The Silver Fox - 1968 - Hsu Tseng-hung

The Silver Fox - 1968 - Hsu Tseng-hung

En se replaçant dans le contexte, on se souvient du formidable Come Drink With Me réalisé par King Hu en 1966, film qui permet de redonner une jeunesse au Wu Xia Pian (film de sabre). Il pose les bases du genre : une vengeance, des combats et bien sûr une héroïne incarnée qui ici par Cheng Pei Pei âgée de seulement 19 ans. Hsu Tseng-hung, comme beaucoup d’autres réalisateurs, suit l’exemple de cette réussite avec The Silver Fox. En tête d’affiche, une jeune actrice taiwanaise vue d’habitude dans des rôles plus modernes : Lily Ho. Après avoir été une James Bond-girl, une chanteuse de cabaret, elle marche sur les traces de l’Hirondelle d’Or.

L’histoire est assez simple, Wu (Tien Feng) demande à Sima Chau (Huang Chung-hsin), fils de leur maître, de l’aider à voler des livres d’enseignements spéciaux : la main de fer et les griffes du dragon. Malheureusement Sima Chau le dénonce auprès du maître et remanie l’histoire afin d’empirer les choses pour Wu. De l’autre côté, la femme de Wu qui est enceinte, essaye de le raisonner. Au moment où Wu quitte sa maison pour aller s’excuser, le maître et son fils sont déjà arrivés devant chez lui. Suit une scène où Wu est handicapé, le maître tué par Sima Chau, la femme de Wu violée qui décide de se crever les yeux. Néanmoins Wu, bien que gravement blessé au visage et au corps, arrive à s’enfuir avec son jeune bébé. 18 ans plus tard, l’enfant cherchera à se venger et à retrouver sa mère.

Hsu Tseng-hung fait dans la simplicité, son récit se met très rapidement en place, l’introduction est expédiée avec efficacité. Par la suite, il introduit une relation ambiguë entre Silver Fox (Lily Ho) et Hsu Chun Wu (Chang Yi). Cette relation n’est pas vraiment déterminable, on ne sait jamais vraiment si c’est de l’amour ou si c’est au contraire de la haine. D’une scène à l’autre, la place des personnages change, chamboulant tous le romantisme de la scène précédente ou bien toute son adversité.

Cette ambiguïté se retrouve aussi au niveau des deux pères, mais ce point n’est malheureusement pas vraiment exploité par le réalisateur qui se complait dans la représentation assez manichéenne des personnages, ainsi Sima Chau est notre grand méchant de l’histoire et Wu, bien que devenu haineux à mort, est la grande victime. On peut comprendre ce choix en voyant la ligne de conduite du projet, le film joue dans la simplicité et la clarté, ce qui est honorable mais au final vraiment dommageable pour nous.

À ce propos, la scène finale résume parfaitement cette idée, Hsu Tseng-hung nous sert une scène dans laquelle il y a une véritable surenchère du tragique. C’est assez surprenant et ça vaut le détour, j’ai rarement vu autant de coïncidences virer à la pure tragédie. Bien sûr, via ces effets de surenchère, le réalisateur démontre le manichéisme total de cette histoire.

On voit aussi très rapidement les deux techniques du film, la main de fer pour Wu et les griffes du dragon pour Sima Chau. Le premier s’entraîne régulièrement dans sa grotte contre un mur, les empreintes de ses mains sont bien visibles c’est un effet marrant. Sima Chau pratique les griffes du dragon, il l’utilise à 3 ou 4 reprises dans le film, il s’agit en fait d’une lumière verte pointée sur les paumes de ses mains, cette technique permet d’aimanter un individu pour l’empêcher de s’enfuir.

L’autre problème majeur du film, c’est la scène de nuit. Elle semble être tournée en extérieure de nuit et c’est pas vraiment compréhensible, du moins difficilement. Dommage puisque l’on assiste à l’une des quelques scènes montrant notre Silver Fox en action. Ce personnage est d’ailleurs très proche de l’Hirondelle d’Or. On retrouve une habilité martiale étonnante, la renommée d’un nom qui fait penser plutôt à un type d’individu cruel, accompagné d’une révélation incroyable pour les autres personnages puisque c’est une jeune et belle femme.

La principale différence, c’est les combats. King Hu mettait en place des combats proche d’une magnifique danse, ils étaient rapides et gracieux. Hsu Tseng-hung ne fait qu’imiter Chang Cheh dans la forme, les combats ayant subit l’influence japonaise, on retrouve par exemple l’éternelle héroïne contre une masse d’ennemi…

Sans être révolutionnaire, les combats sont sympas, Lily Ho n’est évidemment pas une artiste martiale de base, elle s’en sort plutôt bien.

>Visuellement, le seul problème est donc cette fameuse scène de nuit, le reste est impeccable, il n’y a rien à redire. De l’intérieure des maisons à la grotte repaire semée d’obstacles, c’est génial.

Les personnages secondaires ne sont pas vraiment aboutis, la troupe de Silver Fox est composée de deux hommes, l’un est bouffi : c’est le marrant, l’autre est maigre et porte des séquelles au visage, on ne sait pas grand-chose d’autre. De l’autre côté, la troupe de Sima Chau, on notera les filles qui sont avant tout présente pour leur magnifique beauté, encore une fois ces personnages sont vraiment survolés, on voit simplement leur arrogance. Hsu Tseng-hung fait clairement dans la simplicité.

The Silver Fox - 1968 - Hsu Tseng-hung

The Silver Fox est un wu xia pian mineur, il assurera un bon divertissement sans être pour autant parfait dans le genre. L’intérêt principal du film est à mon avis le couple Lily Ho - Chang Yi jouant au jeu du « tu m’aimes, moi non plus », ce sont les seuls personnages vraiment explorer à travers ce récit. Hsu Tseng-hung nous livre un film jouant parfaitement sur l’efficacité de la simplicité du récit. Pour ma part j’ai passé un très moment devant ce film.

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Posted on 27 March 2006
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In Shaw Brothers
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