
Un couple est fait prisonnier par un groupe d’hommes et de femmes qui ont comme mission de les torturer dans un champ désert, loin de toutes formes de vie. Dans cet endroit mort, le groupe de tortionnaires dispose d’une tente et d’une croix en bois pour satisfaire leurs désirs. Pouvoir crucifier et dominer aussi bien sexuellement que violemment des otages qui ne comprennent rien du tout. Et cela, en toute liberté. Du moins tant que le couple reste impuissant. L’environnement semble trop vaste pour être contrôlé par cette bande de joyeux bouffons.

Le film se place dans la continuité de la Vierge violée cherche étudiant révolté avec ses amants s’étant jetés du toit d’un immeuble. Ici, les amants ne sont pas morts écrasés sur la route, ils ont été intercepté par un groupe qui les emmène loin de la ville. Wakamatsu quitte l’étroitesse d’un immeuble et des rues urbaines pour s’essayer à un vaste champ en pleine nature. Le seul repère visible de l’endroit, c’est cette croix en bois. Sans ça, les hommes sont perdus au milieu de nulle part. Mais attention, il n’y a aucune idée de rédemption, c’est plutôt l’inverse. Ces hommes imposent à la nature le symbole de leur perversion et de leur folie.

Même dans la nature, les hommes restent voyeurs. Alors que le couple a les yeux bandés et est attaché, ils sont délaissés à deux reprises dans un coin. Seuls, ils commencent à se toucher sans savoir au début qu’ils se connaissent. Sans savoir non plus qu’ils sont observés en silence par leurs tortionnaires qui finissent par intervenir pour amplifier l’humiliation. En fait, même ce groupe est sous observation. À quelques kilomètres, il y a un chef mafieux et ses hommes qui les regardent. En ville ou en nature, les hommes savent s’affranchir des barrières pour écouter et voir ce que les autres font. D’ailleurs, ce chef possède un puissant fusil à la distance de tir presque infinie. Ce n’est pas que de l’espionnage pervers, c’est un maintien sous contrôle. Les hommes sont comme des lapins.

Le couple va être séparé, d’un côté la femme se retrouve accrochée sur la croix, de l’autre l’homme doit satisfaire les désirs sexuels des femmes du groupe sous la tente. Le problème, c’est que cet homme se libère. Il ne peut pas rester enfermer, et s’évade discrètement de l’humble tente. Il va être le seul personnage à oser se libérer totalement, non seulement il est nu ou presque (en chemisette) mais il traverse à pied ce large champ. Là où les autres n’ont aucune initiative, ils se déplacent en voiture et ne s’éloignent jamais trop loin à pied de la croix. C’est en cela que l’homme est différent, il n’appartient pas à un groupe. Aux yeux des autres, il en devient démoniaque.

Lors de son évasion, l’homme va courir aussi loin et vite que possible. Tellement que ses tortionnaires vont abandonner et le laisser filer. Il se retrouve seul et perdu dans un environnement mort. Il a beau courir, il n’y a absolument rien à l’horizon, juste le même décor tout autour de lui. Trop fatigué, il prendra un temps de repos durant lequel il va faire un rêve symbolique. Il se voit libre avec sa femme en plein amour, sauf qu’une queue apparaît ! Contradiction entre sa nouvelle liberté et son ancien statut de vulgaire chien. Sa longue marche l’amènera dans le camp du chef, où bizarrement tout se passe très facilement. Il n’y a pas de rejet vis-à-vis de l’intrus habillé en chemisette. On lui donne à manger, de quoi se chauffer et même de quoi s’amuser avec les deux seules femmes du camp. Sans rien lui demander, à croire que les hommes l’accueillent comme le messie.

Après cette petite pause, l’homme repart chercher sa femme. Désormais il est regardé comme un monstre, les anciens tortionnaires ont peur. Ce retournement de situation fait apparaître la lâcheté de ce groupe d’hommes qui vont tous finir par être exécuté par ce démon vengeur. Pourtant, ils n’ont pas tué sa femme, c’est lui le véritable meurtrier de son amour. Alors pourquoi tuer ces hommes ? Pour ce qu’ils représentent. Ce groupe n’existe que pour humilier les gens et les dominer, ils ne savent rien faire d’autres. Tout comme ce chef un peu bizarre qui se prend en photo avec des cadavres. Pire même, puisque lui garde un souvenir de l’horreur.

À tous les niveaux de l’histoire, les hommes se comportent comme des animaux sauvages imposant aux plus faibles des obligations atroces. Cet environnement désert met à nu la réalité de ces hommes. Ils n’ont plus aucune protection pour se défendre face à l’homme libre, icône démoniaque, le véritable bourreau de l’affaire. Celui qui massacre et brûle l’hypocrisie d’un système grâce à sa violence retrouvée.













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