Sur le Cinéma Japonais en France…

En dehors d’un cercle d’amateurs, en France le Cinéma Japonais se résume à 4/5 noms : Kurosawa, Mizoguchi, Ozu, Tsukamoto… Autant dire qu’une LARGE partie reste méconnue. Mais comment ça se fait ? Essayons de voir ça ensemble :
1 - Invisibilité des films
Aujourd’hui, le meilleur moyen pour satisfaire sa soif de découverte, c’est encore de comprendre le japonais et de pouvoir se payer les DVDs Japonais - non sous-titrés bien sûr. Donald Richie, japonophile reconnu, avait suggérer aux studios de rajouter des sous-titres, il n’a pas été écouté. Un choix qui pourrait pourtant, d’après l’éditeur anglais Masters Of Cinema, booster jusqu’à 500% les ventes ! À cela s’ajoute les nombreux films encore inédits en DVD, parfois bloqués pour des raisons de droits, ou parfois juste jugés peu intéressants par les distributeurs… Dans ces conditions, pas facile de VOIR et de FAIRE CONNAITRE des films incompréhensibles, inaccessibles pour… 95% des français.
2 - Marianne en mode geisha
Nous autres français, bien que toujours insatisfaits et un peu grincheux, nous avons la chance d’avoir des éditeurs/distributeurs/programmateurs assez passionnés - ou fous - pour essayer de rendre plus ACCESSIBLE ce cinéma du bout du monde. Ces dernières années, la capitale et à un degré moindre la province (quel parisianisme !), ont accueilli différents évènements : rétrospectives, festivals… permettant la DÉCOUVERTE de films japonais - rares ou inédits. Par exemple, ces derniers temps, il y a eu les rétro Yasuzo Masumura, Kiju Yoshida, Seijun Suzuki, Nikkatsu, Nagisa Oshima… En ce moment, il y a une rétro spécial cinéma japonais, et à la rentrée, le studio Shochiku sera à l’honneur !
En parallèle, le DVD a rendu VISIBLE de nombreux films de répertoire (1930-1980) dont certains chefs d’oeuvre clés du cinéma japonais. Mine de rien, la France compte déjà un beau catalogue qui à de quoi rendre jaloux nos camarades américains ou européens : Gosha, Nouvelle Vague Jap, Suzuki, Mizoguchi…
3 - Retour à la case départ
Pourtant, le cinéma japonais reste connu à travers les 4/5 mêmes noms. Les rétrospectives comme les sorties DVD entrainent rarement des dossiers ou gros plans complets dans les magazines spécialisés, qui permettraient peut-être de FAIRE RECONNAITRE d’autres films & cinéastes japonais à un niveau professionnel et/ou cinéphile. Et quelques fois, quand il est traité ça ressemble à :
- Teshigahara, cinéaste vain & chiant (Libération)
- Gosha : “Tarantino Japonais” & recrashage de bonus DVD (Le Monde)
- Baby Cart : anecdotes sur le producteur & … pas grand chose en plus (Positif)
Ne connaissant pas les chiffres de fréquentation des évènements/sorties cinéma, il est difficile d’avoir une idée plus claire quant à l’efficacité de telles initiatives. Au niveau DVD, certains éditeurs ont reconnu des “déceptions” concernant quelques titres (Wild Side avec les coffrets Naruse, Uchida). Qu’en est-il des “surprises” ?
4 - Colère Divine
Alors que le cinéma japonais est devenu plus accessible en France, sa reconnaissance traîne, et la frustration des amateurs demeure. Avec une ferme volonté de voir toujours plus de titres envahir les magasins, comme ceux qui sortent aux Etats-Unis voire des inédits. Toujours plus, toujours plus…
Mais pour rappel, une partie des titres sortis en France restent inconnus d’un public même cinéphile - c’est-à-dire ces gens qui enchaînent les films et connaissent précisément les faux-raccords de ce chef d’oeuvre danois de 1922. Idem pour les évènements, réactions quasi-nulles. Est-ce une situation paradoxale, aussi bien pour le ciné de répertoire que récent ?
Néophytes comme connaisseurs, quel est votre avis sur cette situation ?
En complément, une surprise devrait suivre dans la semaine - au plus tôt pour demain.
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Publié dans Dossiers
28 Réactions sur “Sur le Cinéma Japonais en France…”
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Guillaume a dit:
21 juillet 2008 à 12:20Sur le fond je ne peux qu’etre d’accord avec toi. Mais au final, j’arrive à me contenter de l’image cinema de niche qu’a le cinéma japonais en France. Peut etre est ce du au fait que je “consomme” les sorties à un niveau international (quitte à regarder un film en VO pure)…. dommage que certaines prises de risques editoriales n’aient pas été recompensées (Uchida par ex), mais là ca rentre dans un domaine que je ne maitrise en rien, le monde de l’edition et de la distribution. Erreurs marketings ? Mauvais relais presse et visibilité en rayonnage magasin ?
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jajard a dit:
21 juillet 2008 à 13:45Pour moi, le cinéma japonais n’est pas visible car celui ci est souvent rattache a de vieux amalgames (violences, sexes…)
de plus, le manque de film sous titre français pour les films est une des principales raisons qui peut être retenu
néanmoins un point primordial me parait nécessaire d’être souligne: aujourd’hui la majorité des gens ne s’intéressent plus a la culture en général et se contente des films/groupes/musique que l’on leur rabâche a longueur de journée. Les gens n’ont pas l’esprit de découverte et préfère rentrer dans un mode de consommation moutonnier… regarder et écouter les mêmes choses que l’autre.
enfin le cinéma japonais reste un cinéma d’amateurs et de passionnes qui malheureusement n’est pas assez soutenu par la presse et la pub, meme si celui ci est beaucoup plus visible qu’il y 5 ou 10 ans … -
slimdods a dit:
21 juillet 2008 à 14:07Euh,…
Question un peu difficile pour ma part : mais il est clair que le ciné Jap est injustement inconnu en France à part les quelques réalisateurs que tu cites. D’ailleurs, je suis un peu dans le cas de ce type de spectateurs , alors que je m’intéresse au cinéma asiatique depuis pas mal de temps déjà, le cinéma Jap reste encore assez flou même si mon intérêt est sans cesse grandissant.Alors, tout d’abord, comment ai-je découvert le cinéma Japonais, euh… je ne serais quoi dire, mais ce qui est sûr, c’est que le cinéma de divertissement bête et méchant était une priorité pour moi, donc j’imagine facilement un Versus en dvd être un de mes premiers films de genre… un classique hein? m’enfin, à cette époque, il ne fallait pas me parler d’un Gosha car je ne le connaissais tout simplement pas.
Ensuite, quand on grandi, on s’interesse à un autre type de cinéma, je dirais même à tout type de cinéma, et bien sûr, je remarque de plus en plus de films via les sites web (pas faire de pub mais vous vous doutez bien de qui je veux parler). Puis là, je me rends compte que je suis un bleu, sévère prise de conscience que le monde m’était en faîte bien inconnu. Puis là ça part, les Chambara, les Baby Cart, les Zato, passion à tout va. Puis vient aujourd’hui les Teshigahara, les Gosha, ect… et tout ça essentiellement grâce au site web, et un peu à la presse de ciné asiat (même si ils mettaient le ciné HK beaucoup plus en avant).
En vous racontant ma vie (passionnant n’est ce pas ^^), je voulais mettre en avant le faîte que c’est surtout via le web que je me suis intéressé au ciné Jap, je n’entendais jamais parlé de films au cinéma, le marketing ne rendant en rien sexy un film qui l’était peut être pas mal (voir Shinobi dernièrement, excellent film qui passe comme mineur au ciné). Puis ne comptons pas sur les rares magazines de dvd pour promouvoir de façon EGALE les films d’ici où d’ailleurs : alors qu’un blockbuster à la qualité technique bluffante est traité sur une page, un film Jap en mono restera traité sur 1/8 de page…(sexy hein comme approche ?). Allez, dans les Années Laser, je vois tellement peu de film asiat traité équitablement (5 étoiles pour …, Time and Tide et …2009 Lost Memories !
Et pourtant, on est gaté en France de ce côté là, il n’y a qu’à voir les editions excellentes de Wild Side et compagnie…pour du Misumi, du Suzuki and co…quel plaisir de découvrir des films avec une image nickel, un son clair et tout ça. D’ailleurs, la pub et le marketing sont je trouve plutôt présent à droite à gauche dans les magazines comme sur le web, preuve en est du “vouloir vendre”.
Dur dur pour le français qui est trop bien desservi …
mais un cinéphile que ne connait que du Kurosawa n’est pas un cinéphile, car être cinéphile c’est aussi être ouvert à tout type d’oeuvre, de Russie jusqu’en Jamaïque, et qu’on me dise pas que ce dernier ne se tient pas au courant des sorties chaques semaines sur n’importes quel support Allociné où platine dvd. Puis pas sûr malhreuseument qu’un plus grand nombre de salle pour un film attire plus de personne, vu que l’info se trouve dans des endroits bien précis qu’il faut connaitre (pour La harpe de Birmanie, j’étais un des seuls de ma génération, que des grands papa, et la salle était loin d’être pleine).Peut être que le cinéphile français lambda est faignant en fin de compte, car quand on cherche on trouve toujours.
où peut être que le cinéma Japonais est une exception culturelle en France, un rejet étrange (alors que le cinéma nombriliste français bat des ailes), un cinéma difficile d’accès…bon dsl, je pars en live et je ne sais même pas si j’ai répondu à la question.
m’enfin voilà
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Deathlapinoo a dit:
21 juillet 2008 à 14:11Concernant les prises de risques éditoriales ( à saluer en effet, car cela contente pleinement les amateurs ), je pense qu’un autre facteur à prendre en compte est tout simplement le prix. En effet, des éventuels curieux peuvent être refroidis pour acheter un coffret d’un réalisateur qu’ils ne connaissent absolument pas ( Uchida par exemple pour rester dans la continuité, mais cela doit être valable aussi pour les coffrets Carlotta ) et dont ils ont seulement entendus du bien. Mettre 50Euros dans un coffret de 3 films pour un contenu qui n’est pas sûr de plaire, c’est toujours délicat. Wild Side à sans doute essayer d’y remédier par la suite en re-proposant les titres des coffrets en unitaire à un prix très raisonnables, mais là je crois pour le coup que le consommateur s’est retrouvé noyé dans cette énorme collection qu’est “Les Introuvables” et qui proposait une dizaine de titres par mois, mélangeant inédits et ressorties de titres déjà présents en coffrets.
Donc au final, restent les valeurs sûres: face à l’inconnu, le consommateur va préférer se retourner vers des valeurs sûres, disponibles pour la plupart à des prix moins élevés, et titres dont la presse et le public ont déjà vanté maintes fois les mérites ( re-citons Kurosawa, ou Battle Royal à tout hasard ).
Alors on peut en revenir au fait que ces films manquent de pub, ou de critiques suffisamment élogieuses des grands groupes de presse. Pourtant si je suis un tant soit peu curieux, et que je tape par exemple “Tomu Uchida mont fuji lance ensanglantée” sur Google, je tombe sur de bonnes critiques, et un 8/10 pour 69 votes sur Imdb…
Alors manque d’intérêt pur pour ce qui est à découvrir? On se dit qu’un film de sabre des années 60 ne sera qu’une pâle imitation d’un Kurosawa? Que de toute façon c’est que des films de chinetoque avec des combats cablés à l’épée? Mystère insolvable … -
Deathlapinoo a dit:
21 juillet 2008 à 14:21Et comme je viens juste de lire les deux commentaires précédant le mien, je rajouterai juste pour souligner ce que dit Slimdods qu’effectivement, à moins de s’y intéresser réellement, on ne trouve pas d’informations sur les films d’Hideo Gosha, de Teshigahara, de Terayama, ou de tout autre réalisateur. Ces informations ne se trouvent qu’en cherchant à approfondir, sur une démarche volontaire. Et une bête recherche “cinéma japonais” sur Google on tombe sur un article de Cinéasie citant Miike, Kitano et Kurosawa, puis sur une liste Wikipédia assez imbouffable.
Et autre interrogation: comment en arrive t’on au cinéma japonais? Pour le premier article du cycle, plusieurs convaincus ont exposé les raisons qui les ont amenés au cinéma Japonais: intérêt pour un premier film différent au départ, puis creusage par la suite. Peut on donc supposer alors que d’autres personnes n’ont pas accroché à un premier film? Que les films conseillés pour les néophytes qu’on retrouve souvent sur les forums sont toujours ciblés vers les mêmes valeurs sûres et que la sauce ne prend pas? Que lorsqu’on demande d’ailleurs à se faire conseiller du cinéma asiatique, on se voit répondre du John Woo et du Tsui Hark et peu de films japonais? -
Michael a dit:
21 juillet 2008 à 14:44“lorsqu’on demande d’ailleurs à se faire conseiller du cinéma asiatique [...]”
De ce que je peux voir sur les forums/sites, les conseils sont toujours très variés et arrivent parfois même à tomber dans l’excès - c’est-à-dire quand certains vomissent littéralement une liste de films dont 90% sont invisibles - c’est toujours intéressant mais peut-être trop lourd à digérer pour commencer à découvrir (c’est déjà pas super digeste quand on essaye de trouver quelques bons plans, sans parler que ça vire souvent à la bataille d’Ego…).
D’ailleurs, est-ce que l’approche des passionnés fait fuir ? Un passionné navigue quotidiennement sur un sujet qu’il connaît & aime, d’où un certain décalage possible avec les néophytes, bloqués par les propos hermétiques des passionnés ?
(pour revenir sur les DVD, le support financier du CNC est un grand atout pour ce qui concerne les films de repertoire/de patrimoine)
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WuSong a dit:
21 juillet 2008 à 22:30Les amis, vous n’y êtes pas. Le cinéma japonais ne se porte pas si mal que ça en France depuis l’avènement du DVD. Comme vous le dites, il y a de très nombreuses sorties sur ce support, des sites dédiés et une représentation spécifique dans le moindre magasin de DVD — auprès des Chinois (presque exclusivement par le biais du film dit de genre) et des Coréens, il est vrai, mais en général en position de force… Mais allez voir le sort misérable réservé au cinéma indien, réduit à deux ou trois titres bollywoodiens ! Ou au cinéma russe et soviétique… (ou brésilien, parce qu’encore le mexicain arrive à tirer son épingle du jeu.) Là, il y a véritablement scandale. Un cinéphile bien motivé peut trouver quasiment tous les Kurosawa (Akira, mais on pourrait parler aussi bien parler de l’autre), entre Arte, MK2, Criterion, la collection de la BFI ; s’il est masochiste les calamiteux Ah Mei ou Panorama, et s’il est nippophone, la collection Toho. Ozu est bien traité — de même Mizoguchi ; Naruse ne tardera pas à l’être ; mais également des cinéastes dits de genre comme Suzuki, Honda, Ishii (Teruo, mais Katsuhito s’en tire également bien). Et des modernes, des classiques : Kore-Eda, et Imamura, Oshima, Kitano bien sûr, Kobayashi, Misumi, Okamoto, Tsukamoto, aujourd’hui Yoshida, etc etc. En cherchant bien (merci Yes Asia), on en trouvera, parfois un peu au hasard, quelques d’autres. Et, euh… combien de films de Satyajit Ray disponibles en France ou ailleurs, du reste ? Et les Guru Dutt sublimes avec la belle Waheeda Rehman ? Et Riazanov, Guerman, Muratova, Klimov (à part bien sûr Requiem pour un massacre) ? Les films vraiment russes de Mikhailov (Partition inachevée, Cinq soirées, qui firent le bonheur des spectateurs de l’Arlequin dans les années 1980) ? Même chez Ruscico, l’Institut russe du cinéma, qui a publié une bonne centaines de DVD, Muratova et Guerman, c’est niet ! Quant aux sorties en salles… Là, vous avez raison. Il y a des dizaines de films japonais qu’on voit passer dans les festivals ou dont on entend parler par “Nos hommes à Tokyo”, bloggers exilés et autres nippophiles excités, et qui ne sortent jamais en France. C’est dommage, d’autant qu’il y a (Internet l’atteste) un vaste public pour la question. Je me dis qu’il faut peut-être compter sur un phénomène démographique tout simple : les gamins et les gamines qui ont appris à lire dans Naruto ou dans Nana… c’est à ceux-là qu’il faut faire découvrir les splendeurs du cinéma japonais. Dans cinq ou dix ans, ils en téléchargeront à tour de bras. Il ne reste plus aux Russes qu’à se mettre aux mangas, tiens.
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Guillaume a dit:
21 juillet 2008 à 23:22La majorité des lecteurs de Naruto passeront à Tuning Magazine ou Football Mag si ce n’est dejà fait (je caricature méchamment, pour dire que ce n’est pas le public qu’il faut viser si on veut faire connaitre le cinema japonais. On leur montrerait le film original sur Jiraiya qu’ils s’en foutraient comme de leur premier slip). Et on (du moins je) ne demande surtout pas à avoir un futur public de cine jap qui télécharge !!!!!!! dejà que c’est une niche, alors si on télécharge, c’est la mort assurée des éditeurs courageux (d’ailleurs, ca a du jouer pour pas mal de cas récents, on a oublié d’en parler).
Sinon on ne fait pas vraiment non malheureux, surtout si compare au cine russe ou bresilien, mais reste qu’a part de grands et beaux classiques, une mode editoriale de la nouvelle vague (en france, ca fait tjs bien), et quelques adaptations live de manga et Kitano & consoeurs, ca ne va pas bien loin. Alors oui il y a l’import, et heureusement. -
Michael a dit:
21 juillet 2008 à 23:24WuSong, tu as raison. Si je n’ai pas cherché à faire une comparaison avec d’autres cinémas, c’est justement pour questionner la situation paradoxale d’un cinéma étranger bien diffusé & disponible en France mais peu reconnu à un niveau cinéphile. L’exemple du ciné jap me semble intéressant/révélateur ici.
Si un Gosha, dont la filmo quasi-complète est dispo en DVD, n’est pas reconnu - hors amateurs - alors qu’en est-il pour un Dutt, un Ghatak et cie ?
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WuSong a dit:
22 juillet 2008 à 8:46@ Guillaume : si, c’est le public qu’il faut viser… Il n’y a de toute façon aucun public à négliger. Il y a deux blocages au moins dans le phénomène dont vous parlez : 1) la rareté des sorties en salle (imputable en partie à la frilosité des distributeurs français, mais aussi à une certaine négligence des studios japonais, comme l’expliquait justement l’article de départ), 2) la relative indifférence du public français. Bon, à quoi est-elle due, celle-là ? Peut-être en partie à l’aura ambiguë de la culture japonaise. “Ils sont bizarres”, “Soit on aime soit on n’aime pas”, etc (et ça vaut aussi pour la littérature japonaise). Ce que je veux dire quand je parle d’une génération entière qui a biberonné à Naruto (ou à n’importe quel autre manga), c’est qu’au moins ceux-là en ont bouffé, de cette étrangeté, même sous sa forme la plus fruste. C’est un terreau… Bon, et quant au téléchargement ! Je ne parle pas de téléchargement illégal (pas beau) mais de ce que les éditeurs (courageux ou pas) et les studios mettront probablement en marche dans quelque temps — téléchargements tout à fait légaux d’œuvres plus ou moins rares, à graver à la demande… Et pour finir sur une note positive, deux DVD dénichés il y a peu dans un magasin parisien doté d’un bon rayon japonais : Tokyo Zombie (pas forcément un chef d’œuvre, mais bon…) et surtout, Horrors of Malformed Men (désolé pour l’anglais, mais la chose vient d’ailleurs), excellente édition d’un classique du cinéma des années 1960, absurde, foireux, délirant, excessif, dû à Teruo Ishii, avec la complicité d’un pionnier du butoh)… Mais vous en avez peut-être déjà parlé ?
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pabelbaba a dit:
22 juillet 2008 à 10:07Les sorties en salle et en DVD c’est bien, mais ça coûte du temps ou de l’argent. Le seul biais par lequel le cinéma japonais, et tout autre cinéma peu reconnu, peut se démocratiser, c’est la télé.
Personnellement j’ai fonctionné comme ça pour HK (merci Canal+), et je m’aperçois que les diffusions sur Arte de “Old Boy”, “L’Empire des Sens” ou “Fist of Legend” portent leurs fruits, et dans mon entourage certains commencent à s’interesser de près au cinéma asiatique grâce à cela.
Mais c’est vrai que le relatif désinterêt des cinéphiles français pour ce cinéma est un mystère assez étrange. Parce que l’offre est maintenant pléthorique.
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Michael a dit:
22 juillet 2008 à 10:58WuSong, tu seras peut-être surpris d’apprendre que Horrors of malformed men (aka L’Effrayant Docteur Hijikata) a été d’après son éditeur US, une déception en terme de ventes !
Pour aller un peu plus loin, prendre l’exemple de l’éditeur Tartan dont l’échec a été commenté par Jasper Sharp, une lecture intéressante.
Du côté des sorties salle du cinéma asiatique, cet article publié en Mai donne une bonne idée; de l’auteur, peu de gros succès locaux, quelques ressorties (confidentielles)… C’est sans même prendre en compte la qualité des films (une sélection plus qu’inégale).
“Peut-être en partie à l’aura ambiguë de la culture japonaise. “Ils sont bizarres”, “Soit on aime soit on n’aime pas”, etc (et ça vaut aussi pour la littérature japonaise).”
S’il y avait un meilleur accompagnement niveau presse (sous-entendu, média à large audience), est-ce que la situation serait pareille ?“d’une génération entière qui a biberonné à Naruto”
En se basant sur un grand évènement, Japan Expo, le cinéma semble rester ultra minoritaire. Il faudrait demander à quelqu’un qui y soit allé (les retours se concentrent plutôt sur ce qui est manga/anime/jv/cosplay). -
slimdods a dit:
22 juillet 2008 à 11:22Même sans avoir été au Japan Expo, il est marrant de remarquer :
- que le marketing met en avant tout ce qui est anime et manga, il n’y a qu’à voir les affiches à droite à gauche.
- via Wiki
Les gagnant catégorie Film asiatique 2008 :
Prix du meilleur film : Je suis un cyborg (Wild Side)
Prix de la meilleure édition DVD : The Host (Ocean Films)Euh …c’est bien le Japan Expo pourtant.
Un avis sur un visiteur serait il est vrai très bienvenu.
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Deathlapinoo a dit:
22 juillet 2008 à 12:10Pas été non plus au Japan Expo mais j’ai lu qu’il y avait été diffusé “Vampire Cop Ricky” ( film coréen donc ) qui y a eu d’excellents retours … Je crois qu’il y avait aussi ( pour la première fois ) des stands d’éditeurs de films comme Kubik et We Prod ( Mad Asia )
Donc le cinéma a Japan Expo j’y crois pas trop, d’autant que c’est un public ( d’après ce que j’en lis sur les forums animes/mangas ) qui a pour la plupart adoré les films Nana et Death Note, souvent eux-mêmes décriés par les amateurs de cinéma asiatique… -
Guillaume a dit:
22 juillet 2008 à 12:21Nana c’est bien. La preuve il y a MIYAZAKI Aoi dedans !
Sinon prendre le JE comme etalon d’une future étude sur l’impact du cinéma japonais sur les jeunes…… le JE c’est une escroquerie monumentale, rien à sauver, rien à en retenir. Ils vivent pour la thune. C’est ça leur passion. Pas la culture.
Sinon, j’avais oublié de le mentionner, mais le cine club de la fac de ma ville a organisé l’année scolaire derniere en partenariat avec la section langue orientale une retro cinema japonais. Un choix de films hyper conventionnel mais bien balancé entre Oshima, Miike, Kitano, Mizoguchi etc…. Pas de quoi que je me releve la nuit, mais j’y suis allé une fois pour voir et supporter l’initiative. Il y avait du monde. OK c’est une petit salle, mais le public etait là et varié (pas mal de petits vieux ceci dits, comme pour d’autres initiatives d’association locales). L’avenir du cinéma japonais, c’est les vieux ! -
Deathlapinoo a dit:
22 juillet 2008 à 13:36Nana y’a beau avoir Aoi Miyazaki et Ryuhei Matsuda, ils ont quand même tous deux eu l’occasion de briller dans de meilleurs rôles et de meilleurs films ( mais là n’est pas le sujet ). Mais bon, je comprends ton fanboyisme, on ne se refait pas
Aoi Miyazaki peut faire perdre toute notion de jugement =p
Pour rebondir sur ton histoire de ciné-club, étant moi même en charge du ciné club de ma fac ( avis à tous les rennais près du campus de Beaulieu ) , c’est le genre d’initiative que j’aimerais beaucoup mettre en place aussi, mais il y a beaucoup de limitations techniques: pour ma part, nous travaillons exclusivement avec une autre association qui fait office de distributeur, et ne propose qu’un catalogue assez restreint, aucun moyen malheureusement d’obtenir de grosses exclusivités propres aux rétrospectives. J’ai tout de même pu diffuser “Crazy Family” de Sogo Ishii l’an dernier et eu de très bons retours de la cinquantaine de spectateurs présents, mais après, lorsqu’on m’a interrogé sur d’autres films du réalisateur ça se complique: le seul disponible en DVD en France est une version tronquée de Gojoe, pas le meilleur moyen de rebondir, et sinon y’a “Le Labyrinthe des Rêves” disponible dans notre catalogue en 35mm… Beaucoup ont eu l’air encore réticents à l’import ( ou au sous titrage anglais ) quand je leur ai conseillé “Electric Dragon 80.000V” ou “Burst City”. Donc l’avenir se situe dans un meilleur apprentissage de l’anglais pour tous? -
Guillaume a dit:
22 juillet 2008 à 14:31pas que l’avenir du cinéma d’ailleurs. Quand on voit le niveau desastreux d’anglais des jeunes diplomés, ceux en tous cas qui prétendent à des postes à responsabilité dans le tertiaire, y’a de quoi blémir. Mais sur un plan cinéma, je ne pense pas que passer par la diffusion en France de films sta, hors festival, soit une bonne solution. Ca restreint d’office, et meme ceux qui pourraient comprendre ne feront peut etre pas l’effort de venir. Des stf déjà ce n’est pas rentré dans les moeurs, alors des sta….
Bonne chance pour le cine club de la fac. Je sais que c’est galere de trouver du matos de qualité et interessant. A une époque lointaine où j’etais à la fac on gallerait pour trouver des bobines (et negocier les couts) pour ce qu’on voulait passer (Lynch, Godard, Tsui Hark (The blade !!!! notre plus gros echec public)). Maintenant avec le support dvd, si tant est que le salle est équipée, il n’y a pas moyen de demander à des éditeurs comme WS ou Kubik une dérogation pour passer un de leur dvd ? -
Epikt a dit:
22 juillet 2008 à 16:17L’art d’arriver après la bataille…
Il me semble bien maladroit - même si je me doute que les marottes de Michael ont eu leur mot à dire ^^ - de parler d’invisibilité du cinéma japonais en se focalisant sur les vieux films. Car c’est sans aucun doute au niveau des édition de patrimoine que la France est le mieux lotie : ça réédite “à tour de bras” (relativement) et les initiatives sont plutôt complètes et ambitieuses (Yoshida, Gosha,…).
J’ai justement l’impression qu’en France “cinéma japonais = vieux cinéma japonais”, si même les “initiés” vont dans ce sens, où va le monde ?
Bref, pas beaucoup (pas du tout ?) de cinéastes contemporains cités, à part Tsukamoto qui me semble justement un mauvais exemple : si son nom est en effet définitivement ancré dans la cervelle du cinéphile, force est de constater que plus personne chez nous n’édite ses films !Comme j’aime être didactique, voilà ce que je vois en salle et en DVD :
1/ des films de patrimoine : comme je disais on est pas mal lotis, de toutes les catégories c’est probablement la plus “prospère”, même s’il reste à déterrer plein de trucs (ici par exemple). Et si comme le faisaient remarquer certains, l’actualité salles + rétro est très parisienne (ce qui reste grosso modo vrai pour tous le cinéma asiat’, même récent).
2/ des films d’auteurs découverts il y a dix ans : Kitano, Kurosawa, Kawase,… en effet on voit pas vraiment de défrichage des nouveaux talents, les distributeurs se reposent sur leurs acquis, et c’est à mon avis bien là le problème, plus que de ne pas avoir accès à je ne sais quel fond de tiroir de Ozu. Comme je le disais pour beaucoup de monde, même cinéphiles, le cinéma japonais reste celui des grands auteurs morts.
3/ un résidu de traine de la vague “asian extrem” (un beau cliché qu’on aime entretenir), en sérieuse perte de vitesse toutefois : Tsukamoto dont on édite plus rien depuis Gemini, Miike qui ne sort plus qu’en vidéo,… quelques résidus post-Ring aussi (que pour certains on peut inclure dans la catégorie 2, Nakata par exemple).
4/ des films “manga”. C’est bien là où WuSong se plante (car sinon, en gros pas de désaccord profond avec sa position) car justement en terme de cinéma contemporain il n’y a probablement que le fan de manga, et d’une manière générale le “fan du Japon” (ahah !), qui est servi. Donc Nana (c’est le bien), Death Note (c’est le mal), Shinobi,… on a même droit à quelques trucs plus bizarres (mais toujours “marketables” auprès des fans de manga) comme Kamikaze Girls ou Sakuran. D’ailleurs pour la plupart ces films sont sortis par des éditeurs d’anime (Kaze en tête).
5/ le reste ??? pas grand chose, si ce n’est rien.
Certains auteurs qui avaient fait l’objet de l’attention des distributeurs il y a de cela quelques années et qui restent toujours acclamés par ceux qui ont la chance de voir leurs films semblent même avoir été carrément oubliés (Shinji Aoyama par exemple).
Sans oublier les autres, dont j’ai peut-être jamais entendu parler.Bref, si je devrait me faire du soucis à propos de la situation du cinéma japonais en France, ça serait à propos du cinéma contemporain et de la recherche de nouveaux auteurs. Parce que le cinéma japonais n’est pas un fossile.
PS : je plusse avec Michael sur l’absence de sous-titres sur les DVD. Je ne sais pas pourquoi les éditeurs japonais ne saisissent toujours pas l’intérêt (ils ont pourtant l’exemple de la Corée juste à coté qui a réussi à diffuser un cinéma pourtant beaucoup moins bon - le sous-titrage n’est pas vraiment la raison, mais fait partie d’une démarche globale de promotion culturelle à l’international)
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Michael a dit:
22 juillet 2008 à 18:56Pour le coup, les éditeurs/distributeurs doivent aussi faire avec une situation actuelle difficile où le principal problème du cinéma japonais contemporain, ça semble être justement lui-même. À quelques rares exceptions, c’est plutôt désolant de voir l’actualité d’un pays qui a engendré de nombreux chefs d’oeuvre, d’une qualité technique remarquable.




Réveil difficile…Pour moi, aujourd’hui, le véritable héritier de cette tradition, c’est le monde de l’anime, dernièrement avec Amer Beton ou encore Mind Game (il y en a d’autres). Et miracle, la distribution est assez variable selon les titres (encore une fois, l’import compense, et anime oblige, le fansub est extrêmement actif - ce qui n’est pas le cas pour le cinéma conventionnel).
Je crois pas trop me risquer en disant que l’activité/qualité de l’industrie du ciné jap durant les années 50/80 a apporté bien plus de films bandants qu’aujourd’hui. Je doute pas de l’existence de bons films actuels, mais en regardant les comptes rendus de festivals, c’est pas follement excitant (bizarrement, ça l’est un peu plus quand il y a une rétro avec des vieux films).
(Nightmare Detective est sorti en DVD récemment)
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Guillaume a dit:
22 juillet 2008 à 19:12Ce n’est pas comparable. Tu parles d’un age d’or où il y avait du public en masse, aucune concurence de médias similaires, des producteurs courageux, et au final de l’argent. Aujoud’hui, le cinéma japonais a certes passé le cap d’une fin de crise existentielle. Le public est de nouveau là, hors animation, mais les autres problemes ne sont pas réglés : les producteurs sont frileux, la télé est indetronable. Rajoutons le probleme dejà posé des simili idoru dégradables qui ne donnent aucune valeur ajoutée aux films et c’est clair que le masse visible n’est pas formidable. Mais il y a un potentiel créatif enorme, une vague de réalisateurs doués, des acteurs qui ne demandent qu’a briller; si on leur laisse une liberté. Ce qui n’est pas encore le cas. Je ne pense pas que les réalisateurs à qui on octroie de l’argent sur son nom et sur le sujet du film soient légions.
En ce qui concerne les retro, avoue qu’on a plus facilement du recul sur une période antérieure de 40-50 ans, qui produisait les films façon usine à gaz, et que donc faire une selection de bons films est plus facile que de s’atteler à la tache de faire la meme chose pour la période post 2000. Surtout que les programmateurs de festival ne se foulent pas pour trouver des pépites, et ne fonctionnent que sur un fond de roulement de 3-4 noms (Miike par ex).
Et puis de toutes façons tu es quand meme vachement plus branché films de samourais / yakusa et nouvelle vague que romances contemporaines, non ? -
WuSong a dit:
23 juillet 2008 à 1:43Epikt, je me suis mal expliqué. Les petits lecteurs de manga, une fois adultes, seront sûrement attirés par le cinéma issu des séries qu’ils lisent, c’est un fait… Mais au delà de cet état de fait, il y aura sans doute, sur ces quelques millions de gamins, un petit nombre à qui le contact avec un Tezuka Osamu, par exemple (ma culture manga est relativement limitée…), ou les réelles bizarreries qu’on déniche jusque chez Naruto (qui ne mène pas forcément tout droit à Tuning Magazine…) donneront envie de connaître le reste de la production japonaise.
Michael… Le relatif échec de nos camarades les Hommes difformes est-il vraiment bien surprenant ? C’est quand même une délicatesse pour spécialistes. Vous évoquez la production contemporaine ; c’est vrai qu’elle est difficile à juger. Pour ma part, j’attends quand même avec impatience (via Japan Times, Midnight Eye, Kaiju, vous-mêmes et quelques autres sites ou blogs, plus des plongées au bonheur la chance chez Yes Asia, en attendant l’amélioration de mon niveau en japonais…) l’actualité de Kurosawa (l’autre), de Kore-Eda, de Nakahata, de Tsukamoto, d’Iwai et de quelques autres. Valent-ils leurs “grands anciens” ? Mmh… Desplechin vaut-il Renoir ? Et les frères Coen John Ford ? -
Epikt a dit:
23 juillet 2008 à 10:22J’ai toujours trouvé ça déplacé, du moins terriblement délicat, de comparer la production contemporaine et une autre d’il y a plusieurs dizaines d’années. Même si personne je pense soutiendra que le Japon n’a pas eu un “âge d’or”, ni même que ces dernières années furent un eldorado filmique.
On pourrait avoir (de mon coté c’était y a pas si longtemps) cette discussion sur de nombreux autres pays et/ou genres, à quelques nuances près on retrouve toujours le même “constat” : “le cinoche 50-70 c’est quand même hachement trop bien” et autres “où sont les Orson Welles du XXIe siècle ?”.
(rappelez-vous le top-100 des cahiers du cinoche, que du classique)
Le problème c’est que l’appréciation qu’on peut avoir d’un cinéma datant d’il y a 50 ans est forcément l’objet d’une décantation (voir, pour les plus croulants d’entre nous, de nostalgie ^^) et forcément non représentative de la production de l’époque - on voudrait nous faire croire qu’à l’époque il n’y avait que des Oshima, mince, et les tonnes de mauvais roman-porno et autres films d’exploit’ tournés à la chaine ? Je vous vois venir, “c’était toujours mieux que la production commerciale actuelle”, et j’en suis pas sûr (d’ailleurs personnellement je m’amuse plus devant une comédie romantique avec Yui Aragaki que devant un quelconque polar de la Nikkatsu).
Quand à la production actuelle nous n’avons au contraire pas le temps de prendre du recul, d’autant plus que le matraquage marketing et/ou les choix frileux et orientés des festivals imposent sur le devant de la scène une image incomplète de la production (ultra-commerciale pleine d’idols d’un coté, artistico-exotique de l’autre), difficile de se bâtir un avis. D’autant plus quand on ne s’y intéresse pas et que la date de tournage moyenne de ce qu’on regarde c’est 1967 ! ^^@ WuSong : dans ce cas là, moui, je suis pas convaincu. Il y a probablement une familiarité avec la culture japonaise, donc peut-être un report sur le cinéma (comme je ne sais qui l’a déjà dit, grand oublié de la JE), qui même minime pourrait être intéressant vue la masse de population “fan de manga”. Je me dis aussi que moi-même ayant été con quand j’étais plus jeune tout le monde a sa chance.
Mais j’ai des doutes, le fanatisme “du Japon” étant à mon sens un rapport hyper superficiel à la culture (quels genres de malades mentaux se cosplayent pour aller bouffer rue Sainte Anne ???) et qui malheureusement semble persister au delà de l’âge con de l’adolescence. -
Michael a dit:
23 juillet 2008 à 11:01Guillaume> Bien sûr, je suis aussi persuadé qu’il y a des talents, tout comme en France et ailleurs. Mais cette situation explique peut-être pourquoi, principalement, “cinéma japonais = vieux cinéma japonais“. (certains festivals essayent de proposer quelques alternatives, comme des films indé de jeunes réalisateurs qui sont parfois très bien accueillis - critique&public - alors que pour rester poli, c’est pas très glop).
Après, j’ai aucun problème à comparer 2 époques différentes puisque je me repose sur l’aspect technique - maîtrise du média. Un point qui tient moins des moyens que des idées et de l’ingéniosité d’un “réalisateur”. Qu’il soit de la Nikkatsu ou un indépendant, l’idée est la même, raconter une histoire - qu’il y ait une idole ou Meiko Kaji devant la caméra ne change rien à ce point (au contraire même !).
(Pour se faire une idée claire et précise, comparer les remakes de Kurosawa aux films originaux, c’est tragique à regarder - il n’y a rien à voir dans ces remakes, c’est du téléfilm gonflé et mou du genoux. Kurosawa ou non, il y a bien une différence de “savoir-faire”, ou plutôt un manque de.).
Par ailleurs, je parlais d’héritage. Est-ce les (jeunes) cinéastes contemporains connaissent leur cinéma ?
“Le relatif échec de nos camarades les Hommes difformes est-il vraiment bien surprenant ?”
Le film bénéficiait d’un des meilleurs atouts : banni du japon pendant 40 ans. -
Guillaume a dit:
23 juillet 2008 à 12:38Quitte à parler de remake qui sentent dejà la mort alors que meme pas sortis : Les 7 samourais sont remakés par Nakano Hiroyuki (real de red Shadow et Samourai Fiction). Par contre il y a un cast solide (sony chiba, tomorowo taguchi, nagase masatochi) et Emi Wada aux costumes.
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Epikt a dit:
23 juillet 2008 à 14:38Il est en effet probable que le cinéma japonais contemporain a du mal à insuffler un minimum d’exigence dans sa production commerciale (dont les remakes de grandes fresques à la Kurosawa).
De même que du temps où la santé des grand studios était au beau fixe la qualité globale des techniciens devait être meilleure (je suppose).Par contre :
“j’ai aucun problème à comparer 2 époques différentes puisque je me repose sur l’aspect technique - maîtrise du média” (Michael)Sur quoi d’autre voulais-tu te baser ?
Cela ne change d’ailleurs pas le problème, qui est que tes deux échantillons de films ne sont pas comparables parce que n’ayant pas la même représentativité de leurs productions respectives (mon dieu, cette phrase est horrible). Bref, ton outil de comparaison peut-être aussi affuté et équitable qu’il veut, si ce que tu compares n’est pas représentatif ça sert à rien.Si on parle d’idées et d’ingéniosité des cinéastes, on en trouve bel et bien dans notre époque sinistrée (d’autant plus même ; dans un contexte de d’industrie morose ceux qui se distinguent font souvent preuve d’ingéniosité), idem de la maitrise technique.
Sur le travail du cadre un Hirokazu Koreeda rivalise largement avec les meilleurs des “grands maîtres” (Maboroshi notamment, qui est d’une perfection rare) et dans un registre de mise en scène plus mobile et libre Iwai est excellent. Dans l’art du montage Shiota est un vrai tueur (mince, même un film cadré avec les pieds comme Gips en devient stupéfiant). Là comme ça j’ai pas de noms de directeurs de la photo mais par exemple les films récents de Sogo Ishii font preuve d’une vrai recherche à ce niveau (que ce soit les N&B du Labyrinthe des rêves ou de Electric Dragon 80.000V, les délires 16 milimetro-numériques de Dead End Run ou le travail de la DV sur Kyoshin). Katsuhito Ishii mène une filmographie OVNIesque qui étonne constamment. Même certains réalisateurs pourtant étiquetés “bouillabaisse” comme Takashi Miike se réservent des films plus ambitieux et plus personnels qui sont régulièrement étonnants (Bird People in China, Izo, Ichi the Killer, Big Bang Love Juvenile A,…). Et dans le registre de la débrouillardise, y a des gens comme Kei Fujiwara qui font des films démentiels avec vraiment que dalle.(j’aime me faire l’avocat du diable)
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Michael a dit:
23 juillet 2008 à 15:18si ce que tu compares n’est pas représentatif ça sert à rien.
Tu as parfaitement raison, il est vain de vouloir comparer des gens qui ont l’ambition de faire du cinéma (d’hier comme aujourd’hui, comme tu l’as souligné, d’ailleurs je n’ai pas dis le contraire) avec des gens qui font des téléfilms ou plus communément, de la merde (voir les quelques affiches postées plus haut).
Des trucs qui n’ont rien à montrer, rien à raconter, qui se moque des possibilités offertes par le médium cinéma.
Alors, quand derrière il y a une tradition de 30/40 ans de grands perfectionnistes, rigoureux, précis, efficaces qui ont su tirer le cinéma vers des sommets nobles se retrouver avec des remakes foireux, des romances pompeuses, et autres tragédies métaphysiques pathos lourdement récompensées, c’est un peu surprenant-décevant.
Heureusement il y a quelques films chaque année pour surprendre nos yeux et nos sens, des films un peu fous qui osent faire du Cinéma (et qui arrivent en général à tourner au moins dans les différents festivals internationaux - prestigieux ou non - de là des découvertes restent à faire). Des films bien heureusement comparables avec leurs aînés, parce qu’ils utilisent un langage universel - les images. Libre à toi de penser le contraire.
(Maintenant, la France possède aussi de très grands techniciens, ce qui n’empêche pas la production nationale d’accoucher d’une masse énorme de grôsses merdes. Dans le même temps, nos cinéastes les plus ambitieux peinent à trouver des financements.)
Guillaume> Avec les The Rolling Stones en B.O !
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vierasouto a dit:
23 juillet 2008 à 21:41Bonjour! Il y a depuis deux ans à Paris un festival de cinéma japonais contemporain :(voir le site http://www.kinotayo.fr), je m’y suis rendue par hasard la première année un après-midi, le festival était alors assez confidentiel, et ce que j’ai vu était assez déroutant mais instructif sur ce qui se produit aujourd’hui (deux films aux antipodes l’un de l’autre), j’avais d’ailleurs publié un petit billet à l’époque sur mon précédent blog. La 3° édition aura lieu en novembre 2008. Pour les sorties DVD, je trouve que depuis deux ans, on est gâté mais le prix des coffrets est élevé… Le Monde du WE en publie de temps en temps aussi… Pour ma part, j’ai encore tellement à découvrir…
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Epikt a dit:
24 juillet 2008 à 1:52Yep, Kinotayo c’est une initiative intéressante, et dans l’ensemble j’y ai vu des choses chouettes (dommage que l’édition de DVD n’ait pas suivi pour la deuxième édition, je ne dirais pas non à une édition sous-titrée de Yokohama Mary).
J’avais d’ailleurs chroniqué la plupart des films de la deuxième édition (bouh ! la vilaine pub ! j’ai vraiment honte de mon honteux comportement opportuniste et honteux).
En cours...
