
Vous devez tous connaître Le Sabre du mal ? C’est l’adaptation la plus célèbre du roman “Le passage du Grand Bouddha”… Mais saviez-vous qu’il y avait d’autres adaptations ? Au moins 2 (par Uchida & Misumi) !
Tous les connaisseurs ont en mémoire le rônin joué par Tatsuya Nakadai ?
Je vous propose donc de voir comment chaque adaptation introduit ce personnage si particulier. Commençons par la 1ère version signée Tomu Uchida :

D’abord, revenons sur le générique d’ouverture, une fresque peinte représentant l’au-delà et les Enfers bouddhistes. Point important du générique, le mouvement. La caméra commence sur l’au-delà pour ensuite descendre tout doucement jusqu’aux Enfers. Manière évidente de nous prévenir du spectacle à venir, un voyage à travers l’horreur humaine, transcendant toutes les frontières (morales, sociales… Personne n’y échappe).

Enfin quand le film s’ouvre, c’est sur un paysage montagneux et forestier, ciel dégagé (plutôt clair). Tout de suite, Uchida reprend le même principe du générique, c’est-à-dire utiliser le mouvement. Ainsi, la caméra balaye le paysage vers la gauche et s’arrête sur le Mont Fuji et son manteau neigeux. Cette pureté rappelle aisément celle de l’au-delà.

Via un fondu enchaîné, la pierre indiquant l’endroit (Le Passage du Grand Bouddha) prend la place du Mont Fuji. Remarquez que l’on passe d’une Montagne à un simple “pic”. La caméra reprend son balayage, mais cette fois-ci vers la droite. Un mouvement plus court, un ciel nuageux, et un homme tenant son chapeau sur fond d’une pente forestière. Le mouvement reprend lorsque l’homme tourne sa tête vers des pèlerins, la caméra est en adéquation avec l’homme, elle devient son regard. En toute logique, elle s’arrête sur les pèlerins.

Étonnés, ils regardent quelque chose sur leur gauche… Un insert nous informe qu’il s’agit du Mont Fuji. Donc du symbole de pureté. Donc de la pureté des pèlerins. Et qu’est-ce qui s’oppose à la pureté, au Mont Fuji ? La pierre, les Enfers… qu’Uchida a lié au ronin. Juste grâce à un fondu enchaîné et des mouvements opposés (haut, bas, gauche, droite… Il y a comme une idée d’unité, peut-être ?).

Le Passage du Grand Bouddha prend alors une valeur hautement symbolique, ni plus ni moins que la fresque présentée durant le générique. Le rônin maléfique ne sera-t-il pas le juge des Enfers, qui devenu trop ambitieux serait venu attaqué les esprits les plus purs ? Un homme aveuglé par sa fonction, son pouvoir au point de troubler l’ordre Divin ?

(et notez le dernier plan, fixe, qui reprend la configuration inversée de la présentation du rônin, à savoir poteau à gauche, chemin emprunté par le rônin vers la droite… Le “malheur” s’est imposé et va se répandre ailleurs, impossible d’y échapper)
Tomu Uchida signe une scène rapide, précise et claire, suffisante pour ancrer la tragédie à venir. Ses confrères compliqueront un petit peu la tâche lors des futures adaptations, allant bien plus à l’essentiel du récit…
La suite avec la version de Kenji Misumi
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(Si ça c’est pas une belle introduction !!)












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De mémoire j’ai retenu 13 adaptations de l’histoire au cinéma, dont la premiere datant de 1912 et une d’Hiroshi Inagaki
Oui il y a des histoires comme ça qui reviennent souvent !
Bon ben je comptais parler du Uchida, on verra si j’ai le temps… pas ce week end en tous cas. Je connais aussi la Inagaki et la Misumi, pour le reste je vois pas. ça fait juste 9 après tout !
Démarche intéressante et originale en tous cas, bravo. On pourrait faire la même chose avec bien des épisodes de l’histoire de Chine repris par la Shaw, mais ça serait encore plus compliqué !
Comme Carcharoth, c’est une bonne idée j’adore ce genre d’article. Bon puis le film se trouve dans ma whish-list. Par contre je me souviens pas du tout du film de Misumi, ah si j’avais pas trop aimé l’acteur principal… Vite vite la suite !