Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

Qui mieux que Shintaro Katsu pour interpretrer Hanzo The Razor ? Cet Inspecteur Harry du Japon féodal aux méthodes brutales mais efficaces, toujours prêt à servir la loi. Tellement qu’il ne fait pas de distinctions entre les individus, qu’ils soient riches ou pauvres, bien placés ou non, la loi reste la même. Au sein de la police, son dévouement dérange, surtout ses supérieurs, une position hiérarchique qui n’intéresse définitivement pas Hanzo le fouineur. Respect, soumission, et autres valeurs importantes de l’époque n’ont aucun effet sur l’inspecteur, seul compte la justice.

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

L’insolence de cet homme face à ses supérieurs s’explique logiquement, la police n’est pas insensible aux pressions diverses. Alors au lieu de protéger la population, elle doit surveiller les intérêts des plus riches. Le problème de cette situation, c’est que la police fait mine d’accomplir avec honneur sa tâche en faisant signer aux policiers un serment qui lave la conscience. Ce serment n’est qu’un composé de belles paroles où l’on prône une vision pure du rôle de la police, pas de corruption, traquer le crime… Il faut attendre qu’un Hanzo refuse de suivre la cérémonie pour entendre de sa bouche, une réalité bien différente où les supérieurs reçoivent des cadeaux de tous et agissent en conséquence. La corruption est déjà présente au cœur de la justice.

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

Hanzo n’appartient pas à cette tranche de policiers passifs, son métier, c’est sa vie. L’homme va jusqu’au bout de ses idées, quitte à surprendre, il reste honnête avec lui-même. Ainsi pour savoir gérer des interrogatoires musclés, il se torture. Il lui faut trouver un juste équilibre pour éviter d’aller trop loin dans la souffrance. Sous les yeux effrayés de ses acolytes et de son supérieur, l’homme en redemande alors que ses jambes sont ensanglantées et que la douleur se lit sur son visage transpirant. Il trouve encore la force et le courage de discuter dans une pareille position.

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

L’inspecteur entraîne son corps aux pires horreurs imaginables, capable de résister à tout. Mais la botte secrète de ce provocateur, c’est son pénis. Comme le reste de son corps, il fait subir à ce membre un entraînement pour le renforcer. Il le tape avec un bout de bois et pénètre des sacs de riz. Derrière ce masochisme répété, il y a l’assurance de parvenir à récupérer facilement des informations. Une femme peut être utile ? Elle est capturée, Hanzo s’en occupe à sa manière. Les cris de douleurs tournent rapidement aux cris de plaisir, à tel point que les victimes finissent par en redemander, sublimées par le plaisir intense du sabre de la justice.

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

Vu son caractère, Hanzo doit se méfier de nombreux ennemis. Pour faire face, il a parfaitement aménagé sa maison. Il y a des trappes secrètes et beaucoup de pièges comme des pics sortant du plafond ou d’un mur. Bien sûr, l’inspecteur sait aussi se défendre parfaitement seul, maniant différentes armes sans problème. Mais par moment, un coup de main radical n’est pas mal. À côté de ces pièges, il dispose d’une salle de torture un peu particulière. Normal vu son approche spéciale. Pour bien s’occuper de ses femmes, il a installé un filet pouvant monter et descendre. Les victimes se retrouvent coincées, impossible d’échapper à son pénis.

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

Si la spécialité de Hanzo peut paraître vulgaire, Misumi n’est pas pour autant outrancier et se montre assez pudique. Sur les scènes d’amour, il n’a pas forcément une approche frontale, il passe plutôt par des sous-entendus visuels comme un mouvement répétitif, des surimpressions de visages ou de mains. C’est quand la scène est juste hors norme, qu’il nous laisse admirer l’incroyable spectacle. Une femme dans un filet, un Hanzo au sol, la magie est là.

Hanzo The Razor 1 : Sword Of Justice - 1972 - Kenji Misumi

Misumi ne réduit pas Hanzo à son seul avantage, il parvient à lui donner une véritable identité lors de gros plans sur son visage, à moitié plongé dans l’ombre, laissant tout juste assez de lumière pour mettre en avant les yeux de Shintaro Katsu. Le réalisateur va aussi enchaîner beaucoup d’idées folles comme le défilement d’un plan de la ville devant un Hanzo marchant, permettant de filmer autrement les déplacements du personnage. À plusieurs reprises, Misumi divise le cadre en deux parties, avec deux niveaux de profondeurs différents. Il parvient à se jouer de l’espace d’une pièce. Par exemple, à gauche au premier plan, un personnage stable, à droite au second plan et dans une autre pièce, Hanzo qui se ramène vers le premier plan. Le genre de composition intéressante pour traduire un avancement dans une enquête avec l’arrivée d’un nouvel indice. D’ailleurs, le scénario se coupe brutalement de la même façon, où au sommet de l’intrigue principale, on passe à une affaire mineure mettant en avant l’humanité de Hanzo, loin du provocateur souhaitant bouleverser le gouvernement, il n’y a plus qu’un simple flic arpentant les rues d’Edo. Un changement d’orientation qui délaisse les grandes affaires de corruption dont la finalité est connue d’avance, une sorte de plaisir précose en somme.

***Bande Annonce

Infos

- Goyôkiba (御用牙)
- Avec Shintaro Katsu, Ko Nishimura, Yukiji Asaoka… (IMDb)
- Disponibilité : Coffret Hanzo The Razor STA (Homevision)

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Publié le 12 août 2007
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Publié dans Cinéma Japonais
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