Bilan 2007 : Les découvertes

Bilan 2007 : Les découvertes

La fin d’année approche, c’est le bon moment pour faire un bilan des découvertes, pour savoir quelles ont été les surprises de 2007 (pays & années confondus) !

Mes découvertes de 2007 (une très belle année) :
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¤ Samouraï Révolution (1963-1966, Eiichi Kudo)

Samouraï Révolution (1963-1966, Eiichi Kudo)

Superbe trilogie sur le Japon féodal et ses valeurs. Eiichi Kudo casse l’archétype du héros solitaire pour renouer avec un groupe d’hommes, à la façon des 7 samouraïs. Sur un mode ironique, Kudo nous présente des samouraïs vivant clairement dans une époque qui n’existe plus. Ils rêvent d’honneur, d’obéissance quand ils sont traités comme des moins-que-rien par des seigneurs qui les manipulent pour servir leurs intérêts. Le samouraï n’est qu’un assassin qui s’ignore (En savoir plus).

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¤ The Japan’s Longest Day (1967, Kihachi Okamoto)

The Japan's Longest Day (1967, Kihachi Okamoto)

Attention hold up ! Kihachi Okamoto détourne un gros blockbuster nippon sur les dernières heure du Japon Impérialiste. Accent grave, ambiance tendue pour cette fresque absurde ridiculisant tout le protocole de rédition. De l’Empereur jusqu’aux soldats, Okamoto montre des hommes obsédés par des valeurs qui viennent tout juste de mourir. Des hommes incapables d’accepter leur fin, qui agissent de façon complètement contradictoire. La vanité pousse l’homme dans l’absurdité (En savoir plus).

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¤ Le Triomphe de la volonté (1935, Leni Riefenstahl)

Le Triomphe de la volonté (1935, Leni Riefenstahl)

Grande découverte que ce documentaire-propagande nazi forcément contesté. Voici donc le congrès nazi de 1934, filmé par une fidèle supportrice du régime (lynchée ad vitam aeternam). Devant nos yeux, une foule en délire, un führer descendu du ciel, une mise en scène divine impressionnante. Ce que la réalisatrice nous montre, ce n’est pas tant une réalité (idéalisée) mais bien sa croyance pour ce régime. Le triomphe de la volonté symbolise l’homme avalé par son présent, par sa période historique (En savoir plus).

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¤ Les Fils de l’homme (2006, Cuaron)

Les Fils de l'homme (2006, Cuaron)

Société en plein chaos, hiérarchisée et sans avenir parcourue par un homme en tongs ! En plus d’un Londres futuriste à l’existence bien physique, Cuaron tire profit d’une approche caméra à l’épaule et laisse s’impregner le chaos de cette société. Quand l’homme se sait condamner, ses actions ne sont plus voilées par des principes moraux. L’homme savoure sa fin, presque effrayé de retrouver une once d’espoir.

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¤ Baby Cart 5 : Le territoire des démons (1973, Kenji Misumi)

Baby Cart 5 : Le territoire des démons (1973, Kenji Misumi)

Dernier Baby Cart réalisé par Kenji Misumi, le réalisateur continue de livrer son testament du genre. Dans une époque post-apocalyptique, sans valeurs, ni honneur, ni morale, le Loup solitaire vend ses services d’assassin. Ironie, l’assassin est le seul à tenir sa parole. Dans ce film, il achève tous les symboles du Japon féodal, la religion, la justice, les samouraïs… tout y passe. C’est ainsi que le genre se retrouve définitivement vidé, devenu une île déserte sans avenir qu’il vaut mieux quitter (En savoir plus).

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¤ Va, va, deux fois vierge (1969, Koji Wakamatsu)

Va, va, deux fois vierge (1969, Koji Wakamatsu)

Quand une jeunesse est arrivée au dernier niveau de son désespoir. Koji Wakamatsu filme la perdition d’une jeunesse japonaise, en marge des revendications politiques ou sexuelles. Homme ou femme, ils n’ont pas d’avenir dans une société qui ne les reconnaît pas. Au mieux, ces jeunes sont des objets de foires, révolutionnaires pour les médias, étudiantes vierges pour un certain public… Alors quel espoir pour cette jeunesse ? (En savoir plus)

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¤ Cable Hogue (1971, Sam Peckinpah)

Cable Hogue (1971, Sam Peckinpah)

Après La Horde Sauvage, Peckinpah s’offre une pause “comédie”. Les cow-boys sont désormais morts, il est temps de penser à construire une nouvelle vie. Et miracle pour le bon Cable Hogue, abandonné par ses confrères en plein désert, il trouve de l’eau ! De quoi lui permettre de se reconvertir et de faire richesse en ces temps de conquète de l’Ouest où la société moderne commence à ronger l’espace naturel. Est-ce que cette vie paisible au milieu de nulle part est faite pour un homme tel que Cable Hogue ?

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¤ 99 Francs (2007, Jan Kounen)

99 Francs (2007, Jan Kounen)

Kounen nous invite dans un trip où l’individu moderne questionne son existence face à la tonne d’images offertes par sa société. Avec sa caméra, Kounen va interroger l’homme au plus profond de sa conscience, sur ses désirs, ses rêves… L’âme de l’homme aurait-elle perdu de son humanité ? Enfin un très bon film français qui remet en cause son support, qui ose s’interesser amplement aux éléments de son histoire. Le monde de la pub n’est que l’entrée du trip, pas sa finalité.

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· Quelles sont vos découvertes 2007 ?

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Posted on 24 December 2007
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    1 Comment on “Bilan 2007 : Les découvertes”

    1. Carth says:

      Mieux vaut tard que jamais, l’une de mes découvertes les plus intéressantes a clairement été l’oeuvre de Shinji Somai. Typhoon Club et SURTOUT Sailor Suit and Machine Gun pour leurs audaces de mise en scène et le discours gravissime de son auteur. Découvrir l’oeuvre délirante de Nobuhiko Obayashi a aussi été une belle claque, comme ce fameux et extra The Aimed School. Début 2007 a aussi été une période de découverte d’un dieu, Ozu, avec la rétro à la Maison du Japon et la SURTOUT le sentiment d’avoir voyagé au cours des visionnages de ses films en couleur. Si ils ne méritent pas la note ultime, un sentiment de bien-être absolu s’est emparé de moi après chaque vision.

      Mon expérience ciné la plus forte a aussi été Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood, où pour la seconde fois de ma vie je termine la séance en larmes.

      Impossible aussi de terminer les découvertes 2007 sans évoquer le cas de Apichatpong Weerasethakul, génial réalisateur, clairement l’un des grands de ce siècle au style proche d’un Tarkovski (comment ne pas penser à Stalker lors des travellings contemplatifs de Syndromes and a Century?). Et découvrir Tropical Malady au cinéma est une expérience foutrement glaçante.

      Que dire aussi de l’étrangeté clinique des oeuvres de Naomi Kawase? Quel bonheur de terminer Suzaku au cinéma, les yeux humides et le coeur battant. On ne remerciera encore pas assez le Festival Paris-Cinema. Autre expérience en salles, la découverte de La Chanteuse de Pansori d’Im Kwon-Taek, ou encore les “dernières” oeuvres de Mizoguchi?

      Enfin, la dernière claque reçue à ce jour a été All About Lily Chou-Chou de Shunji Iwai. Un voyage formidable, une bande-son à en crever dix fois par secondes, film rock dépressif et adolescents japonais en crise (tout ce que j’adore, quoi ^^).

      Niveau surprises venant d’Occident, pas grand chose à se mettre sous la dent d’autant plus que j’ai loupé quelques films qui m’intéressent drôlement encore aujourd’hui. Je pense à Paranoid Park, ou le dernier -décrié- Coppola. J’aimerai bien voyager aussi devant La Graine et le Mulet. Tous trois sont encore diffusés sur Paris, j’espère pouvoir m’y déplacer. Donc, pour revenir aux découvertes cette année, pas grand chose si ce n’est le plaisir de voir mon premier Tarantino au ciné (être passé devant Kill Bill 1 et 2 sans broncher est l’une des mes plus grosses erreurs de jeunesse ^^) bien que ce dernier est une belle grosse purge sous influences et uniquement sous influences. On apprécie, comme on déchante rapidement.

      Cas de figure particulier, voir Stalker de Tarkovski a été une expérience extraordinaire et plutôt surnaturelle. Incroyable oeuvre sur la foi de l’Homme et un bijou d’humanisme. Solutions visuelles en pagaille, contemplation mystique, musique minimaliste traumatisante (que dire de ce plan séquence filmant les “restes” de l’homme enfouis sous l’eau, remontant à la surface et se focalisant sur ce chien noir qui nous fixe durablement? Non, on ne dit rien.), fascinant. Expérience traumatisante aussi et extrêmement exigeante, Les Harmonies Werkmeister de Béla Tarr. La séquence finale (plan séquence de 10-12 minutes!!) et une merveille de technicité.

      Bref, j’en oublie sûrement, ma mémoire me faisant très souvent défaut quand ça ne me marque pas, cette année 2007 a été formidable, tout simplement. Ah, et oui, Chu Yuan est vraiment l’esthète visible le plus intéressant de la Shaw. Voilà, c’est dit =)

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