Sur l’interdiction de l’Embryon (1966)

Sur l'interdiction de l'Embryon (1966)
ou comment vendre un ovni japonais des ’60s au pays des vaches en rut

L’annonce d’une interdiction aux -18ans d’un obscure produit étranger fait sensation et indigne les partisans d’une cinéphilie libérée du joug républicain. Même ma voisine de palier, d’habitude plutôt timide, se met à me parler de ces films “pink” (pourquoi à moi ?). En toute sincérité, elle me confie qu’elle vient tout juste de découvrir l’horreur “japoniaise” et que jamais au grand jamais, elle n’ira travestir son esprit avec ces saloperies. Merci bien voisine pour ces remarques franches qui me font réaliser l’impensable…

À notre époque une interdiction reste du pain béni pour l’honnête distributeur apathique d’un produit érotique. Alors on peut bien se perdre dans les méandres d’un communiqué de presse criant au scandale et à la censure, tout en s’appliquant à vomir quelques exemples de grands films interdits (plaçant au passage le produit “PINK” au niveau de Kubrick). Il n’en reste pas moins, une façon (inattendue ?) de rappeler aux consommateurs violés (ou cinéphiles violents, le vocabulaire m’échappe) l’existence d’un produit subversif qui emmerde bien les papas gâteux fous d’une république en décomposition. C’est au moins ça la réussite de l’Embryon, nous ramener dans l’état d’esprit périmé de ces années 60 super-ultra-contestataires (sic).

Pour m’assurer du vrai-faux buzz, je m’en suis allé faire une recherche sur l’actualité Google avec ces mots-clés “quand l’embryon part braconner“. En triant par date, j’obtiens (au moment où j’écris ces lignes) 13/14 résultats, le plus ancien article date du 23 Septembre (Dvdrama). Et alors me direz-vous ? 8 résultats mentionnent explicitement l’interdiction (la première dépêche est de Mass-Media, le 28 septembre). Qu’en retenir ? Plus de la moitié des articles sont consacrés à l’interdiction, les autres s’intéressent au film (et dans les deux cas, l’avantage c’est qu’on lit toujours la même chose d’article en article, c’est user-friendly comme on dit en Amérique).

Va, va, Camarade, souviens toi du “il est interdit d’interdire” et va accomplir ton geste de citoyen révolutionnaire. La lutte passera par l’Embryon ou pas (quoi Wakamatsu ? C’est quoi ça, non monsieur, je ne mange pas de sushi ! Laissez moi tranquille !).

Pour info, plusieurs films de Koji Wakamatsu sont visibles :
- Les Anges Violés
- Va, va deux fois vierge
- Sex Jack
- Fou de Shinjuku
- L’Extase des Anges
Ils ont juste la (mal)chance de ne pas appartenir à l’actualité franco-française…

…L’in-terre-natio-na-a-leuh…

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Publié le 3 octobre 2007
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