Les Japonais et les sous-titres

Les Japonais et les sous-titres

Le Sankei a publié un article intéressant (jp) sur le sous-titrage japonais de films étrangers. Apparemment, les sociétés de sous-titrage rencontrent un problème de communication avec le jeune public.

La connaissance des Kanji semble baisser, ce qui force les sous-titreurs à être plus sélectif dans le choix des caractères. Pour aider le public à la lecture, ils utilisent de plus en plus les furigana, ou utilisent les katakana.

Mais les furigana peuvent ralentir la lecture, et les expressions katakana prennent de l’espace. L’article dit que le premier film sous-titré au Japon a été Coeurs brûlés, sorti en 1931. Les distributeurs japonais voulaient le doubler, ce qui était la pratique habituelle à l’époque avec les films étrangers. Mais en raison d’un manque d’équipement, ils l’ont sous-titré. Le film, avec Gary Cooper et Marlene Dietrich, fut un succès, convaincant ainsi l’industrie du cinéma de l’intérêt du sous-titrage.

Dans l’avant-guerre, généralement les sous-titres apparaissaient en colonnes sur la droite de l’écran. Chaque ligne contenait 13 caractères, et il y avait au maximum trois lignes à la fois à l’écran. Après la guerre, l’expérience amena les sociétés à conclure que la vitesse de lecture moyenne du public était de 4 caractères par seconde, les sous-titres furent alors limiter à 2 lignes et 10 caractères/lignes.

La location vidéo des années 1980 poussa les sociétés à déplacer les sous-titres au bas de l’écran, car plus facile à lire sur une télévision. Aussi, le nombre de caractère retourna à 13, mais l’affichage resta limité à 2 lignes. Cependant, les sociétés ont remarqué que le jeune public peine à finir la lecture, alors doucement, les sous-titres reviennent encore à 10 caractères (en France : maximum 2 lignes, 40 caractères/lignes).

Les sous-titreurs s’arrachent les cheveux : ils peuvent être plus concis en utilisant des kanji moins connus, mais c’est précisément sur ceux-là que les jeunes spectateurs ont des difficultés. De même, à la grande surprise de l’industrie, le jeune public manque de certaines références culturelles qui semblaient être admises par tous. Un professionnel dit qu’ils doivent y réfléchir à deux fois avant de mentionner “L’Union Soviétique” ou même “Les Nazis”, parce que certaines personnes n’ont aucune idée de leur signification. Les compagnies de films pensent à retourner au doublage afin d’éviter tous ces problèmes. La Toho-Towa, filiale de la Toho en charge des sorties internationales, prévoit de montrer des versions doublées de grands succès hollywoodiens durant l’été dans des présentations spéciales.

Article du Sankei traduit en anglais par Mulboyne

(Image : Le Procès de Tokyo, 1983, Masaki Kobayashi)

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Publié le 12 mai 2008
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  • 1 Réaction sur “Les Japonais et les sous-titres”

    1. Epikt a dit:

      Oooh ! En voyant le titre j’ai cru (égocentrique !) à un article sur le manque sous-titres anglais sur les DVD de films japonais (c’est vrai quoi !), mais j’ai eu droit à l’inverse.
      Très intéressant, merci.


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