Peu de cinéma coréen dans votre catalogue. Pourquoi ? Est-ce un manque d’intérêt ?
(rires) C’est vrai on a pas sorti énormément de choses. Mais grosso-modo, c’est nous qui avons amené Park Chan Wook en France (rires). Et qui avons essuyé les plâtres sur un film comme Je suis un Cyborg aussi ! C’est aussi nous qui avons amené Kim Jee Woon en France. D’ailleurs on s’est fait piqué le mec par des boites qui avaient plus d’argent. Je pense que la Corée est un territoire sur lequel on travaille, par exemple on s’occupe du prochain film de Nah Hong-jin le réalisateur de The Chaser.
La Corée est un pays qui produit beaucoup de choses et dont je connais peu le cinéma patrimonial, qui de toute façon l’a laissé à l’abandon pendant très longtemps. Et pour le patrimoine Coréen c’est compliqué d’aller retrouver les droits, de faire des restaurations. Mais je pense que sur le cinéma Coréen récent on fait pas mal de choses, regardez les listings…
Par rapport à la production actuelle coréenne, comparé à ce qu’on retrouve en France, il y a un filtrage énorme…
Oui, je comprends, mais quand on est arrivé avec Park Chan-Wook, Kim Jee Woon, Kim Ki Duk… Bon, Kim Ki Duk, c’est surtout Pretty Pictures qui a travaillé dessus, mais à la base, on devait sortir Printemps, Ete, Automne, Hiver. Ces réalisateurs là ne représentaient rien ici ! D’un coup toutes les grosses sociétés se sont mises dessus. Et, c’est vrai, j’en discute beaucoup avec les sociétés coréennes, j’ai du mal à trouver la relève de cette vague là. Les réalisateurs aussi doués que ceux que j’ai cité, il y en a pas tant que ça. Il y avait un mec que j’aimais bien, c’était le réalisateur de Dirty Carnival, que j’avais trouvé plutôt pas mal.
Globalement, je suis assez ami avec les sociétés coréennes pour qu’ils m’envoient pas mal de DVDs des jeunes qu’ils considèrent comme prometteurs. Par exemple, Breathless est un film qu’on a vraiment essayé de faire, qui nous semble avoir un petit potentiel commercial avec un réal qui a beaucoup de talent même s’il est surtout acteur à la base. Mais je trouve qu’il n’y a pas tant de réalisateurs aussi talentueux. De toute façon, je veux pas qu’on soit enfermé dans un seul cinéma, je veux pas que Wild Side soit labellisé ‘spécialiste cinéma asiatique’. On fait pas que ça, moi j’aime le Cinéma. 
Mais c’est vrai que ce qui m’a excité le plus pendant très longtemps, et encore aujourd’hui, c’est les asiatiques. Parce que je trouvais qu’il y avait une energie, une modernité dans le cinéma là, que je retrouvais pas ailleurs. Depuis, on trouve des petites perles comme ça, par exemple le réalisateur danois de Bronson & Guerrier Silencieux est un mec qui m’intéresse beaucoup. On cherche et voit énormément de choses. J’ai malheureusement pas assez de temps pour me déplacer un peu plus sur place, ce qui est quand même le meilleur moyen de sentir tout ça. Mais je crois qu’on écrème pas mal. Évidemment, on est obligé de se dire parfois, “est-ce qu’il y a un marché pour ce film là ou celui-ci ?”. Et bien sûr de temps en temps, je fais une connerie qui me fait plaisir : je vais acheter un truc où je me dis il y a pas de marché, mais je m’en fous, ça me fait plaisir on le fait, c’est pas excessif. Mais j’essaye de limiter ce genre truc car c’est pas très rationnel.
Un coup de cœur perso a déjà été un succès surprise ?
(rires) Le problème c’est que mes coups de cœur sont malheureusement rarement ceux du public ! Moi, mon cinéaste coup de cœur, qui est un des cinéastes les plus gracieux que je connaisse, c’est Pen-Ek Ratanaruang. Quand je fais Vagues Invisibles, je me dis que ce mec est extraordinaire, puis je fais Ploy derrière qui est pour moi son meilleur film, on fait 4 300 entrées en salle. On a une bonne presse, mais c’est 4 300 entrées, c’est 1 500 dvds. C’est des TV qui me disent que c’est trop lent. Moi j’adore le film, super, mais je suis un seul quoi ! Donc, on peut faire ça 1 fois dans l’année, dans la masse ça se verra pas énormément. Mais si on le fait 5 fois dans l’année, ça va se voir. Le soucis est un peu là. 
Sur la Thaïlande, il y a des mecs que j’aime beaucoup aussi en dehors de Pen-Ek. Mais par exemple, quand il commence à déconner et qu’il se met à faire Nymph où à la lecture du script je lui dis que j’ai déjà vu ce film, que ça s’appelait Ploy mais c’était pas dans la jungle. Il me dit “pourquoi tu dis ça ?”, je lui répond qu’il refait le même film, que ça sert à rien ! Mais avec tous ces mecs, on a des contacts super direct, on s’en occupe depuis pas mal de temps. Il y a aussi Wisit Sasanatieng ou un mec comme Kongkiat Komsiri, le réal de Slice qu’on va sortir l’année prochaine qui est vraiment bien, ça va être une surprise ! C’est des mecs qu’on essaye de suivre. Mais c’est un sacré boulot, on bosse avec l’ensemble de l’Asie. Ça fait un paquet de réal à s’occuper ! Donc quand même, je pense qu’au niveau couverture, faut pas oublier qu’il y a pas beaucoup de boites qui font ça. Dans le cas des réalisateurs d’aujourd’hui, il y a très peu de boites qui en ont un tel volume, avec un tel suivi sur l’Asie !
Pour 2010, la cinémathèque française va organiser une rétrospective du réalisateur coréen Lee Man-hee2, dont l’un des films a inspiré Le Bon, La Brute et Le Cinglé. Ce genre d’évenement pourrait éveiller votre curiosité ?
La réponse est oui. J’étais pas au courant ! Maintenant, faut trouver le temps de le faire, c’est tout.
Et sur le patrimoine Thaïlandais ? Je connais pas grand chose…
Moi non plus…
Juste les affiches thaï très colorées… Pourquoi on s’est pas plus intéressé à ce patrimoine ?
La Thaïlande c’est assez bordélique (rires). Je suis pas sûr qu’au niveau du patrimoine, il ait conservé grand chose. Là avec Wisit Sasanatieng, on a fait Red Eagle qui est quand même LE super héros thailandais avec je crois, plus de 226 films réalisés entre le milieu des année 60 jusqu’au années 70. C’est le James Bond Thai. En dehors de ça, je connais pas grand chose, j’ai aussi des livres d’affiches mais c’est pas quelque chose que j’ai creusé. Bizarrement, les réal Thaï en parlent peu ou pas. Alors si même eux ne parlent pas de ce qui s’est fait avant, on se dit que c’est peut-être pas très intéressant ? Enfin je sais rien… On a tout le temps envie de découvrir plein de trucs, mais on peut pas tout faire. Je trouve qu’on en fait déjà tellement ! Ça serait mettre une charge sur les épaules de Wild Side qui serait monstrueuse, de se dire qu’il faudrait qu’on aille creuser tel patrimoine, tel patrimoine… Je pense qu’on a déjà fait beaucoup, et il y a beaucoup d’autres boites à travers le monde qui ont embrayé après qu’on ait relance tel ou tel cinéaste. Donc on verra ce qu’on pourra faire dans le futur, c’est pas quelque chose sur lequel je peux faire une quelconque promesse.
En 2008, une rétrospective cinéma japonais était apparue sur certains plannings³, à l’occasion du 150ème anniversaire des relations franco-japonaises. Mais rien ne s’est fait. Pourquoi ?
Il y avait un truc, mais on nous avait surtout demandé nos copies pour Kurosawa. Il y a Jean Marie Rodon au théâtre du Temple qui fait régulièrement des hommages à Wild Side, tous les 2 ans. On travaille aussi énormement avec la MCJP, puisque Fabrice Arduini est quelqu’un qui nous accompagne depuis des années. Mais non, on a pas fait plus que ça.
En parlant de la MCJP, la rétro Toei 2010 comprendra certains de vos titres ?
Oui, Fabrice [Arduini] nous a demandé pas mal de chose, je crois qu’il y a au moins 8 films. En même temps, c’est un peu incontournable de passer chez nous quand vous voulez faire une rétro lié au Japon. Je crois qu’on a pas loin de 90-100 titres sur le patrimoine japonais, donc c’est quand même pas mal.
En amérique du nord, les films tournent, en ce moment-là c’est House4, c’est un vraiment succès. Le contexte est différent mais pourquoi en France, on voit pas ça plus souvent ?
Il y a deux typologie de sorties aux Etats-Unis, il y a ce qu’ils appellent la platform release, on prend les 4-5 plus grandes villes, et on sort sur un nombre de copies restreintes, et on voit comment ça marche, après on augmente ou on reste au même niveau. Mais sur le patrimoine en fait, c’est juste une sortie dans les grandes villes, pas une platform release. Par contre, il y a des festivals itinérants qui fonctionnent comme ce que vous decrivez. Genre After Dark sur le cinéma fantastique, qui baladent les films à travers les villes universitaires, et au final, effectivement ça fait pas mal d’entrées. 
Moi, ça serait mon rêve de faire ce genre de truc, mais ça marche pas ici ! Chaque fois qu’il y a des essais, tout le monde dit que ça peut pas être comme ça. On est encore, pour l’instant, sur des schémas anciens. Il y a qu’à voir l’exploitation du patrimoine en province, c’est quand même vachement sinistré ! Par exemple à Marseille, il y a 2 cinéma d’art et d’essai pour la 2ème ville de France. C’est pas beaucoup, puis c’est des salles assez pourraves,et petites où les conditions pour apprécier un film sont pas franchement réunies. Partant de ce constat là, c’est un peu compliqué. Donc, non ça fonctionne pas de cette manière là, il arrive évidemment que des sorties se fassent sur 200 copies puis en rajoutent 50 la semaine suivante mais il y a pas ce système très progressif comme aux États-Unis.
Toujours aux Etats-Unis, Magnolia Pictures a proposé pour Ong Bak 2 & Red Cliff en VOD un mois avant la sortie salle. Qu’est-ce que vous pensez de ce modèle5 ?
C’est un truc qui m’intéresse vachement, qu’on a étudié il y assez longtemps mais qui pour l’instant n’est pas autorisé de cette manière là. Je pense qu’il y a un intérêt à partir du moment où la VOD peut toucher pas mal de monde et où on peut exposer le film sur une durée limitée. Comme dans le cas d’une avant-première. Et après si le film est bien ça peut déclencher du buzz. C’est quelque chose qui est totalement jouable un sujet sur lequel on réfléchit beaucoup.
Vous avez eu des problèmes pour distribuer en salle certains de vos films ?
Vous savez, une salle programme les films qu’elle veut, on peut pas l’obliger à prendre tel film. Donc après, c’est au bon vouloir de la salle, du pouvoir de persuasion du distributeur. Comme tous les distributeurs, on a plein de problèmes pour les salles qui prennent pas nos films (rires). Mais, c’est la loi du marché. Quand j’arrive avec Je suis un Cyborg, les mecs voient le film et me disent “mais t’es dingue ou quoi ?”, je demande pourquoi, et ils me répondent “mais attend le film est trop spé, on peut pas le diffuser dans nos salles, personne viendra…”. On se retrouve à faire une sortie avec 3 copies sur Paris. Mais c’est comme ça. Après, c’est le pouvoir économique du distributeur, le line-up derrière que vous avez a proposer. En fait, c’est tous ces arguments, d’éventuels chantages ou poids économique, que vous mettez dans la balance. Quand vous vous appelez Wild Side, votre poids est pas très élevé.

Des regrets, titres préférés & meilleures ventes ?
Les meilleurs ventes, ce sont les plus grosses évidences. Tout Kurosawa, Goyokin, Oldboy, celui-là c’est énorme, il a fait beaucoup plus de dvd que d’entrées salles, on avait fait 150 000 entrées, et en DVD, je crois qu’on est à 250 000/280 000, c’est colossal ! C’est une réputation qui s’est bâtie au fil du temps. Les 2 Crows Zero sont des gros succès. Mon regret énorme, c’est Je suis un Cyborg qui est un film formidable qui n’a pas trouvé son public. C’est Hitokiri qui pour moi est un chef d’œuvre à classer parmi les 20 plus grands films de l’Histoire du Cinéma, mais personne s’en ait aperçu. C’est Thirst, qui pour moi est un énorme regret, je le considère comme le plus grand film de Park Chan Wook et c’est un bide ! Je me dis qu’il y a quelque chose que j’ai mal fait, c’est pas possible, on l’a mal lancé… C’est 50 000 entrées. Maintenant, on va essayer de retourner la chose en DVD.
Il va y avoir une version rallongée ? des infos là dessus ?
Elle fait 17 minutes de plus, et elle développe des personnages qu’on retrouvait beaucoup autour de la table de mah jong sans savoir grand chose de plus. Ce qui a été rajouté, c’est des caractéristiques qui assombrissent le film encore plus, notamment avec ces personnages qui sont difficiles à aimer. Il y a quelques explications supplémentaires sur le rapport entre le vieux prêtre aveugle et le personnage interprète par Song Kang-ho. Je la trouve vraiment bien, mais beaucoup de gens m’ont dit que le film était trop long, mais j’ai pas ressenti ça du tout. Bon après, je suis le distributeur du film, donc est-ce qu’on est impartial ou pas ? Je sais pas. Mais par rapport à ça, je trouvais très drôle de dire, “Bon OK, on sait que vous l’avez trouvé trop long, mais on va sortir la version longue !” (rires). Dans cette version, il y a une séquence que j’aime pas, je vous dirais pas laquelle, qui je trouve est un peu dommage. Sinon, tous les ajouts sont intéressants et apportent vraiment au film je trouve. On va le sortir tard, probablement fin Mai, début Juin 2010. Parce que tous les compléments sont pas prêts, Park Chan Wook n’a pas tout validé. Le film n’est même pas encore sorti en DVD en Corée. Il n’y a qu’une version US, c’est la version cinéma sans rien de plus. Mais on va prendre le temps, il y a beaucoup à refaire, pas mal de copains m’ont dit que l’affiche était à chier….
Ouais, on appelle ça un photoshop disaster (rires), les bras de l’actrice sont trop longs.
(rires) Vous êtes allez regardé jusqu’à ce genre de détails ? J’avais pas fait gaffe. De toute façon, on est entrain de refaire le visuel. On va prendre le temps de faire une édition qui soit à la hauteur de nos autres éditions des films de Park Chan Wook. Pour moi, l’édition de Je suis un Cyborg est formidable, après on pense ce qu’on veut du film. Et là, Thirst, qui pour moi est un chef d’œuvre absolu, je comprends bien le soigner ! Donc dans les regrets, il y a ça, et aussi l’accueil réservé à Tomu Uchida et Eiichi Kudo…

D’ailleurs, Takashi Miike s’occupe du remake des 13 Tueurs, vous pensez que ça peut réveiller un intérêt ?
Non. Ça servira à rien, j’ai proposé de le racheter de toute façon, c’est pas encore fait. Miike fait 5 films par an, ses films n’ont déjà pas d’impact en tant que tel, plein ne sortent pas. Donc s’il fait un remake, l’impact sera mineur je pense.
Toujours dans vos regrets, un film se dégage du lot ?
Hitokiri. C’est incompréhensible, on était tellement content. On s’est fait chier pour l’acheter, un calvaire, il a vraiment fallu remonter la filiale pour être sûr que c’était le bon ayant droit. Il a fallu récupérer le matos, et pour nous, c’était une espèce de Graal de faire Hitokiri. Et quand on a vu l’accueil, on était désespéré. Celui-là, il a fait mal. Mais bon, c’est comme ça. Il existe toujours pas ailleurs en plus ! Mais Gosha, c’est un chantier dont je suis vachement content parce que les collègues d’HK ont fait les autres, ce qui m’a permis à moi en tant que consommateur d’avoir pratiquement la totale (rires) ! Et je suis assez content qu’ils continuent à faire des éditions de patrimoine. Notamment là, le dernier qu’ils ont sorti, la série des Lady Yakuza. Je trouve ça vachement osé. En tant que consommateur, je suis ravi, mais je suis pas sûr que j’aurais été l’éditeur de ces films. Je dis bravo ! Après il y a un peu de tout dans HK, mais il y a toujours une ligne qui tient la route.
Ils vont sortir les Loups bientôt…
Ils ont d’autres trucs qui trainent dans les cartons qui me font bien chier, d’abord parce que je voulais les faire, et puis après en tant que consommateur, j’aimerais bien les avoir. Alors, c’est Les Loups, Nakadai a l’air sympa dedans, et Lady Snowblood dont la seule édition disponible est pas géniale.














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Excellent entretien au constat pessimiste TRÈS lucide.
Dès qu’on sort du confort des schémas familiers et connus, y a plus personne. La découverte (aussi grande soit-elle) n’intéresse pas.
Ploy est en effet un grand film, mais trop singulier, sans action, pas bankable…
Triste…
Merci pour cette entretien, tant pour ces questions pertinentes que les réponses qui donne vraiment le ton.
Je suis très étonné tout d’abord en voyant les chiffres. On comprend bien que I’m a Cyborg ne puisse pas faire plus de 3 salles sur Paris (et je l’avais vu avant d’aller payer ma place de ciné) mais je ne comprends pas pourquoi, face au refus des complex cinéma, s’entêter à le diffuser tout de même ? Il y a vraiment quelque chose à y gagner sur si peu de projections ? Je veux dire que même si c’est un coup de coeur (et pour moi le premier) on voit bien que le potentiel du film n’est pas vraiment son exploitation commerciale, surtout en connaissant les habitudes ronchonnes/elitiste/hautaine françaises (rayer la mention inutile). Du coup pourquoi prendre ce risque ? En se basant juste sur le nom du réalisateur ? ce qui serait, si c’est le cas, utiliser les mêmes techniques commerciales tant décriées dans l’interview vis à vis des journalistes de la presse écrite, bien que je comprenne tout à fait l’engoument autour ce titre.
Après, je sais que c’est un sujet épineux en cette période de transition, mais j’ai du mal à suivre la politique commerciale de Wild Side entre le DVD et le Bluray. D’abord, je tenais à les remercier sincèrement d’avoir casser les codes du design boitier bluray en plaçant des alternatives colorées et surtout de vrais packaging qui donnent envie de mettre des euros en plus. Pourtant les prix ne sont guères plus chers. Je comprends tout à fait (au vu des chiffres cités encore une fois) qu’un Old Boy s’est déjà correctement rentabilisé, cependant à côté on nous propose un dvd de la collection Roman Porno pratiquement au même prix et qui visiblement s’adresse à une niche encore plus restreinte, voir plus riche (entre 600 et 800€ pour la collection sur un an et demi, prix consommateur, il faut prévoir l’effort pour le fan). Pourquoi ne pas avoir tenter, du moins dans un premier temps, l’expérience de la VOD quitte à tenter un buzz et offrir par concours des séances pour mettre en confiance les acheteurs potentiels tout en ratissant les curieux ?
Si je me pose ces questions, c’est parce que je me sens proche de la ligne éditoriale de Wild Side. J’ai pu profiter il y a quelque temps via le service de presse d’un prêt de deux titres de la collection Les Introuvables dont Hitokiri (que j’ai acheté immédiatement après – encore merci Michael) qui m’a ouvert sur ces films patrimoines, pour reprendre l’expression, dont j’ignorais tout. Et c’est à mon sens l’avantage intraseque de la VOD, en plus de sa potentiel application à la lutte contre le piratage. Enfin si son prix correspond au prix d’une location dans le système classique (2-3€), mais ça dépend évidement des offres (durée etc…) Finalement, ma confiance n’est pas totalement aveugle, car si j’attends d’avoir l’occasion de voir à moindre frais un des films de la collection Roman Porno avant de me décider, je prévois déjà d’acheter la nouvelle édition bluray de la 36e Chambre pour découvrir la Shaw et poursuivre sur la VOD si l’essai est transformé. Voilà, c’était juste un avis de consommateur intéressé.
C’était vraiment très intéressant.
En tant que gros consommateur de DVD en général et pas mal de chez Wild Side. Je voulais faire quelques remarques.
Pour la Shaw Brothers, avec 60 titres sortis en France (WS+CTV) personne ne peut suivre, tant au niveau des achats que du visionnage, à moins de tout laisser tomber à côté. Perso, j’ai attendu qu’un bon paquet de titres soient soldés pour les acheter. Ce sera sans doute pareil avec les Romans Pornos. Ensuite pour l’échec des dernières salves SB, la lassitude est certaine, mais les choix éditoriaux étaient un peu hasardeux. Vouloir sortir “tout” Chang Cheh, je ne vois pas trop l’intérêt. Beaucoup de ses films sont identiques (Vengeance = Duel Sauvage par ex.), et pourtant vous n’avez rien sorti qui sorte du lot comme ses derniers films avec les Venoms (Sword Stained With Royal Blood ou Crippled Avenger). Surtout pour faire ça au détriment de plein d’autres choses comme les films délirants des 80′s (Shaolin Intruders de Tang Chia… un bon inédit pour le Blu Ray?). C’était génail de sortir 46 titres, mais ils n’étaient vraiment pas tous du même niveau.
Concernant les choix éditoriaux, les coups de coeurs c’est sympa, ça fait même plaisir de voir que les éditeurs ne pensent pas qu’au pognon. Mais Hitokiri, quelque soit sa valeur, il reste un chambarra parmi tant d’autres aux yeux des consommateurs (sont dispos sur le marché : les Kurosawa, pas mal de Misumi et tous les Baby Cart, les Gosha édités chez HKV plus quelques Introuvables) à moins d’être un gros fan du genre, qui allait mettre 20€ dans ce film, aussi bon soit-il? Je ne m’en plains pas, mais ça ne m’étonne pas que ça ait fait un flop.
Enfin, concernant le Blu Ray, j’attends vraiment des inédits pour m’y mettre. Surtout concernant une collection comme les Introuvables, maitenant qu’on a pu les découvrir, pas trop envie de les revoir si vite, même avec une qualité très supérieure. Avec 150 DVD en retard composés à 95% de films jamais vus, je ne vais pas me mettre à racheter Django, Le Sabre du Mal ou Old Boy en BR.
Voilà, j’espère que vous continuerez tout de même dans la même direction et je cours m’acheter The Offence…
Bon je veux applaudir le boulot fait par wild side et en même temps faire une petite critique constructive
“46 titres sur 5 ans”… tout est dit, c’est insoutenable sauf pour une petite partie de cinephage particulièrement fan du genre…. Par ailleurs, ce qui sort chez Wilde Side et en général dans les bacs et (rarement en salle) témoigne d’un fort tropisme très français pour disons 2 types de films. Ça manque d’héclectisme pour un omnivore comme moi; une grosse partie de la production asiatique n’est pas représentée et je me morfond de ne pas pouvoir aller en salle pour voir certains films que je peux choper en DVD super mal masterisé voire, ouais, sur des plateformes de partage.
Enfin une ligne éditoriale ça se questionne pas non plus, je fais états de mes regrets. Bonne chance pour la suite, lachez pas.
Ha par ailleurs j’ai enfin compris pourquoi c’est de plus en plus pourrie l’édition DVD au japon (et de toute façon bien trop cher, mieux vaut attendre une éventuelle sortie coréenne ou thaï)
Moi en tout cas je soutiens wild side à fond, grace à vous j’ai découvert un nombre incroyable de vieux films japonais dont certains sont de véritables chefs-d’oeuvres, j’ai passé d’excellent moments devant tous ces films.Le vrai plus c’est la qualité, perso je ne suis pas fan des films trouvés sur le net c’est bien en attendant mais le rendu n’ y est pas, je préfère de loin faire tourner le business en achetant mes films (surtout au prix proposé ,10- 15 euros ca va faut être honnete!).Pour finir j’espère vraiment que vous allez continuer à nous sortir de nouveaux films anciens ( lol) il y en a encore tellement à voir.Merci et bonne continuation à toute l’équipe de wild side.
Excellent entretien. Merci !
Entretiens toujours très intéressants avec Manuel Chiche. Il semble avoir plus que jamais abandonné la langue de bois (si tant est que le laisser-aller verbal soit gage de vérité…). Merci.
(Et je plussoie le commentaire ci-dessus estimant que 20 € pour chaque titre de la prochaine collection roman porno, c’est trop. Surtout compte tenu de la roulette russe qualitative que ça semble être, un peu comme avec les Shaw.)
Excellent entretien, en effet… Et bravo au site Wildgrounds, qui fait vraiment un boulot passionnant… D’ailleurs, simple curiosité, combien êtes-vous ?
C’est toujours intéressant que des gros sites qui en ont les moyens ne prennent pas le temps d’aller interviewer plus d’éditeurs DVD, alors que c’est un webzine comme le vôtre qui y va non pas pour le boulot mais par passion…
Félicitations encore !
Je cite:”Après, c’est le pouvoir économique du distributeur, le line-up derrière que vous avez a proposer. En fait, c’est tous ces arguments, d’éventuels chantages ou poids économique, que vous mettez dans la balance. Quand vous vous appelez Wild Side, votre poids est pas très élevé.”
Nan mais faut arrêter de déconner un peu… vous marchez qu’au chantage. Votre poids n’est pas élevé certes à travers l’ensemble des exploitants mais quand un petit cinéma vous propose de faire une rétro en rapport avec quelques films de votre catalogue… vous êtes les premiers à les bazarder.. parce que justement c’est un petit cinéma et que personne n’y ira.. alors y’a un moment où il faut peut être fermé sa bouche au lieu de se plaindre.
Précision; ce 14/12, j’ai supprimé un court passage sur le ‘Phénomène Paranormal Activity’ à la demande de Wild Side Video.
Juste quand on salue la non-langue de bois, voilà que Wild Side s’autocensure. Dommage.
Vive Twilight, 2012 et Lucky Luke…
C’est en refusant la compromission et en allant à contre-courant que votre boîte gagnera des fans.
En gros, il vient de t’arriver ce qui s’est aussi passé avec DVDRama sur leur review du coffret de Baby Cart (effacé pour donner place à une critique qui caresse l’éditeur dans le sens du poil).
Je n’ai qu’une chose à dire : BRAVO les gars !
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