Resurrection of the golden wolf - 1979 - Toru Murakawa

Réussir dans le monde des affaires demande beaucoup de patience, de travail et de dévotion, au point de faire passer sa vie privée au second plan. Les hommes vivent uniquement pour leur entreprise, sans jamais oser se plaindre. Mais ce monde cache une réalité bien différente, avec les détournements d’argent, la rude concurrence entre les différentes entreprises, le chantage et même les meurtres. Il n’est plus question de dévotion ou de patience, mais d’argent, toujours plus d’argent. Désormais, pour gravir l’échelle sociale, il faut jouer de cette réalité brute et corrompue.
Salaryman, Asakura est fatigué de courir après une réussite, il décide de prendre en main la situation en franchissant la frontière de la légalité et d’espionner ses supérieurs. Petit à petit, il prend connaissance des secrets de l’entreprise qu’il compte utiliser à son avantage dans l’ombre.

L’apparence lisse de la société japonaise et de son quotidien morne et répétitif éclate sous le poids de l’ambition individuelle. L’hypocrisie du système c’est de faire croire aux bon travailleurs qu’ils finiront récompenser quand en fait, ils ne font que de se tuer à la tâche dans l’indifférence des supérieurs. Ici, un employé va comprendre cette réalité et va donc se tourner vers des solutions immorales pour satisfaire son ambition. Mais le comble, c’est qu’au final cet employé n’agit pas mieux que les grands patrons, il ne fait que de suivre les mêmes règles qu’eux. Pourquoi rentrer dans un long processus ennuyeux et inutile mais sain pour le système quand l’employé peut rapidement satisfaire ses volontés via des méthodes immédiates.

Le prestige des grands patrons n’est qu’une illusion. Ce sont des hommes infidèles et peu scrupuleux, prêts à tout pour se défaire des problèmes. La plupart entretiennent secrètement une maîtresse, une façon de décompresser entre deux rendez-vous. Ce plaisir est aussi une faiblesse car un responsable se doit de conserver une image digne, personne ne doit savoir qu’il s’amuse de temps à autres avec une jeune et jolie femme. Et si par hasard ce secret venait à être connu, il peut faire l’objet d’un chantage, synonyme de problème très délicat à résoudre. En effet, plus il y a de personnes au courant de l’affaire, plus les risques de nouveaux chantages sont grands, formant un cycle vicieux et presque sans fin.

De par le travail, les hommes d’affaires ne connaissent pas la pitié, s’ils doivent faire exécuter un maître chanteur, ils n’hésiteront pas une seconde. Il vaut mieux la mort d’un homme que la perte de capitaux et d’une situation financièrement excellente. Mais le chantage peut aussi devenir une arme pour les entreprises concurrentes, c’est un moyen de pression parfait pour imposer clairement ses conditions. Le marché devient alors le terrain d’une guerre impitoyable où les hommes d’affaires passent par de sales méthodes pour affaiblir les adversaires.

Loin d’un statut honorable, l’entreprise est un repaire de requins aux pratiques mafieuses. Le dévouement des employés va même être utilisé dans cet optique puisque les patrons vont demander à un employé de tuer une personne pour le bien de l’entreprise, en échange d’une hypothétique promotion. Dans sa mise en scène, cette demande est tout aussi étrange qu’ironique. Cela fait penser à un recrutement mafieux où les gangsters veulent mettre à l’épreuve la nouvelle recrue. Il y a le puissant éclairage pointé sur l’employé, une salle vide avec un bureau et une chaise, et la voix dominante d’un patron invisible comme observant le comportement de l’homme. C’est une belle preuve des dérives ridicules de l’entreprise.

C’est en comprenant le fonctionnement de ce monde, que Asakura, l’employé modèle, va pouvoir intervenir et semer discrètement le bordel. Une fois toutes les cartes en main, il domine totalement les enjeux de chacun, et sait comment tirer profit de tout cela sans y perdre. Bien sûr, personne ne connaît ses agissements, il est maître absolu de la situation, il tient tout le monde ! Il devient un modèle de réussite, un homme respecté et salué par tous. Yusaku Matsuda incarne la classe, il est cool et audacieux.

Cette société ne laisse pas d’autres choix aux individus que de suivre des règles immorales pour gravir l’échelle sociale. À tous niveaux, les hommes sont corrompus et trop attachés au pouvoir et à l’argent pour penser aux autres, c’est un monde impitoyable et sans honneur. Il n’y a plus de limite pour réussir, même les grands patrons adoptent un comportement de gangster et détournent les valeurs communes de l’entreprise pour leur propre profit.
Mots-clés : Yusaku Matsuda
Publié dans Cinéma Japonais


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