The Land Of Many Perfumes - 1968 - Ho Meng Hua

The Land Of Many Perfumes - 1968 - Ho Meng Hua

À première vue il n’existe aucun lien entre la production des années 60 de la Shaw Brothers et Dragon Ball. Pourtant la série Le Roi Singe réalisée par Ho Meng-Hua et Dragon Ball, produit japonais, proviennent tous les deux du célèbre récit chinois Le Roi Singe. The Land of many perfumes est le quatrième épisode de la série du studio Hong-Kongais, Ho Meng-Hua a participé à toutes les réalisations de cette série.

Le Roi Singe (Chow Lung-Cheung), Bajie (Peng Peng) et un autre accompagnent le moine Tang Xuanzhang (Ho Fan) dans son long voyage. Cette fois-ci ils arrivent dans un royaume d’Amazones où la Reine veut à tout prix se marier avec le moine Tang.

The Land Of Many Perfumes - 1968 - Ho Meng Hua

Le générique met en place une animation de personnages cartonnés représentant notre troupe de joyeux lurons. C’est sympathique et on est tout de suite plongé dans l’ambiance féerique du conte. Il est important de bien comprendre la notion de féerie et de fantaisie pour aborder ce film, si on s’attend à un film très sérieux et relativement terre-à-terre on fait fausse route. Non, ici on trouvera des effets spéciaux ultra kitch, des pauvres acteurs portant une tenue ridicule, des incohérences à profusion et un humour fort sympathique.

En 1968, pendant que Jimmy Wang Yu massacre une horde de méchants, Ho Meng-Hua filme un homme singe, un homme cochon, un moine plein d’innocence et un autre moine à moitié chauve. Mais ces personnages sont en harmonie avec l’univers du film, il n’y a pas de décalage entre eux et les autres personnages.

The Land Of Many Perfumes - 1968 - Ho Meng Hua

Cette troupe se retrouve coincée dans un royaume de nymphomanes en devenir, ces belles et ravissantes jeunes femmes ne pensent qu’à ce beau et jeune moine. Il faut dire qu’elles n’ont jamais vu un homme de leur existence et que dès qu’elles apprennent l’arrivée d’homme dans leur royaume il y a une excitation massive, proche de l’hystérie collective.

Pour mettre en place le peu d’intrigue du film, on fait connaissance avec d’autres jeunes femmes, celles là sont démoniaques et veulent tout faire pour perturber le voyage des joyeux moines. Elles se transforment alors en ces moines pour faire croire à la Reine qu’elle aura ce qu’elle désire : un mariage avec le beau moine. Notre bande est piégée au sein de ce royaume, dans l’impossibilité de s’enfuir. Ces femmes mettent aussi des bâtons dans les roues du Roi Singe en complotant avec un homme de passage afin qu’ils prennent possession du royaume du Singe.

En plus de ces horribles méchantes, il y en a deux autres, elles sont particulières. La première est en réalité un serpent, la seconde est un scorpion aussi gros d’un cheval. On ne connaît la raison de leurs actes qu’à la toute fin du film. Je crois que nous avons là un exemple parfait de la création d’intrigues bidon permettant à un film de durer – avec une petite difficulté vers le milieu – 1h22.

Il n’empêche qu’Ho Meng-Hua utilise assez bien les personnages, il développe rapidement mais avec simplicité le caractère de chacun d’eux. Il offre à certains de ses personnages au moins une scène dans laquelle sa personnalité apparaît. On ne doit pas s’attendre à une psychologie hyper travaillée, ça reste du bon cliché, l’effort est tout de même à souligner vu le nombre de personnages. Bajie correspond parfaitement à son apparence, c’est un gros porc qui aimerait bien mettre à profit certaines demoiselles du royaume, le Roi Singe est un homme intègre d’une grande tolérance, le moine Tang est l’innocence incarnée… Au passage, l’acteur incarnant Tang est devenu par la suite un réalisateur de film érotique, en sachant ce point on ne peut que rigoler de le voir dans la tenue d’un moine timide qui ne se laisse à aucun moment tenter par ces magnifiques jeunes femmes totalement ouvertes à une relation. C’est peut-être la frustration de ce rôle qui lui a donné l’envie de tourner quelque chose de plus incisif sur le sujet de la sexualité, qui sait ?

Ce film est d’une débilité absolue, c’est totalement assumé ce qui nous rassure un peu. Il n’y a qu’à repenser aux effets spéciaux pour comprendre à quel point ce film est fou ! Le réalisateur réinvente King Kong à sa sauce, avec Tang au premier plan assistant à un combat entre deux chats projeté sur la toile du second plan, il faut bien se dire que même Kong et son pote le T-Rex ne font pas le poids face à cette vidéo montée d’une façon douteuse.

Il y a aussi ces déplacements instantanés d’un bout à l’autre du décor, c’est la spécialité du Roi Singe. De la même manière, les personnages font souvent apparaître leur arme en tendant fièrement l’un de leur bras et pouf, une arme ! Mais ça c’est encore ce qui est le plus raisonnable et le plus sympathique, car il y a la catégorie poids lourd d’effets spéciaux.

Pour figurer un cercle protecteur ? Une petite animation dessinée. Pour un jet de flamme sortant de la bouche ? Un jet filmé puis coller sur la pellicule, le personnage ayant la bouche ouverte, ça donne un résultat vraiment très chic, d’autant plus qu’il arrive que le jet sorte du nez alors que c’est la bouche qui grande ouverte !

Il arrive que les personnages se transforment en d’autre, pour cet effet il y a le pire comme le meilleur. Le meilleur ressemble au masque de l’Opéra de Pékin, un geste vient cacher pendant quelques secondes la tête du personne et paf, une nouvelle tête ! Le pire c’est le passage d’une femme à l’état d’arbre. Il m’est impossible d’en dire plus tellement c’est incroyable. Si certains effets ne semblent pas avoir vocation à faire rire, d’autres assument pleinement le comique comme quand le Roi Singe volant dans les airs décident d’éteindre un feu en urinant, cela génère une pluie qui a mauvais goût.

The Land Of Many Perfumes - 1968 - Ho Meng Hua

The Land Of Many Perfumes repose essentiellement sur le nombre incroyable de ses effets spéciaux, qu’ils soient kitch ou pas, tout est grossier et bien assumé, ce qui rend à l’écran un résultat génial. En plus d’une variété d’effets, on peut remarquer la richesse visuelle de cet univers. C’est extrêmement colorié collant parfaitement à l’idée d’un conte féerique. Ce film clos malheureusement la folle histoire du Roi Singe, il n’y aura pas d’autre suite produite par la Shaw à ma connaissance. Ho Meng-Hua réalisera par la suite le très bon Lady Hermit ainsi que les incroyables Flying Guillotine et The Mighty Peking Man.

Sans être un chef d’œuvre, The Land Of Many Perfumes est une belle invitation à rentrer dans un monde totalement barjo peuplé de nymphomane et d’homme cochon, les effets spéciaux sont le principal intérêt du film, le reste n’est que très moyen voire assez nul, il y a pourtant quelques idées marrantes mais il faut croire que ce n’est pas suffisant.

Amoureux de la fantaisie assumée ne vous gênez pas, les autres passer votre chemin sous peine de vous ennuyer.

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Posted on 26 March 2006
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In Shaw Brothers
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