
Devant un film de sabre, vous avez déjà dû être étonné du savoir-faire des acteurs, et du réalisme des scènes de combat. Mais comment font-ils ?
La réponse est donnée par Ryuji Kikuchi, à la tête d’une école de Tate-Do, où il y enseigne l’art de la chorégraphie du combat au sabre.
Du théâtre à Kurosawa, les bases d’un combat sont toujours les mêmes :
Le sabre levé au dessus de la tête, vous attaquez. Votre adversaire, les jambes légèrement pliées amènent son sabre horizontalement au niveau de votre ventre à mesure que vous avancez. Il fait attention à bien faire glisser le sabre, et non à pousser comme avec une batte de baseball.
À ce moment-là, il faut CRIER.
Ensuite, vous vous recroquevillez, le bras sur votre estomac, et CRIEZ encore une fois.
Votre adversaire rentre rapidement son sabre dans son fourreau, attaché à sa ceinture. Puis, vous tombez par terre. Vous êtes mort.
“Le point le plus important, c’est le cri.” dit Kikuchi “Le timing est vital, et le cri doit venir du plus profond des entrailles. C’est aussi bon pour la santé, ça permet d’évacuer le stress.”
Ryuji Kikuchi est entré comme cascadeur au studio de la Nikkatsu, il y a 40 ans. Il a travaillé sur de nombreux films comme Kagero (Gosha) ou Violent Cop (Kitano). C’est avec Masahiro Makino, fils du pionnier du cinéma japonais, qu’il a appris les chorégraphies. Puis entraîné les acteurs, en devant faire avec des calendriers de tournage toujours très serrés.
Aujourd’hui, il regrette le manque de consistance dans l’art actuel. Notamment avec les ordinateurs et les effets spéciaux utilisés pour les scènes de combat. Kikuchi cite en exemple le film Shinobi.
“Avant, les histoires s’interessaient à l’humanité, les relations humaines étaient le point primordial. Maintenant tout est superficiel, ils ont perdu ce qui était le plus important – ce qui est à l’intérieur des hommes”.
Quelques exemples de chorégraphie en vidéo :
(Filmée au Toei Uzumasa Movie Village)
Il y avait eu un reportage avec des entrainements, et quelques ralentis pour montrer la précision et le danger des chorégraphies. Sachant que les accidents sont très courants. Malheureusement, je n’ai pas réussi à retrouver la vidéo.
Source : Tokyo Reporter













