The Lady Vampire - 1959 - Nobuo Nakagawa

The Lady Vampire - 1959 - Nobuo Nakagawa

Un an après avoir réalisé The Mansion of the Ghost Cat, Nobuo Nakagawa continue l’expérimentation d’histoires horrifiques avec ce récit vampiresque. On retrouve sa patte à travers une ambiance énigmatique mais surtout via l’histoire surréaliste d’un vampire amoureux ayant jetant une malédiction sur la descendance de la femme qu’il aimait. Plus précisément, lors de la soirée d’anniversaire de Itsuko, un événement aussi incroyable que surprenant arrive. En effet, sa mère portée disparue il y a vingt ans de cela, réapparaît comme par miracle tel un fantôme. La femme n’a pas vieilli, et après quelques jours de repos, raconte à sa famille sa terrible histoire. Un vampire l’a envoûté et enfermé dans son château d’où elle réussit tardivement à s’échapper. Mais le vampire n’a pas dit son dernier mot et retrouve très rapidement sa trace grâce à un tableau mystère, portrait de la mère, reconnu par sa fille et son fiancé.

The Lady Vampire - 1959 - Nobuo Nakagawa

L’antre de l’étrange

Le film nous plonge dès le début dans une atmosphère étrange, un conducteur se fait une frayeur en pensant renverser une femme à la démarche zombiesque qui semble avoir disparue après coup, la jeune femme qui fête son anniversaire se coupe le doigt lors de la découpe du gâteau rappelant au père le présage de la disparition de sa femme et finalement la mère absente qui réapparaît soudainement. Tout cela fait parti de l’énorme labyrinthe étrange de Nakagawa, comme un jeu, il nous teste et s’amuse. Lors de l’arrivée de la mère fantomatique, une panne de courant plonge tout le monde dans le noir et met fin à la joie des jeunes gens fêtant l’anniversaire. La maison est le noir complet et seules quelques bougies illuminent des morceaux de visages ou de pièces, l’inquiétude rôde. Tout comme dans l’ouverture de The Mansion of the Ghost Cat, un plan subjectif vient nous placer dans le premier rôle, aux premières loges de la découverte de la chambre de la disparue.

Un vampire gentleman ?

Après cette splendide entrée en la matière, Nakagawa va se calmer et se concentrer sur les personnages et décors pour continuer à mettre en place l’étrange et inquiétante atmosphère, il met de côté les jeux de caméra. De cette famille, nous découvrons d’abord la joie d’un futur couple composé d’une jeune femme sage et correcte et d’un jeune journaliste protecteur au possible. C’est surtout ce dernier qui va être mis en avant dans le film, son statut de journaliste lui donne l’opportunité de pouvoir enquêter sur les faits étranges. Après tout, un vampire est lâché dans la nature et on ne sait pas ce qu’il est capable de faire pour retrouver la victime de sa malédiction.

Le vampire est entouré de serviteurs répondant à ses moindres besoins, comme ce nain qui va aller voler un tableau ou mettre la pagaille dans un bar quelconque. La seule chose qu’il craint, c’est la lumière de la lune qui révèle son véritable visage. Ainsi de l’état énigmatique et calme, bien caché derrière ses lunettes et ses habits distingués, il se retrouve à l’état de bête affamé en plein besoin de sang. C’est cet état qui va l’amener à sa perte puisqu’il ne va pas pouvoir s’empêcher de tuer un bon nombre de femmes, meurtres qui vont forcément attirer l’attention de la police et par conséquent de la presse.

The Lady Vampire - 1959 - Nobuo Nakagawa

Le pourquoi du comment

Entre temps, quand la mère se réveille enfin de son état de larve, elle se doit de donner des explications à sa famille. Elle ne semble d’ailleurs pas surprise et intéressée par la découverte de sa fille, elle ne fait que de soucier d’elle-même. C’est donc l’heure du petit flash back bien explicatif qui donne toutes les clés de l’histoire. Comme à son habitude, Nobuo Nakagawa est dans ce genre de situation assez maladroit, donnant à ce passé mystérieux une explication logique et rationnelle, du moins aussi rationnelle que cela puisse être. Il n’y a au final plus aucune part d’étrangeté et d’énigmes. Après une telle scène, le film perd en force et se retrouve confiner à une simple enquête traditionnelle dans laquelle le vampire remplace le tueur, et la malédiction, la vendetta. En d’autres termes, le film tourne rapidement en rond.

À côté de la perte de l’étrangeté du film, il faut rajouter quelques scènes peu crédibles à tendance surjouer. Shigeru Amachi en fait des tonnes pour pas grand-chose, quand il aperçoit la lune on se retrouve face à une interminable séance de cris, de gestes et d’expressions lourdes. Alors qu’il nous était présenté au début comme un personnage calme, plein d’assurance mais surtout sobre, il se montre dans certaines scènes aux limites du grossier.

The Lady Vampire - 1959 - Nobuo Nakagawa

Histoire abandonnée ?

Lady Vampire n’est pas l’une des grandes réussites de Nobuo Nakagawa. Bien qu’au début du film, il montrait son savoir faire pour placer une atmosphère inquiétante, il semble détruire consciemment son film en lui enlevant un peu plus chaque scène sa crédibilité et son côté étrange, faisant finalement du film une banale enquête disposant d’un cadre original plutôt sympathique. Il y a en effet un long temps mort très explicatif sur la suite des événements qui sera abrégé par la découverte d’un ancien château caché sous terre au milieu de nulle part (?). Mais encore une fois, même dans ces dernières scènes le film se révèle vain et même ridicule. Dommage, le rationalisme n’a rien d’étrange, à l’inverse de l’imaginaire. Et ici, c’est que Nobuo Nakagawa délaisse.

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Publié le 13 juillet 2006
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Publié dans Cinéma Japonais
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