L’homme qui ne vécut que pour aimer – 1961 – Yasuzo Masumura

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L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

L’aventure comique d’un Candide ou l’optimiste au pays des samouraïs. Passionné par les femmes, un homme parcourt tout le Japon, se laissant guider par le hasard des rencontres. Sur son chemin, son regard trouve toujours une belle femme à suivre, l’homme ne tient jamais compte des différences sociales. Et s’il croise toutes les difficultés imaginables et les évènements tragiques possibles, par chance il en ressort à chaque fois indemne. Rien n’arrête son amour des femmes.

L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

Fils d’un riche notable, il passe son temps à traîner dans les bordels où il enchaîne promesse sur promesse à chacune des femmes qu’il fréquente. Il ne perd jamais l’occasion d’aimer les femmes, aussitôt seul qu’il trouve une autre de ces créatures divines et ainsi de suite. La chaîne ne s’arrête jamais, l’homme ne veut faire qu’aimer. Mais cette vie ne plaît pas à ses parents qui espèrent le voir reprendre la tête de l’entreprise familiale, se marier à une fille de bonne famille. En fait, être un homme responsable vivant dans la réalité.

L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

Dès qu’il a un peu d’argent, il part retrouver une femme. Pour lui, l’argent ne sert qu’à être dépensé d’une façon ou d’une autre, autant se faire plaisir. Il n’a pas conscience des règles de la société, il ne cherche ni à se construire un avenir, ni une réputation, il veut simplement vivre son amour. Vision naïve de la vie qui fatigue ses parents, ils finissent par le renier. Les ressources familiales lui échappent, il quitte son milieu bourgeois pour se faire moine. Une vocation à l’opposé de ses désirs, il reprendra la route en quête d’amour.

L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

Dans sa société, les hommes ne vivent que pour l’argent. Ils sont soumis au système féodal et ne peuvent aller à son encontre sous peine d’être froidement exécutés. Absolument tout dans cette société tourne autour de l’argent. Chaque rapport n’est qu’une question d’argent. Même les mariages servent à unir le capital financier des familles. Cette société ne s’intéresse pas aux sentiments des individus, elle impose des valeurs plus importantes, enfermant ces onces d’humanité. Le bonheur, c’est avant tout d’être riche.

L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

À tous les niveaux, la femme est considérée comme une marchandise. Elle n’a rien d’un être humain. Pour combler des dettes, les hommes vendent les femmes à un bordel où d’autres hommes viennent payer pour passer une nuit d’amour. Pour gagner en prestige, les hommes offrent leurs filles en mariage à une bonne famille sans tenir compte de leurs sentiments. Les plus pauvres violent les femmes de passage ou finissent par les rejeter. Finalement, quand elles sont trop vieilles, elles sont pratiquement abandonnées.

L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

Le code moral des samouraïs n’échappe pas à la vision mercantile des rapports. D’ailleurs, ces hommes ne sont que les esclaves des plus puissants, ils servent à protéger les intérêts. Les samouraïs oubliés, ceux qui regrettent le temps des grandes batailles, vivent dans la pauvreté et ne servent plus à rien. Leurs lames sont rouillées, ils n’ont plus aucune tenue et boivent pour passer le temps. Le code n’est qu’une farce qui sert à nourrir les ventres vides. D’autres appliquent avec rigueur cet esprit d’honneur, ils sont ridicules mais font tout pour se faire remarquer par les plus riches. Il y a toujours l’occasion de trouver du travail.

L'homme qui ne vécut que pour aimer - 1961 - Yasuzo Masumura

Durant son périple, ce Candide japonais constate l’emprise de l’argent sur les hommes. Partout où il se rend, les hommes sont régulés par ce besoin devenu primaire. Même la religion est détournée, une nonne prostituée demandera une somme d’argent à l’homme un peu trop excité. Quand son père sera à l’agonie, sa maison sera remplie de commerçants cherchant à proposer leurs services, il n’y a pas de respect pour la personne malade. Et les seules victimes de cette société, ce sont des femmes, qu’importe le statut social. Les femmes sont des personnages tragiques qui doivent mourir après avoir connues temporairement un bonheur pur. Elles n’y résistent pas, obligeant ce candide à quitter le pays vers un ailleurs plus chaleureux.

***Extrait

La bonne humeur en prison

Infos

- L’homme qui ne vécut que pour aimer; A lustful man (Koshoku ichidai otoko, 好色一代男).
- Avec Raizô Ichikawa, Ayako Wakao, Tamao Nakamura… (IMDb)
- Disponibilité : DVD Z3 STA (Intercontinental Video)

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