Extrait de la première scène de L’Obsédé en plein jour :
Découpage précis de l’obsession bientôt meurtrière dans un espace clos (prison), dominé en douceur par l’homme. De son regard, il examine l’endroit et le corps de la femme. De sa force, il s’impose, contrôle l’unique sortie et ordonne. Puis de sa présence, il inquiète la femme qui le dévisage même de haut en bas comme pour mieux réaliser son problème (la surprise).
Nagisa Oshima utilise le regard de ses personnages pour faire passer la tension. À noter vers 1:20min le silence temporaire qui vient appuyer le regard de l’obsédé qui scrute l’extérieur (le danger devient réel). Et aussi l’apparition tardive d’un vrai dialogue (1:26min, une question), jusque là tous ce qu’entreprend la femme est interrompu (les gammes, la lessive, la porte, la surprise), elle est passive et soumise.
Regardez aussi la position des personnages, l’homme (Kei Sato) occupe l’espace de la porte quand la femme est coincée à l’intérieur de la pièce (le plan de la 1:22min), impression renforcée par la suite avec les gros plans sur le visage de la femme et les barreaux en arrière plan. De même, c’est l’homme qui impose la marche à suivre, il s’assoit et ordonne sans que la femme s’y oppose (par la suite, elle devient enfin active en allant cherche de l’eau, une action au service de l’homme).
Dès le début, Oshima filme le fantasme obsessionnel de cet homme, pas seulement via ses multiples découpages sur les différentes parties du corps de la femme mais aussi par rapport au bruit. C’est une situation qui mousse, le rapport sexuel n’est pas très loin. Sans le savoir, cette femme heureuse de chanter comble le désir du voyeur, elle exprime sa “joie mousseuse” sous les yeux de l’intrus. Mais l’obsession ne peut s’arrêter, l’homme va briser la distance, va s’affirmer par la force (même s’il parait complètement à la ramasse).
Aka Violence At High Noon (Hakuchu no torima, 白昼の通り魔)












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