Black Belt – 2007 – Shunichi Nagasaki

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Black Belt - 2007 - Shunichi Nagasaki

La noble philosophie du Karaté….

En 1932, un maître enseigne le karaté à ses 3 élèves, mais sa soudaine mort l’empêche de désigner l’héritier du dojo. Les élèves poursuivent la voie séparément pour comprendre l’enseignement de leur maître.

Black Belt - 2007 - Shunichi Nagasaki

L’éveil d’un Japon
Dans un Japon se félicitant de sa politique expansionniste, il existe, à l’écart du monde, un dojo où le Karaté régule la vie de 3 élèves, sous le regard attentif de leur maître. L’Art martial s’imprime d’emblée à l’image, avec l’entraînement et ses mouvements répétitifs en pleine nature, les élèves sont en harmonie. Situation trop belle, brisée par l’arrivée d’une police militaire, dont l’attitude s’oppose parfaitement avec les karatékas. Bruits de pas répétitifs cassant le silence de la nature et comportements hautains, arrogants et déshumanisants. Si l’Art élève les hommes, la police militaire les mécanise. C’est bien là l’enjeu du film, l’Art est-il une simple technique, ou un éveil spirituel ?

Black Belt - 2007 - Shunichi Nagasaki

L’essence du Karaté
D’un style très épuré, le réalisateur Shunichi Nagasaki nous montre une pratique martiale sobre, rapide et efficace. Dès les premières minutes, via l’entraînement puis un duel, il interroge directement les hommes et leur Art sans chercher la superficialité, la surenchère d’une scène de combat. Évidemment, sur les 3 élèves, 2 ont une considération bien différente parfaitement exprimée au travers du premier duel. L’un est porté par sa technique pour mieux écraser ses adversaires quand l’autre utilise sa technique pour se défendre. Une différence que le film va creuser, nuancer, poussant les hommes à réfléchir. Véritable quête spirituelle rendue plus difficile avec la disparition du maître… Quelle est l’essence de son enseignement ?

Black Belt - 2007 - Shunichi Nagasaki

La quête du passage
Le contexte d’époque se fond autour de ces quêtes individuelles, l’élève attaquant s’enferme dans son arrogance, dans le besoin d’écraser les autres. Il participe consciemment aux petites affaires louches d’un commandant véreux, qui sous prétexte du patriotisme, cherche à s’enrichir personnellement. De l’autre côté, l’élève défenseur reste plus terre-à-terre, essayant d’abandonner son Art par incompréhension de ses tragiques conséquences, c’est naturellement qu’il se retrouve du côté des plus faibles, des victimes de cette société corrompue. Et le troisième élève ? Handicapé, il fait office d’arbitre, position difficile puisqu’il doit affronter l’arrogance de l’un, et la peur de l’autre.

Black Belt - 2007 - Shunichi Nagasaki

La voie martiale
Mais dans tous les cas, le réalisateur s’en tient aux élèves, le cheminement de chacun est le cœur du film. Les rencontres et péripéties secondaires sont plus là pour accompagner les élèves, pour remettre en question leur croyances. Devenus orphelins, chacun doit continuer d’interroger la voie, et forcément l’un va se complaire dans un monde vicieux quand l’autre ignore une connaissance qui pourrait aider des gens. Il y a une balance, et même dans les pires situations, les hommes gardent cette étincelle noble. Le réalisateur s’intéresse avant tout à son récit, épuré, d’une quête vers la sagesse.

Black Belt - 2007 - Shunichi Nagasaki

Combat de maîtres
Tous les combats sont rapides et précis, à l’exception du final. Bien qu’un poil trop long, ce dernier est passé en noir et blanc comme pour mieux revenir à l’essence la plus simple des interrogations de ces hommes. Encore élèves, ils portent un kimono clair rapidement dégueulassé par la boue. Les belles postures font place à la fatigue, à une lutte dans la boue. Ainsi, qu’importe la voie choisie par ces hommes et leurs erreurs, ils se retrouvent au même niveau, complètement tâchés par la peur, l’arrogance pour finalement découvrir la noblesse de leur Art. Après tout, comme le maître l’a dit, la couleur noire ne devient jamais sale, elle garde son unité.

Black Belt est une belle surprise, révélant avec simplicité l’humble noblesse du Karaté. À découvrir !

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{ 2 comments… read them below or add one }

1 Guillaume August 5, 2008 at 12:05 pm

on m’a dressé un tableau peu idyllique du film. Quand il est passé à Deauville, je n’avais pas un super pressentiment; et les échos que j’avais eu à l’epoque m’ont conforté dans ma premiere idée. Et puis à franchement parler, les films de karate et moi…..

2 Carth August 5, 2008 at 7:35 pm

Un film effectivement très moyen.

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