Cave Of The Silken Web - 1967 - Ho Meng Hua

The Cave Of Silken Web - 1967 - Ho Meng Hua

La série du Roi Singe, directement adaptée du fameux livre chinois La Pérégrination vers l’Ouest, en est à son troisième opus. Pour Ho Meng Hua, cette série lui donne toujours l’occasion de jouer avec les effets spéciaux délirants et des décors somptueux.

Le voyage de notre quatre amis continue, le Roi Singe (Chow Lung-Cheung), Bajie (Peng Peng), le moine Tang Xuanzhang (Ho Fan) et Sand se retrouvent confrontés à d’horribles aux sorcières araignées de la grotte de la toile de soie.

Pour ouvrir le film, rien de mieux qu’une petite chansonnette chorégraphiée pour nous montrer l’ambiance de cet univers. On découvre ces fameuses sorcières araignées, ce sont de très belles jeunes femmes en tenue assez légère, elles bougent leurs six bras sur une musique entraînante. On pouvait se dire que Ho Meng Hua aurait pu aller jusqu’à infliger à ces femmes de devoir porter ces bras pendant tous le film, après tout il y a bien un homme déguisé en cochon et un autre en singe. Non, c’est une belle manière de nous montrer que ces femmes sont en fait d’horribles sorcières avides de chair fraîche.

The Cave Of Silken Web - 1967 - Ho Meng Hua

The Cave of the Silken Web ne fait pas parti des films jouant sur un scénario complexe, c’est au contraire très simple avec de multiples rebondissements fort sympathiques. Notre timide moine Xuanzhang est capturé par ces femmes, il faut aller le délivrer mais des toiles d’araignées mortelles bloquent le passage. De toute façon, le scénario n’a pas une importance capitale, c’est un honnête prétexte pour faire évoluer les personnages dans cet univers féerique. Oui mais alors ? Alors on se trouve dans l’une des séries les plus barrées de la Shaw Brothers. Cet épisode pourrait d’ailleurs être sous-titré « la guerre des clones ». Il est en effet peu commun à cette époque de voir un personnage faire face à son double !

Mis à part la clone attitude du film, on va retrouver des personnages pouvant voler, beaucoup de transformation en homme ou en arbre, des disparitions et des transportations…Il y a par exemple un changement de décor en direct, on passe d’une grotte à un palais doré pour arriver à une petite ferme toute simple.

The Cave Of Silken Web - 1967 - Ho Meng Hua

Tous ces effets arrivent à compenser largement la simplicité du scénario, ils permettent même de créer des petits rebondissements. Ho Meng Hua est un grand enfant qui prend plaisir à jouer avec ces effets.

Il faut avouer qu’il réussit parfaitement son pari, nombre de transformations aboutissent sur une situation coquasse, on ne sait plus qui est qui et on se laisse duper par le clone, ce qui cause la mort du vrai personnage. Tous les acteurs assurent très bien ces changements de caractère.

Cet énorme jeu bénéficie de type de personnages se prêtant sans problème à ces situations, ils sont sympathiques et portent en eux des valeurs clairement différentes des uns des autres. Le moine Xuanzhang est timide, de par son engagement il ne peut penser à épouser une femme. Le Roi Singe est fidèle, c’est la tête pensante du groupe, il est malin et intelligent et vient toujours aider ses compagnons dans les situations difficiles. Et enfin, l’homme cochon qui comme son physique disgracieux nous le montre est véritable porc obsédé par la gente féminine, il se laisse à chaque fois tromper par les femmes.

En mélangeant ces personnages via les transformations et les clones, on obtient un homme cochon profitant de l’apparence du moine pour tenter ses chances avec l’une des sorcières tandis que le moine reste toujours fidèle à ses idées et ne fait que de prier. Il ne faut pas oublier qu’il a la forme de l’homme cochon.

The Cave Of Silken Web - 1967 - Ho Meng Hua

Quant à nos sorcières, on comprend qu’elles veulent chacune s’emparer du moine pour en abuser toute seule, il n’y a que deux sorcières qui se démarquent du groupe dont celle incarnée par la ravissante Angela Yu. Cette actrice est utilisée dans la plupart de ces films comme un moyen d’érotisme, on la découvre sensuelle, se déshabillant sans problème… Sinon elles n’ont pas de traits de caractères propres, ce sont tout bêtement des méchantes qu’il faut détruire.

À côté de la comédie mise en place avec certains des effets spéciaux, Ho Meng Hua nous offre quelques chansons dignes des grands opéras produits par la Shaw Brothers. C’est une très bonne idée que d’avoir été capable de mélanger des passages type de l’opéra comme la discussion chantée entre deux amants ou alors l’état d’âme d’un personnage, avec la féerie géniale de cet univers. Ce côté opéra se retrouve aussi dans les combats qui sont accompagnés d’une percussion très rapide, donnant un rythme qui camoufle légèrement la mauvaise chorégraphie de la séquence. Qu’importe quand le Roi Singe se bat, il fait trembler ses adversaires !

The Cave Of Silken Web - 1967 - Ho Meng Hua

The Cave of the Silken Web est une bonne surprise délirante qui sera confirmée par sa suite, The Land Of Many Perfumes. Il ne faudra pas s’attendre à une histoire sérieuse pleine de sentiments mais plutôt à une ébauche sympathique de ce que les effets spéciaux peuvent amener de bénéfique à une œuvre. On pourra apprécier aussi de voir notre bande se retrouver encore une fois dans les mains de vilaines femmes qui sont prêtes à tout pour arriver à leur but.

Même si le film tire parfois sur le grotesque, il reste dans son ensemble un bon divertissement avec sa dose de scènes farfelues et comiques et les décors de studios magnifiques toujours aussi bien utilisés.

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Posted on 26 March 2006
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