The Dream of the Red Chamber - 1962 - Yuang Qiufeng

The Dream of the Red Chamber - 1962 - Yuang Qiufeng

La jeune Lin Pai Yu (Betty Loh Tih) est envoyée chez sa grand-mère à la suite de la mort de ses parents. Bao Yu (Yam Kit) en le seul petit fils de la famille des Jiao, il souhaite se marier avec sa cousine Lin, fraîchement arrivée dans la demeure. Mais sa destinée sera tout autre.

The Dream Of The Red Chamber est la première réalisation de Yuan Qiufeng. Pour un début, il doit faire face à l’adaptation d’un des livres les plus connus en Chine. Ce livre date de 1791 et contient pas moins de 120 chapitres abordant les relations entre plus de 40 personnages au sein d’un clan. Autant dire que le pauvre Yuan Quifeng se retrouve avec un mastodonte sur le dos !

The Dream of the Red Chamber - 1962 - Yuang Qiufeng

Heureusement pour lui, en tête d’affiche on retrouve la somptueuse Betty Loh Tih, son visage d’ange mélancolique illumine totalement le film. Elle incarne dans ce film la cousine Lin qui a la malchance de tomber amoureuse de Bao Yu, le seul garçon de la famille.

Si Yuan Quifeng ne peut retranscrire l’intégralité des relations entre les individus, il arrive tout de même à garder un peu moins d’une dizaine de personnages à l’écran qui peuvent rapidement nous embrouiller. Il n’est pas évident de comprendre qui est qui, et qui fait quoi, le tout nage dans un beau bordel. L’entreprise d’adapter un livre pareil révèle quelque peu ses limites pour les non-initiés.

The Dream of the Red Chamber - 1962 - Yuang Qiufeng

D’ailleurs c’est en tant qu’opéra huangmei que le film prend à mon avis toute son ampleur, je me suis laissé envoûter par chaque musique, chaque chant présent dans le film. On peut finir par être enivré par la beauté du travail effectué de ce côté-là. En ce qui me concerne, la partie musicale a sublimé un peu le reste du film, tant que les personnages chantent et explicitent leurs sentiments tout me semble génial ! À ces chants, il ne faut pas oublier les principaux intéressés, Yam Kit mais surtout Betty Loh forment un beau couple. Comme souvent dans ce genre de production, il est rare d’avoir sous la main des personnages sachant maîtriser parfaitement le chant, la Shaw Brothers avait recourt à des doublages, pour ce film on retrouve Carrie Ku Mei accompagnée de la merveilleuse Ivy Ling Po. Les deux voix se complètent très bien, j’ai une préférence pour la doubleuse de Yam Kit qui donne un ton au personnage plus sauvage, essayant au maximum de profiter de sa vie. Point surprenant du film, il y a au final assez peu de scènes qui ne sont pas ponctuées d’une musique en fond, l’ensemble est toujours bercé par des musiques somptueuses.

Betty Loh, actrice au destin tragique tout comme son personnage, reste néanmoins la véritable beauté du film. Lin Pai Yu est une jeune femme mélancolique et fragile, en effet elle est atteinte par une maladie qui l’oblige à prendre quotidiennement des médicaments. Forcément quand elle trouve l’amour, elle oublie la douleur de son passé et la maladie qui la ronge un peu plus chaque jour.

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La relation entre les deux jeunes gens ne peut être parfaite, si ils s’aiment, le jeune homme a tout de même tendance à être maladroit, il ne sait pas faire face à la jalousie excessive de sa cousine. D’autant plus qu’il semble éprouver du plaisir à charmer toutes les femmes de la demeure. Régulièrement il y a donc une explication entre les deux personnages, c’est ces petits moments où chacun croit fort en l’amour qui finiront par amener la séparation. Il n’y a pas de dispute entre eux, mais aussi grande que peut être une demeure, il faut se souvenir que les murs ont des oreilles.

Yuan Qiufeng essaye de travailler les personnages et leurs relations par l’intermédiaire de la naïveté et du manque d’expérience de Bao Yu, on découvre des jalousies entre servantes et entre prétendantes. De même, il arrive à bien rendre compte d’une époque où la grand-mère était respectée de tous, c’était elle le cerveau penseur de la famille. Lors de son anniversaire tous les enfants venaient lui rendre hommage chacun leur tour, le réalisateur n’hésite pas par moment à la placer au centre de l’écran avec ses côtés ses filles l’entourant. Bien évidemment, la place des filles à son importance, les plus âgées sont proches de la vieille femme tandis que les plus jeunes sont au bout de la chaîne.

Les décors du film sont raffinés et d’une extrême richesse. L’ensemble est composé de toutes les couleurs, on obtient un environnement vivant et chaleureux. Plus on avance dans le film, plus ces couleurs se font rares, et quand l’hiver tombe avec la fin tragique, le film se retrouve plongé dans l’obscurité, symbolisant la fuite de toutes espérances possibles.

The Dream of the Red Chamber - 1962 - Yuang Qiufeng

Sans avoir lu le livre, on peut penser qu’il tentait de montrer la futilité des rapports entre les individus, la jalousie et les mensonges sont légions dans ce film, il n’est pas possible pour les deux amoureux de pouvoir vivre leur passion, il faut qu’elle soit régulièrement bousculée par des quiproquos ou des rumeurs. L’endroit dans lequel vit toute cette famille est montré assez souvent par le réalisateur par l’intermédiaire d’une grande maquette, très belle au passage. Cette maison représente un microcosme renvoyant en fait à la société. On ne voit jamais rien de l’extérieur de cette maison sauf au début et au final, comme si ces individus étaient dans une phase d’autosatisfaction, sans jamais avoir besoin de prendre connaissance d’autre chose. Cela pourrait expliquer que les livres lus par Bao Yu ne soient pas tolérés par la grand-mère.

The Dream of the Red Chamber - 1962 - Yuang Qiufeng

The Dream Of The Red Chamber est un opéra huangmei enivrant et somptueux, aussi bien grâce à la beauté des décors qu’à celle de l’actrice principale. La mise en scène de Yuang Qiufeng reste efficace mais le travail d’adaptation montre par moment ses limites en semant quelques confusions, qui peuvent de temps à autres nous faire décrocher du film et créer par conséquent quelques scènes ennuyeuses et un peu longues. Mais dans l’ensemble, The Dream Of The Red Chamber est un délice visuelle et auditif.

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Publié le 17 mars 2006
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Publié dans Shaw Brothers
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