que ces films soient visibles quelque part (le cas Kim Ki-Young est encore très récent par exemple). Je doute aussi que l’on daigne s’intéresser à des Lee Byeong-Il, Kwon Chul-Hwi ou encore Kang Dae-Jin que personne ne connait (mais qui ont d’une manière ou d’une autre influencé le cinéma coréen et mondial), qu’importe leur “talent”. C’est presque naturel comme réaction. Je pense qu’en dehors des rétrospectives (quand il y en a!) il est très rare de découvrir une grosse partie de l’oeuvre d’un cinéaste particulier et de pouvoir ainsi décortiquer son univers. Les éditeurs préfèrent sortir des films “du patrimoine cinématographique coréen” plutôt que des coffrets rassemblant 4 ou 5 films d’un même cinéaste.
A partir de là, difficile de trouver des articles super intéressants sur les différents âges d’or du cinéma coréen autre part que chez Darcy Paquet…
>On ne peut pas demander la lune non plus
c’est pas la lune mais ça y ressemble un peu quand même. La section publication du site http://www.koreanfilm.or.kr propose un trimestriel gratuit en anglais (je decouvre à l’instant.. qui connaissait !). Soit 28 numeros pour l’heure!
Voila le genre d’initiative qui doit surement émaner d’un service gouvernemental et résultant d’une vraie volonté de promotion (je me gourre?). A comparer avec les initiatives similaires du coté japonais et ses chercheurs/universitaires s’échangeant leurs textes en vases clos dans des conferences obscures…
je le lis régulierement ce trimestriel du kofic (depuis que je me suis fait pieger par le sourire d’une de ses “journalistes” qui a donc réussi à me vendre le truc alors que je n’aime pas particulierement le cinéma coréen). Quelques infos sont réellement interessantes.
Dans le meme genre, il y a quelque part chaque année un gros fichier pdf qui reprend chaque film sorti en corée dans l’année. C’est evidemment post 98, mais c’est le genre d’initiative que j’applaudis, et qui contribue à la vitrine commerciale internationale d’un cinéma.
Concernant le débat sur les vieux films coréens, j’avoue ne pas en avoir vu beaucoup, mais avoir apprecié ce peu. Bien sur j’ai vu du classique mais il y avait quelques élans formels surprenants (les passages un peu kaidan de La saison des pluies). D’ailleurs, merci à Asiexpo d’avoir diffusé en 2006 3 films de Yu Hyeon-Mok (La saison des pluies, Les filles du pharmacien, Obaltan). Ce fut une belle découverte, avec une approche d’une culture / folklore coréenne que je ne connaissais pas. Peu apres j’ai aussi fait connaissance avec deux vieux films de Shin Sang-ok (Samyong le muet, et le Riz). Mélodrames un peu longuets, plombés par du pathos mielleux mais je pense plutot en phase avec les préocupations de leur époque (surtout le Riz et son discours sur la modernisation agraire). Le probleme avec ces films datant de fin 60 ou début 70 (enfin je crois) c’est l’impression de regarder quelque chose de bien plus vieux.
J’ai cru aussi voir sur yesasia (ou assimilé) qu’un coffret de quelques vieux films était sorti il n’y a pas longtemps. Aucune idée de ce que c’est, par contre.
> Voila le genre d’initiative qui doit surement émaner d’un service gouvernemental et résultant d’une vraie volonté de promotion (je me gourre?)
Non non, tu te goures pas, le site koreanfilm.or.kr est le site du KOFIC (Korean Film Council), celui dont parlait Guillaume. Ils éditent un trimestriel (Korean Film Observatory), un annuel qui recense les sorties et quelques stats (Korean Cinema), ainsi qu’une série de bouquins consacrés à des réalisateurs “importants”. Y a également de la doc sur l’histoire du cinéma coréen, toujours dans l’onglet “publication” du site.
C’est vraiment une initiative intéressante, même si c’est principalement axé sur la production contemporaine. D’ailleurs leur base de données est très pauvre concernant le cinéma du XXe siècle. Mais en terme d’ouverture à l’étranger, c’est déjà assez exceptionnel.
A ne pas confondre avec koreafilm.org qui est le site du KOFA (Korean Film Archive), qui lui est plus tourné vers le patrimoine. Mais il est aussi, du moins c’est mon impression, moins ouvert.
Ni avec koreanfilm.org déjà donné par Pierre, qui est le site de Darcy Paquet (lui même étranger donc). Un site assez utile d’ailleurs, si ce n’est indispensable, il propose pas mal de chroniques de films mais aussi les BO annuels, ce genre de choses, avec parfois plus d’info (et plus facilement accessible) que sur le site du KOFIC.
Sinon, en base de données, il y a la KMDB (principalement en coréen, malgré une interface minimale en anglais, que j’utilise quasiment jamais).
C’est ce qui me vient à l’esprit comme ressources intéressantes, je reviendrai plus tard car là je dois m’en aller.
Sinon j’ai l’impression que les coréens ont (récemment, genre 2006/2007) entrepris de rééditer un certain nombre de classiques (la série “Korean Film Retrospective”, les gros coffrets consacrés à Shin Sang-Ok ou dernièrement à Kim Ki-Young,…).
Un aperçu ici.
Un peu comme Pierre j’aimerai bien creuser mais pour l’instant j’y connais un peu rien. Faudrait qu’un jour je m’y mette, et pourquoi pas en parler sur le blog.
Merci des precisions! Même si je doute que tout cela soit si rose en interne, l’ecart d’ambition avec le cinema japonais semble conséquent.
Car en definitive, qu’a t’on comme sources d’information intéressantes sur ce cher cinema japonais?
- Des initiatives de siteweb ‘benevoles’ (et quand midnighteye ralenti grandement de cadence, rien pour prendre le relais)
- Des travaux de recherche universitaires difficilement accessibles voire protegés
- Des entretiens des bonus DVD .. forcement payant
- Des parutions mensuelles spécialisée peu bandante et faisant faillite l’une après l’autre
- Des entretiens presse pas forcement nul quant on daigne les sortir des archives (cad dire quasiment jamais)
- Les ouvrages classiques au final pas bien nombreux concernant tout ce qui inédit (et à lire Tom Mes un brin depité, cela n’est très encourageant pour l’avenir)
Bref c’est loin d’être l’orgie quand on pense à ce que Max Tessier avait reussi a publier en 1980 et qui reste encore une reference 3 decennies après! Il est quand même extraordinaire de n’avoir eu aucun écho des retro Okamoto/Yamamoto/Masumura/Nikkatsu
Je ne voudrais pas trop dire de conneries, mais j’ai l’impression que l’influence que la culture japonaise a eu à l’étranger c’est un peu fait “à l’insu de leur plein gré” et qu’il n’y a jamais vraiment eu d’effort fait dans ce sens. Je pense particulièrement au manga et dérivés, ce n’est que quand le marché local a commencé à se tasser qu’ils ont commencé à s’intéresser à l’export (ie, le prix des licences a augmenté).
Au contraire, depuis un peu plus de 10 ans la Corée a axé son rayonnement international sur la culture (enfin, pas uniquement non plus), particulièrement sur l’audiovisuel (mais dans d’autres secteurs également, ça fait par exemple plusieurs années que l’association des éditeurs coréens tient un stand au salon du livre de Paris et publie un catalogue en anglais de leurs publications, ainsi qu’un annuaire assez complet). Résultat, quelques sites institutionnels en anglais plutôt intéressants (KOFA, KOFIC,…), une offre DVD très orientée export quasiment intégralement sous-titrée en anglais (même à l’époque où le marché local était encore dominé par la VHS) et globalement des films qui se vendent et sont disponibles (malgré il est vrai de fréquentes ruptures de stock), malgré parfois une qualité discutable.
Idem des séries télés, qui marchent plutôt fort, surtout en Asie du sud-est (à moins que ça ait changé ces toutes dernières années), mais aussi aux USA où plusieurs chaines en programment. En DVD aussi ça se développe, avec par exemple un éditeur comme YA Entertainement qui commence à avoir un catalogue assez fourni de séries disponibles aux USA (en France j’ai pas l’impression que ça prenne, y a eu Damo et c’est bien tout). Bref, sans même parler de fansub et cie, les films et séries sont facilement disponibles avec sous-titres et pour pas trop cher.
Tout le contraire de la production japonaise, rarement sous-titrée et souvent à des prix prohibitifs. En gros, notamment quand on compare avec la Corée, l’inaccessibilité de la production audiovisuelle japonaise a à la fois une cause “institutionnelle” (Japan Foundation qui fait pas d’effort) et “industrielle” (éditeurs et diffuseurs qui semblent se foutre de l’export).
Et là je parle surtout de mon point de vue de “consommateur”, puisque je ne connais pas du tout le coté “professionnel” (que ce soit en tant qu’éditeur ou en tant que journaliste/universitaire) où il me semble encore une fois que la Corée soit plus ouverte.
Ce qui ne les empêche pas d’être un peu le nez dans le guidon, et très focalisés sur la production contemporaine.
Après, il y a un truc que je crains avec le cinéma coréen de la période 1960-90, c’est qu’il fut longtemps l’objet d’un contrôle d’état très strict (il n’y avait pas de production indépendante, car il fallait avoir une autorisation pour produire des films), souvent instrumentalisé dans un but anticommuniste, et tout le monde sait que c’est pas un climat favorable au développement d’un cinéma diversifié.
PS : la comparaison avec les fans d’animation japonaise est loin d’être débile, même si globalement c’est plus vrai pour les amateurs de séries télé (qu’elles soient coréennes ou japonaises d’ailleurs) que pour le cinéma. Du genre à faire des fansub de séries qui seront dispo sous-titrée dans 6 mois au lieu de s’attaquer à des oeuvres indisponibles (voir même à faire des fansub de films dont le DVD est déjà sous-titré, ce qui me laisse toujours perplexe).
Tiens, ça me fait penser à quelque chose, puisqu’on parle de patrimoine de l’audiovisuel coréen.
S’il est désormais très facile d’avoir accès aux séries télé récentes en DVD, les “vieux” dramas (cad d’avant 2000, et encore je suis généreux, il est souvent très dur de trouver des séries qui ne datent que de 2003) sont très peu réédités. Ça vient sans doute de la rapide hausse des standards de qualité de ces productions, qui font que des séries d’il y a même pas 10 ans semblent en avoir 30 et que le marché pour ce genre de production désuète semble limité, mais c’est dommage.
Le passionnant entretien sur la Toho va bien dans ce sens :
- Désintérêt complet des front-office des majors MAIS bonne volonté manifeste au niveau de l’individu. Connaissant qlq ‘professionnels’ du milieu, le travail avec les japonais semble être un vrai calvaire ! Le cas de la Toei est apparemment très semblable, celui de la Nikkatsu un peu plus vivable. Les initiatives semblent tjs émaner uniquement de la part de personnes passionnées (ce que je confirme complètement d’après ma petite expérience du milieu).. on est malheureusement donc tjs constamment dans la domaine de la demerde, du benevolat, de la débrouillardise, on y perd énormément en efficacité, en énergie sans parler d’une frustration bien réelle !
- Tout ceci à lier aux propos de Donald Richie aussi effrayants que révélateurs, tout ce qui en découle est malheureusement logique et regrettable. Que ce personnage renommé en arrive à ce genre de conclusion est franchement démoralisant !Le temps aidant, j’ai malheureusement tendance à aller dans son sens.. snifff !
Je me disais bien que j’avais oublié quelque chose, dans le genre initiative intéressante : le service VOD du KMDB/KOFA (la page en anglais, malheureusement réduite aux vidéos mises en avant) qui propose un certain nombre de films, en particulier des vieux, pour un prix vraiment modique (500 wons, soit environ 30 centimes au cours actuel, voir même gratos parfois).
Par contre c’est malheureusement pas très english-friendly.
Je n’ai jamais testé par contre. Je m’y étais intéressé puisque on y trouve les premiers films de Jang Sun-Woo (non dispo en DVD, alors au lieu d’acheter les VHS la VOD je trouve ça chouette) mais encore une fois j’ai pas trouvé le temps de me farcir la FAQ pour comprendre comment ça marche (à vue de nez pour les étrangers c’est pas super rodé, ça se fait mais faut envoyer un mail au KOFA).
Décidément cette petite discussion m’aura remotivé pour pas mal de choses.
Encore un exemple flagrant! On profite d’un blockbuster pour apporter un regard sur tout un pan oublié de son histoire (et redigé par un coréen!). Il y a de quoi faire un super papier type ‘La guerre de Mandchourie dans le cinema populaire coréen et japonais’, au mieux on trouvera qlq lignes dans le futur dossier de presse.
A comparer avec l’offre VOD japonaise qui est bien existante mais reservées aux seuls résidents japonais (ne parlons pas des sous titres); alors comme à l’habitude on fait marcher le système D, c’est usant, on y arrive même si on s’en passerait bien (idem pour recuperer des VHS d’occasions, les enchères sont réservées aux japonais), on peut presque s’estimer heureux que les sites marchands n’interdisent pas les expeditions à l’international (ce qui au passafe est le cas pour le cinéma érotique et amazon japon).
C’est une vision légitime de passionné. Quel est le résultat des sorties Shaw Brothers par Celestial ? En tout, c’est au moins 500/600 films restaurés puis sortis sur 4/5 ans… Dans sa dernière année, Celestial avait même annuler certains titres quand d’autres étaient reléguer en VCD.
C’était une opération sacrément risquée de ressortir une grande partie du catalogue de la Shaw Brothers, mais c’était oublier qu’une production de masse d’un studio pareil engendre au minimum 50% de purges. Tout en gardant en tête qu’il s’agit de films 40tenaires (gros point noir).
Les sorties coréennes d’aujourd’hui rencontrent aussi ce problème. C’est pas un hasard si on retrouve qu’une 10aine de films à paraître à l’étranger sur une production de 200/300 films par an.
Ouvrir librement un catalogue (sans tri*) n’est pas forcément un “bien-fait” pour la connaissance/reconnaissance d’un cinéma (reste à savoir si c’est une question encore d’actualité, à mon avis, non).
*surtout si à 80%, on se retrouve avec des histoires sur des paysans découvrant la modernité ou vivant des drames humains, sans ambition cinématographique. Idem pour les comédies grasses visant ménagères ou salaryman, etc, etc.
>Ouvrir librement un catalogue (sans tri*) n’est pas forcément un “bien-fait” pour la connaissance/reconnaissance d’un cinéma
Cela pose en effet des questions intéressantes ; doit on converser un filtre entretenant le fantasme du cinéma japonais ‘si lointain, si exigeant et si mysterieux’? Après tout pourquoi pas si cela est le fruit d’une volonté politique ou marchande de ses initiateurs. Et tant pis pour les cinephiles curieux.
Je conçoit le cinéma comme autre chose que ‘regarder des bons films’ et la méconnaissance d’un historique, d’un contexte, d’une echelle de valeurs m’empêche d’apprécier une œuvre à sa véritable valeur (on en revient à un thème du cycle de juillet!). Pour avoir pas mal bourlingué dans l’exploration du cinema HK ou Indien, ma vision a énormément evolué depuis leur découverte et la vision de films très mineurs peut s’averer passionante pour d’autres raisons (les Cat3 par exemple, ou les films nationalistes indiens)
Je représente un profil de spectateur ‘historien’ peut être marginal mais reste persuadé que la richesse de l’offre saura satisfaire chaque profil. Cela permettra aussi un travail didactique qui sur le long terme pourra porter ses fruits…ou au moins d’eviter de faire des retrospectives boiteuses ou d’ecrire dans un livret DVD que la filmographie d’Okamoto est quelconque en dehors de Sword of Doom…
Un marché pareil* touche une autre catégorie que les cinéphiles curieux ?
Dans tous les cas, le “fantasme” est là. En parcourant les forums anglophones, on peut toujours lire des fans hardcore qui idolâtrent un cinéma spécifique (cf, les fansubs, jdrama…). L’essentiel, c’est de pouvoir accéder à des bons films, qu’il s’agisse d’un public cinéphile ou non (surtout “ou non” d’ailleurs).
Pour dépasser le barrage culturel/linguistique, vu le rythme des sorties, mieux vaut investir dans des cours.
*sauf cinéma érotique.
Le problème est que ce ‘marché’ contient à l’heure actuelle bien d’autres choses que de simples relicats ou autres curiosités de ‘genre’. A niveau qualitatif équivalent, comment expliquer le bide de Tenchu alors que Carlotta semble bien s’en tirer. La cause exclusive d’un déficit marketing me semble exagérée, n’est ce pas aussi cette ‘curiosité’ qui a manqué? Curiosité pouvant venir de l’aura d’auteurs ‘chouchou’ (Oshima/Yoshida) mais aussi de l’absence d’un travail ‘moderne’ de critique, découverte ou rée/dévaluation ? A l’heure actuelle, je ne vois aucun travail critique tel qu’effectué dans les années 60/70, pourtant des noms comme Okamoto, Shindo, Ichikawa, Matsumoto, Terayama, Kuroki, Jissoji, Hara, Kanai & co me semble constituer des terrains ‘vierges’ dignes d’interet.
Bon on pourrait epiloguer des heures comme ça
Si déjà à un niveau international – avec ouverture sur le monde (c’est-à-dire sous-titrage anglais), certaines branches ont des difficultés, alors à un niveau national Français – fermé…
Qu’en était-il du soutien critique français pour la collection Shaw Brothers ?
À ce propos, la sortie du Royaume Interdit offre un bon terrain pour la découverte de ces films, qu’en est-il dans la presse ?
(ce qui serait bien plus intéressant que de parler du film)
Autrement, il peut bien y avoir des chouchous, le peu de retours, de réactions restent toujours hallucinant et démontrent bien les limites relatives de ce secteur (tout en gardant en tête qu’on est en France, un pays où la dynamique générale est proche du néant).
Bref, sur ce sujet c’est à nous de jouer, pas à une presse moribonde spécialisée qui doit faire son chiffre mensuel. C’est ma vision.
(à côté des chiffres officiels, je vois surtout que Hitokiri c’est l’une des requêtes les plus fréquentes sur WG – très loin devant Yoshida/Oshima. Tu dois avoir des ex similaires sur Eiga).
oui je partages bien ton point de vue! De mon coté j’observe un très fort intérêt pour Terayama et aussi tout ce qui touche à l’érotisme (même si la je penche plus vers l’attrait des mot clé!… à moins que le fétichisme du seppuku feminin soit réellement un courant porteur :p)