Bohachi: Clan of the Forgotten Eight - 1973 - Teruo Ishii

Le quartier des prostituées d’Edo est en pleine guerre, le clan maître du territoire doit lutter contre l’invasion d’un clan adversaire. Est-ce pour l’honneur ? Pour la dignité ? Pas du tout, c’est une simple affaire de maquereaux enragés. L’occasion pour Teruo Ishii de continuer dans l’excès, il ne se déroule pas cinq minutes sans qu’un défilé de femmes à moitié nues ne passe à l’écran. L’univers est loufoque et immoral, baignant aussi bien dans l’érotisme que dans le sang, porté par un Tetsuro Tanba mono facial se demandant sans doute ce qu’il fout au milieu de tout ce bordel.
L’assassin Shiro, lassé de tuer, est recueilli par le clan Bohachi, maître de génération en génération du quartier des prostituées. Ce clan compte l’utiliser pour effacer toute trace de concurrence.

Pour devenir membre du clan Bohachi, les hommes doivent être prêt à oublier huit points capitaux : la croyance, la soumission, la loyauté, la confiance, la propriété, la justice, la morale et le déshonneur. Autant dire qu’en intégrant ce groupe, les hommes deviennent d’immondes bêtes, dénigrant à jamais la notion d’humanité. La principale activité du clan est de récupérer toujours plus de prostituées pour alimenter leur commerce. Ils vont jusqu’à les former selon des méthodes ancestrales plus proche de la torture et du service sexuel qu’autre chose. Mais bon, ce sont des sauvages après tout ! C’est pourquoi pour soumettre une nouvelle arrivante, le clan passe par la case viol, et pas du genre rapide, puisque ça dure plusieurs jours pendant lesquels des hommes assurent le viol 24h/24 ! Chez les Bohachi, on plaisante pas.

De par ses tueries, Shiro se fait remarquer par ce clan. L’homme est reconnu par les autorités comme un ennemi public, un homme sanguinaire qui fait voler les têtes sans le moindre problème moral. Les bains de sang font son quotidien, à tel point qu’il ne fait même plus vraiment la différence entre la mort et la vie, les deux étant d’affreusement douloureuses expériences. En tant que tueur, il n’est pas tout à fait sensible aux charmes des abus sexuels, lui ce qu’il préfère c’est faire couler le sang.

Teruo Ishii ose cette rencontre entre un sanguinaire et une bande de pervers immoraux, la folie de l’exploitation est sans limite. Pendant que Shiro élimine efficacement les moindres ennemis, le clan Bohachi lui fournit des gardes du corps assez spéciaux, de jeunes femmes préférant la nudité à n’importe quel type de vêtement. L’idée est originale, elles sont même capables de se battre nues contre des ninjas !

En dehors de cette folie ambiante, Ishii soigne son approche visuelle et nous offre quelques très belles scènes jouant sur la lumière et les couleurs. L’univers prend des allures pop teinté d’onirisme que ce soit lors de la partouze sous opium ou pendant les combats, Ishii profite totalement des avantages du studio. Avec ces jeux de couleurs, c’est la mentalité de Shiro qui ressort sur le reste du décor. Alors que l’homme est froid et peu expressif, la colère, la rage ou encore la passion vont venir apporter une aura lumineuse renforçant l’humble beauté du spectacle. Cette ambiance spéciale de studio permet à la folie du film de prendre toute son ampleur sans sombrer dans le grotesque, tant bien même que c’est poussif, exagéré et délirant.

Pour ce cocktail de l’excès, Teruo Ishii se sert d’une histoire bateau d’assassin et de guerre de clans pour enchaîner les idées folles et jouer avec les éléments de l’exploitation. L’érotisme des corps féminins devient une norme, tout comme l’immoralité s’impose comme une vertu à honorer. Ambiance pop à la fois sérieuse et absurde, Teruo Ishii nous livre l’une des histoires les plus cool sur un assassin classe, froid et constipé. Reste à connaître la suite.
***Extrait
Réalisé par Teruo Ishii
Avec Tetsuro Tamba, Yuriko Hishimi, Goro Ibuki... (IMDb)
Aka Bohachi Code of Honor;Porno jidaigeki: Bohachi bushi
ポルノ時代劇 忘八武士道

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