Zatoichi 5 : On the Road – 1963 – Kimiyoshi Yasuda

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Zatoichi 5 : On the Road - 1963 - Kimiyoshi Yasuda

À la réalisation, Kimiyoshi Yasuda l’artisan remplace Tokuzo Tanaka. Cet épisode va se rapprocher plus d’une sorte de répétition des situations précédentes que d’un véritable approfondissement du personnage de Zatoichi et de ses doutes. On n’apprendra pas grand-chose de nouveau à part quelques détails quant à son handicape, on pourra donc constater comme souvent son honnêteté et sa sincérité, ainsi qu’une forme d’amertume qui contraste fortement sa joie.

L’histoire

Zatoichi se retrouve pris entre deux clans qui veulent se détruire. L’un des clans fait appel au masseur en espérant qu’il puisse venir en aide. Mais sur son chemin, Ichi va rencontrer des hommes de main du clan ennemi, faire d’une veuve une de ses ennemis mais surtout accomplir la requête d’un mourant. Il doit en effet amener une fille d’une riche famille de marchands à Edo, tâche qu’il prend très au sérieux.

Zatoichi 5 : On the Road - 1963 - Kimiyoshi Yasuda

Petite pause ?

Dès l’ouverture on peut comprendre que l’épisode n’essayera pas de surprendre, de provoquer le personnage mais bien plus d’offrir une simple histoire avec ses rebondissements faisant vivre Ichi en jouant avec des sentiments développés dans les anciens épisodes. Difficile de penser autrement quand les premières images du film replace un Ichi moqueur imposant son talent lors d’une séance de jeu en coupant une bougie en deux. L’ouverture est rapide et efficace comme s’il y avait le désir de stabiliser un personnage qui vient de subir une tempête ayant considérablement perturbé ses sentiments et ses certitudes.

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Zatoichi fait son Zatoichi

Pour l’heure, son périple continue et il va plus que jamais mettre son handicape à profit pour obtenir quelques faveurs intéressantes comme un voyage tout frais compris. Ichi arrive parfaitement à jouer le naïf malin pour se sortir de certaines situations, on le verra par exemple lorsqu’il ira récupérer la jeune fille retenue prisonnière dans les locaux d’une entreprise de transport. Il fait preuve d’une nuance mettant mal à l’aise les voyants, la naïveté pour son handicape et la crainte pour sa maîtrise du sabre.

Quelque part, cet état d’esprit est tout à fait compréhensible puisqu’il subit sans arrêt les moqueries et le mépris des voyants. Quant à son problème, sur les chemins il n’est pas rare que les gens rigolent ouvertement de lui en le pointant du doigt. Il devient une sorte d’attraction réduite à un statut misérable, tournée en dérision pour le plaisir des autres. Pire qu’un clown ambulant, il est un aveugle un peu roublard. Ce comportement est aussi la suite logique de ce qu’il a pu vivre, avec la mise en doute de la confiance qu’il accorde très facilement sur ses seuls instincts. Dans ce film, il ne va plus se fier qu’à quelques personnes et jouer volontiers avec les autres, dont les chefs yakuzas maîtres chanteurs avides d’un pouvoir vain.

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L’humanité de l’aveugle

D’abord il y a la jeune femme qu’il prend sous son aile afin de respecter la dernière volonté d’un mourant. Cette relation prend de l’intérêt puisqu’elle rappelle à Ichi son comportement avec les jeunes filles, il a en effet tendance à tomber plus ou moins amoureux d’elles. Mais il essaye de garder une distance avec elle jusqu’à ce que ses sentiments, du moins son intérêt pour elle, apparaissent plus clairement lors d’une scène où la jeune femme se laisse manipuler et embarquer dans un piège. Il se montre alors sévère et la gronde pour ne pas avoir respecté la confiance de l’homme, et on sait bien que Ichi ne rigole pas avec ce genre de sentiment qu’il considère comme plus important que n’importe quel somme d’argent.

Le respect et la confiance font partis des rares points qu’il arrive à voir. Des points qui dévoilent l’humanité des individus quand la plupart se complaisent dans l’hypocrisie et la manipulation. Ce sont des sentiments qui sont censés prouver la part de pureté sincère des hommes, et pour l’aveugle ils représentent aussi un support le connectant directement au monde extérieur comme si ces individus de confiance devenaient d’une certaine façon ses yeux.

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Les femmes objets

De par ses origines sociales, la jeune femme naïve et fragile devient simplement un objet désiré par des hommes, non pas pour sa beauté, mais pour une éventuelle récompense. Une belle manière de faire chanter la famille et de ramasser une coquette somme d’argent. Apparemment le seul homme qui arrive à voir en-elle une magnifique jeune femme attirante, c’est Ichi, un aveugle. Paradoxe des individus égoïstes vivant pour et par l’argent qui ne sont même plus capable de percevoir la féminité, l’attirance et la beauté du sexe opposé, comme quoi ce sont bien des bêtes sans règles. Dans cette histoire, nous découvrons tout de même une autre femme qui se révèle être le portrait inverse parfait de la jeune femme.

Pour commencer, c’était la femme d’un samouraï servant un clan et des intérêts débiles, elle est aussi plus mature et moins rêveuse que la jeune. Mais en devenant veuve, elle perpétue pendant un temps le désir de vengeance et compte clairement déjouer Zatoichi, le responsable de la mort d’un mari qu’elle ne semble pourtant pas vraiment respecté, pour preuve elle se contente de prendre l’argent du cadavre en disant une phrase cynique à souhait, mais réalité, il n’aura définitivement plus besoin des quelques pièces. Nous avons à faire à une femme manipulatrice qui sait comment parvenir à ses fins, sans prendre en compte les êtres qu’elle est susceptible de bousculer. L’égoïsme d’une vengeance lui suffit, elle ne se rend pas compte du cadeau offert par Ichi, sa liberté de femme retrouvée.

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L’homme, fidèle à lui-même

Finalement nous arrivons aux hommes composant les clans ennemis qui souhaitent s’affronter dans un combat mortel. Ichi se trouve dans une situation yojimbesque, allant d’un clan à l’autre sans prendre parti. Mais plus que la perte d’humanité ou le ridicule de la situation, car en effet les raisons de la lutte ne seront jamais explicitées, on peut penser à une simple volonté d’écraser d’une façon primitive son ennemi. Il y a la lâcheté. Elle se traduit par un chantage affectif où une jeune femme pure est utilisée comme appât pour mieux soumettre Ichi à l’obligation de combattre pour l’un des deux clans.

Et tant bien même que ces porcs agissent aussi misérablement, ils trouvent la force de parler d’honneur, de respect du code. Ichi prend à contre-pied les attentes d’une lutte aussi vaine, puisqu’elle ne servira à rien si ce n’est à asseoir le pouvoir d’une bête qui sera un jour ou l’autre remis en cause par un nouvel opposant, schéma classique du cercle vicieux du pouvoir. Lui l’aveugle, le criminel, le tueur affirme sa liberté d’homme en ridiculisant les deux parties et leurs causes, faisant goûter sa lame à ces hommes cloisonnés dans la voie de la déchéance inavouée.

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Conclusion

Cet épisode est de bonne facture, mêlant sans soucis une intrigue étirée dont les points font presque tous l’objet d’un approfondissement pour finalement aboutir à un massacre simple et limpide. Ce qui fait qu’on se trouve devant aussi bien du dialogue plaçant les personnages et les problèmes auxquels ils sont confrontés, que de nombreuses scènes d’action parfois totalement inattendues qui viennent rythmer le récit.

D’ailleurs, Ichi est capable d’être plus subtile que de sortir grossièrement sa lame pour faire plier ses ennemis, donnant lieu à un passage comique venant détruire des personnages qui se faisaient passer pour de fortes têtes et qui s’avèrent faibles face au savoir-faire de l’aveugle. Sans chercher à transcender le personnage, le film parvient à utiliser proprement l’image apportée par les épisodes précédents du masseur roublard qui doit faire face à son sort, impossible d’aimer ou de se reconvertir, il continue son errance, attirent toujours autant des hommes corrompus.

Note =

***Extrait

[Video]


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