Souls in the moonlight – 1957 – Tomu Uchida

# Cinéma Japonais2 Comments

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

L’adaptation du Passage du Grand Bouddha par Tomu Uchida

L’histoire de Tsukue Ryunosuke, ronin maléfique qui sème le mal partout où il passe.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

En quête de grande production, le studio de la Toei s’intéresse au roman-fleuve Daibosatsu tôge. Déjà adapté par le passé, mais jamais avec autant de moyen, le studio vise gros, en faire une trilogie. C’est Tomu Uchida qui se charge de la réalisation, et sous sa direction les acteurs Chiezo Kataoka et Kinnosuke Nakamura, soit le vétéran et la nouvelle vedette. Un cocktail gagnant pour le studio, récompensé par un jolie succès qui donnera des idées aux autres studios… La Daiei avec Misumi, et la Toho avec Okamoto, manque de chance pour ce dernier, ce sera un échec au Japon.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

Et si une simple action pouvait sceller la destinée d’une multitude de personnages ? C’est de cette manière que se construit Souls in the moonlight, tout commence par l’impitoyable assassinat d’un vieillard par un ronin maléfique. La suite est donc un effet boule de neige impliquant différents acteurs, une tragédie humaine. Pour Tomu Uchida, il s’agit de nous emmener au plus profond des Enfers, d’aborder différentes facettes de la nature humaine, d’en voir ses conséquences et ses maux.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

Indifférent et maléfique, le ronin est littéralement possédé par le mal. Sa lame inspire la peur à tous ses adversaires, et l’homme ne craint pas de tuer. Il n’a aucune considération pour les humains, ces êtres cherchant la pitié pour mieux s’imposer. Il ne connaît même pas la signification du mot “humanité”, et encore moins “responsabilité”. Il se base principalement sur son sabre, et son aura malfaisante. Un personnage distant et étrange, porté par un Chiezo Kataoka sobre et classe.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

Autour de lui, divers autres personnages qui subissent un triste sort. Il y a cette femme d’un adversaire tué lors d’un duel, il y a le frère de cet adversaire qui cherche sa vengeance, la jeune femme qui a perdu son grand-père est sans cesse utilisée par autrui… De quoi composer un univers cohérent mais jamais transcendé par Tomu Uchida. La tragédie est en place mais dès l’instant que l’histoire est connue, l’adaptation perd en puissance et en surprise.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

Le film dispose de superbes décors en studio bien exploités par l’oeil attentif de Uchida pour faire évoluer son récit. La réalisation de ce volet est soignée, et offre de très belles scènes démontrant le savoir-faire de Uchida. Ainsi, une simple scène de dialogue dévoile une chorégraphie intéressante entre les positionnements des personnages et les mouvements de caméra, le tout assure un découpage presque en directe. C’est clairement l’atout de ce volet.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

Néanmoins, le récit du film reste classique. Certains choix peuvent d’ailleurs surprendre le spectateur qui aurait découvert l’histoire par le volet de Okamoto. L’attaque de la forêt, ou encore le massacre de l’auberge, ne ressortent pas autant. D’ailleurs, c’est simple, le passage de l’auberge se résume à une belle séquence où le ronin se bat contre ses démons. Puis ellipse. Uchida semble s’en tenir à l’adaptation simple sans dégager particulièrement les instants forts de son histoire.

Souls in the moonlight - 1957 - Tomu Uchida

Adaptation académique, ponctuée par quelques combats (non sanglants, le réalisme en prend dans l’aile), dans l’ensemble Souls in the moonlight ne surprend pas. Uchida est dans une phase pépère malgré de nombreuses idées de mise en scène, mais jamais il n’interpelle ses personnages et leurs choix comme le fera magnifiquement Okamoto quelques années plus tard. Ici, Uchida se limite à son récit, sans pouvoir interroger l’homme, ses valeurs et son époque. Une mise en bouche plutôt calme, attendons de voir la suite ?

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1 Guillaume June 9, 2008 at 6:40 pm

Je te trouve un peu dur. CLairement pas au niveau d’un Sword of Doom (mais à part Tenchu! quel film peut rivaliser?)mais ca reste une adaptation bien dans l’air de l’époque. Comme tu le dis, c’est pepère. Mais moi j’aime bien cet ambiance désuette où rien n’est mis en avant, mais où rien ne décoit particulierement.

2 Michael June 9, 2008 at 7:00 pm

Dans l’ensemble, c’est un film correct, comme tu dis il y a cette ambiance particulière du studio avec les couleurs, les décors, les acteurs.

Mais, là je vois adaptation, je vois Uchida, je pense directement à son futur Musashi. Qui pour le coup essaye vraiment de bousculer le matériel de base, et offre un angle intéressant sur le mythe.

Je m’attendais à retrouver une approche dans le même genre. Là Uchida assure son film sans passion particulière (en sachant que même sur Musashi il aura des contraintes – voir le 5ème opus horrible de niaiserie).

J’ai hâte de voir la suite, le dernier quart d’heure est pas mal (peut-être justement parce que c’est un passage de l’histoire que j’avais oublié). Ça permettra de mettre le film en relation la version de Misumi.

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