Coup de Gueule : Teshigaraha selon Libération

Coup de Gueule : Teshigaraha selon Libération
« Les écrans, un site à bailler d’ennui* »

Ahhh ! C’est toujours fascinant de voir la critique française découvrir les profondeurs d’un cinéma exotique, étiqueté “auteurisant”, pour recrasher inlassablement ses contradictions vieilles de Mathusalem. Autant dire, réduire l’expérience cinéma à une putain d’étiquette quand l’intérêt serait de comprendre qu’un plan = 1 idée = 1 émotion = ?

Schéma bien trop complexe, pour notre humble camarade des écrans (vides) qui s’évertue à nous expliquer le pourquoi du comment l’étiquette Nouvelle Vague Japonaise est immonde quand nous, naïfs lecteurs, souhaitons avant tout avoir un avis éclairé sur les films. Mais non, rien qu’une suite de lieux communs pour l’honnête pigiste pressé de finir sa petite bouse… « On baille d’ennuis », en voilà une chiure définitive qui nous épargne bon nombre de mots.

Le comble, c’est bien ce côté vieux jeu sous-entendant la perversité du terme “Nouvelle Vague Japonaise”, pour ses origines “commerciales” nous explique ce bon français attaché à ces concepts culturels de cinéphiles (trop) averti. Ah non Monsieur, la Nouvelle Vague n’est point un produit, c’est une révolution dans l’art. Et ? Il n’empêche que des bridés gavés de saké ont été à leur manière capables de détourner les règles du commerce pour offrir aux spectateurs (hé oui, le conteur nippon est un pourri qui s’intéresse à son public) des films à l’univers exceptionnel. C’est-à-dire, une façon personnelle de raconter une histoire, avec mise en scène adéquate faisant apparaître des thèmes et réflexions sur l’homme, sur cette société des années 60/70. En fait, du cinéma bien fait qui ose questionner le spectateur (à défaut de lui tailler une pipe).

Pourquoi s’embêter à décrypter du Teshigahara, trop ennuyeux, quand il suffit de rebondir sur Imamura, déjà bien établi chez les cinéphiles (trop) avertis (bis). Et là, l’ironie est à son comble, détruire Teshigahara et son compositeur sous prétexte d’ennui quand l’honnête pigiste préfère prendre un risque et vanter les mérites de Imamura, vous savez cet ethnologue devenu réalisateur, ce conteur froid incapable d’émotion (Désir Meurtrier), plus intéressé par l’observation d’une société à bonne distance (Le Pornographe, comme conseillé par notre ami).

Alors je te l’accorde camarade pigiste, Teshigahara c’est des films étranges et déstabilisant (j’ai moi-même revu ces films dernièrement, et je suis toujours dépassé par les images). Mais pourquoi opter pour la mauvaise foi et les clichés minables quand il suffit de prendre simplement le temps d’exprimer ton incompréhension. C’est une logique inverse qui intéressera bon nombre de lecteurs (moi le premier), plutôt que de devoir subir ta complaisance.

C’est même de ton devoir d’opter pour ce genre d’approche, surtout quand il s’agit de films pareils à FAIRE découvrir. Épargne nous l’anecdote Truffaut et met les mains dans ta merde ! Écrit sur le cinéma ! Renier d’une traite ces “faux auteurs japonais” parce qu’ils ont été formé par les studios, quelle connerie mondaine ! Sors les doigts de ton nez et apprends de ces films.

Sacrebleu d’boudiou d’bonsoir !

* www.ecrans.fr/Nouvel-article,2794.html

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Posted on 19 December 2007
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    4 Comments on “Coup de Gueule : Teshigaraha selon Libération”

    1. Carth says:

      Attention, grand moment de journalisme bobo : “Shindo Kaneto [...] réalisa l’Île nue, un film dont François Truffaut, qui le détestait [...]“.

      Avec cet argument, soyez tous sûrs, Shindo Kaneto est FORCEMENT détestable!

      Bakairo!

    2. Martin says:

      Visiblement le monsieur devait bien être à la bourre dans ses délais de fin de bouclage pour pondre de tels banalités et non-arguments. En esperant qu’il revienne frais et dispo après ses congés!
      Ressortira t’il le maigre argument de l’ennui pour Jissoji et Yoshida?

    3. Epikt says:

      Bah… ça nous redonne l’occasion de dire combien Teshigahara c’est bon.
      (et pis Truffaut j’ai jamais compris l’intérêt, c’est grave docteur ?)

      C’est en effet plus facile de défendre des films qui ont déjà été défendus par d’autres depuis 50 ans (on retombe sur le débat des top100 des Cahier du cinéma, je crois me souvenir que c’était ici).
      Quoiqu’il en soit, ce rédacteur a bien l’air d’une branque - qui ne trouve d’autre argument pour louer Fukasaku que “un des metteurs en scène préférés de Tarantino” (toujours cet argument d’autorité) est forcément une branque. Ce qui fait peur, c’est qu’il semble le “spécialiste” du cinoche japonais chez Libé (on lui confie Misumi, Mizogoshi et autres).

    4. Tampopo says:

      C’est du n’importe quoi. Effectivement. Ca pétille de bêtises.

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