Les Films de Yakuza : Ninkyo eiga vs Jitsuroku eiga

Le monde du film de yakuza se partage entre le ninkyo eiga et le jitsuroku eiga. Mais que signifient ces 2 termes ? Et quelles sont leurs différences, les enjeux principaux ?

Le ninkyo eiga repose sur le code des yakuzas. Soit une sphère où la morale est reine. Ici, les hommes sont avant tout des yakuzas, ils dépendent d’un code d’honneur et non des règles de la société. C’est un univers chevaleresque, binaire et figé :
- - Le bon yakuza respecte et honore son clan (l’aspect dit giri - du devoir), jusqu’à oublier ses propres intérêts personnels (l’aspect dit ninjo - des sentiments) pour mieux le servir. Il ne fait rien qui soit contraire au code d’honneur, à son clan. C’est un gentil.
- - Le mauvais yakuza fait passer ses intérêts personnels avant ceux d’un quelconque code. L’honneur, le respect ne signifient rien pour lui. C’est un mauvais yakuza (un méchant).
Le ninkyo eiga décrit une sphère idéaliste et passé (~ années 1890-1930) et binaire où les “hommes” vivent avec des repères moraux clairement définies. Les gentils et les méchants.
Exemples : Le vagabond du Kanto (1963), la série Red Peony (1968-72)…
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Le jitsuroku eiga voit l’aspect moral du code des yakuzas éclaté. Il n’y a ni bon, ni mauvais yakuzas, mais des hommes assoiffés de pouvoir. Comme une bande de loups sauvages impitoyables. Dans la perspective classique (ninkyo eiga), ça représente l’apogée de la mentalité des “méchants”, de l’individualisme.
C’est l’univers du “réalisme”, “du vrai” où la violence humaine s’affiche sans complexe à travers des histoires inspirées de faits réels.
Ici, les repères moraux ont complètement explosé. Il n’y a plus aucun repère aussi bien au niveau du monde des yakuzas, qu’au niveau de la société. Dans cet état chaotique, les hommes n’essayent plus de trouver la juste frontière entre le bien et le mal, ils veulent réussir à survivre par tous les moyens.
Dans le jitsuroku eiga, la question est donc de savoir comment les hommes peuvent exister dans une société chaotique-moderne.
Exemples : Combat sans code d’honneur (1973), Quartier Violent (1974)…
Mots-clés : Yakuza-eiga
Publié dans Dossiers
3 Réactions sur “Les Films de Yakuza : Ninkyo eiga vs Jitsuroku eiga”
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Martin a dit:
18 mars 2008 à 22:54le genre du matatabi no mono devrait d’etre inclus dans les variations du genre (les series Zatoichi, Chuji Kunisada, Jirocho,Trail of blood,…)
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Michael a dit:
19 mars 2008 à 0:03“Ninkyo eiga vs Jitsuroku eiga” parce qu’il existe une opposition précise et affirmée entre leurs spécificités (cadre/codes/questions…). C’est comme 2 grands axes principaux bien distincts.
Le matatabi n’est pas aussi affirmé, c’est plus libre, ça vogue plus ou moins entre les deux (forcément, ça parle de vagabonds). J’assume cet oubli (à réparer plus tard).
Pour l’instant, l’opposition “Ninkyo vs Jitsuroku” me semble plus intéressante, car plus claire à comprendre en terme de contenu & d’enjeux (à défaut de faire une liste ultra exhaustive).
Je pense que c’est ça l’essentiel (faire comprendre).
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le trentenaire aux camélias a dit:
22 mars 2008 à 20:41Merci pour la clarification. C’est vrai qu’en y regardant de plus près la différence de style est nette. Perso je préfère le “jistsuroku eiga” tout simplement parce que j’ai eu la chance de voir plus de film de ce genre et que je les ai trouvés très bon.
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