Speed Racer, chronique d’un film "con"

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Speed Racer, chronique d'un film

Speed Racer figure parmi les flops de l’année 2008. Et en général, le film a été vivement critiqué pour son parti visuel “moche”, pour sa stupidité. Pourtant…

… Pourtant, Speed Racer est sans problème l’un des films les plus intelligents, les mieux écrits et plus ambitieux de cette année 2008. Si visuellement le film a donc dégouté beaucoup de spectateurs, il reste surprenant de le voir être qualifié de film “con”, “stupide”, “vide, “vain”…

Déjà, parce qu’il lui faut à peine 10 minutes pour parvenir à nous présenter les principaux personnages, leurs rapports entre eux, leurs histoires, leurs problèmes… sans aucun temps mort. Voilà qu’en 10 petites minutes, l’histoire est déjà parfaitement posée. Niveau efficacité, c’est pas mal, non ?

Speed Racer, chronique d'un film
Speed, t’es vraiment trop con

Par exemple, la séquence à l’école. En plus de découvrir le petit Speed Racer, sa future copine, on nous prépare aux visuels des courses via une petite animation marrante reliant une BD à l’imaginaire et donc au rêve. Ce qui a aussi pour fonction, entre autres, de nous expliquer à quel point Speed Racer aime les courses de voiture. Qu’il appartient déjà à ce monde vivant, dynamique… sans limite ?

Dans une séquence suivante, son Guide… enfin son grand-frère, lui explique les bases du pilotage automobile, par opposition à la conduite. Il lui dit de ressentir la voiture, de la connaître et parle même d’un pilote qui a terminé une course les yeux fermés. C’est vrai, c’est con et naïf. Parce qu’en fait, ce qu’on explique à Speed Racer c’est comment perdre la forme pour connaître l’essentiel. Faire 1 avec son véhicule – soit une analogie directe à la maîtrise du corps du Héros.

Ça, c’est à peine 10 minutes du film. Il y a des gens qui passent leur vie entière à discuter de ce simple point amené comme si de rien n’était au détour d’une apparente relation banale entre frères.

Sachant que la course finale fait directement écho à ce point – attention spoilers – lorsque Speed parvient à faire redémarrer sa voiture d’une façon instinctive. C’est à ce moment précis, qu’il gagne la course. Parce qu’ensuite, il est invincible, il n’a plus peur, et sait ce qu’il doit faire. Et bien sûr, à la fin de la course, il a atteint l’illumination, l’unité (c’est visuellement évident). C’est un Héros. D’ailleurs, on prend soin de nous dire que l’on entre dans une “nouvelle ère” – ce qui est bien la “mission” d’un héros, renouveler le monde. Fin des spoilers.

Il est clair que le film possède de nombreux autres détails “cons” (le jeu des couleurs rouge/bleu, les enjeux narratifs via mise en scène/montage, place des personnages…). Reste à savoir, si Speed Racer est tellement “stupide”, alors comment qualifier 90% des films produits… ?

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1 Epikt December 20, 2008 at 3:53 pm

Pas d’accord.

Enfin, je suis d’accord sur le gros du fond. A savoir que ce film est très bon, un des plus intéressants de l’année même, et qu’il est probable qu’un peu comme Matrix il soit une date dans l’évolution du cinéma “d’action/grand spectacle/whatever” (à moins qu’il ne soit un peu trop en avance et que les autres loupent le coche ?), voir même dans le cinéma tout court. Enfin bref…
Très intelligent et audacieux d’un point de vue narratif (la première scène avec sa narration parallèle) même si c’est surtout vrai à petite échelle le déroulé du récit étant à l’échelle du film très classique (ce que tu soulignes, rappel de l’enseignement du frère pour vaincre, c’est de l’usé jusqu’à la corde) ; une production design exceptionnelle (en particulier dans son ambiance rétro-ultrafuturiste), malheureusement sabotée par une photographie fadasse (quand on sait que David Tattersall est coupable de celle de la prélogie Starwars on ne doute pas que le choix a été une erreur) ; une mise en scène hyper ludique avec tout plein de choses dedans… j’y suis même retourné avec bonheur.

Par contre “un des films les plus intelligents, les mieux écrits et plus ambitieux de cette année 2008“, non. Oui, mais non.
Sur le “mieux écrit”, je l’ai déjà évoqué, c’est surtout au niveau des scènes elles-mêmes, car sinon il est écrit comme un gros blockbuster de base.
Quand à “ambitieux”, si je reconnais une évidente ambition visuelle et formelle (ce qui manque à 97,457% des films, donc on ne peut que le saluer), en sortant de la salle j’ai justement été extrêmement frustré par le manque d’ambition des Wachos sur ce film. En fait ils donnent des bâtons pour se faire battre, les “antis” ayant sansl ‘avoir vu déjà préparé leur discours comme quoi c’est un film divertissant et zoli (ça ce sont des “antis” pas très radicaux, ces derniers le qualifient de “croute numérique” !) mais absolument crétin, ils ne font rien pour les contredire : au contraire, ils se vautrent dans les travers les plus honteux du blockbuster familial (le plus évident étant l’insupportable duo de side-kicks comiques). Alors le spectateur, entre deux moments de jubilation, passe son temps à se cogner la tête contre le mur en se demandant “mais pourquooiiii ?”.
Matrix, en plus de son ambition visuelle, était ambitieux dans ses thèmes et leur traitement. Entre autre il brassait tout un fatras de références philosophiques, sans doute intégrées de manière un brin foutrac et désordonnées, mais parfaitement cohérentes avec le monde construit et les thèmes évoqués. Ce que ne fait pas Speed Racer qui se contente de livrer un spectacle certes grandiose mais ras du front. Petits joueurs ^^

2 Michael December 20, 2008 at 4:27 pm

En terme de cohérence et de simplicité, Speed Racer est un modèle de spectacle côtoyant le domaine de la meta-physique (un truc usée qui fait parler les plus grands philosophes depuis près de 5000 ans et interpelle des milliers d’hommes sur eux-mêmes depuis tout autant de temps).

Que le spectateur décide d’admettre seulement l’apparence du spectacle quand le récit prend une forme cohérente à tous les niveaux de la mise en scène au point de faire passer les éléments les plus essentiels, les plus compliqués comme si de rien n’était… En effet, c’est bas du front :’(

C’est comme se contenter de regarder un bon plan sans jamais le goûter, c’est triste !

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