The Strike Of The Jaguma – 1961 – Kiyoaki Akimoto

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The Strike Of The Jaguma - 1961 - Kiyoaki Akimoto

King Kong au pays des samouraïs

Un groupe de voleurs, plus connu sous le nom des Jaguma, pille et enlève des jeunes femmes. Ces hommes portent un masque de démon afin d’effrayer au mieux leurs victimes. Lassé, le seigneur de la région dans laquelle les Jaguma agissent, décide d’ordonner une enquête, confiée à Juzaemon Iwami, sur l’idée du conseiller du clan. Evidemment tout cela cache un nid de traites préparant un renversement du seigneur.

Un samouraï et ses esclaves (amis)

Pendant ce temps-là, Jutaro, le second fils de Juzaemon Iwami, revient d’un long périple commencé suite à une discorde avec son père. Ce jeune samouraï se révèle être le grand héros du film portant toutes les bonnes valeurs en lui. C’est donc un homme droit, maniant parfaitement son sabre et charmant toutes les jeunes femmes qui l’entourent. Il est incarné par l’acteur Kotaro Satomi, un jeune et bel éphèbe un peu coincé du visage. Mais qu’importe, on lui demande de plaire et de tuer les méchants, sans oublier de se reconcilier avec son père ce qui lui permettra d’achever sa rédemption. En tant que héros de l’histoire, il est accompagné par ses fidèles camarades des quartiers pauvres, ne rêvant que de gloire, ou presque. L’un est un petit nerveux qui se met toujours en avant, vantant les mérites de son arme, il ne fait d’arrière pas grand-chose d’autres… si il l’utilisera à deux reprises. L’autre est un homme simple qui à défaut de sentir la pourriture de son quartier, met son nez au service de la justice, la vraie, l’unique. Nous voilà donc avec nos trois gus, trois gros clichés ambulants au service d’une histoire banale, le héros, le vantard et l’homme chien. C’est véridique.

The Strike Of The Jaguma - 1961 - Kiyoaki Akimoto

Une histoire simple

Autour ce Jutaro, nous retrouvons les belles femmes, celles qui sont attirés par son charme d’huître. Il y a d’abord la fille du seigneur, ils ont passé leur enfance ensemble à jouer sur le sable fin et à courir, rigoler, profiter de la vie. Cette jeune femme est bien sûr ravissante et désirée par d’autres hommes, mais dans son cœur on voit bien que le héros reste premier sur la liste. Puis, il y a l’autre jeune femme, tout aussi ravissante, cumulons les clichés sans en avoir peur pourrait dire l’humble scénariste. C’est une femme plus sauvage venant de la rue, elle tombe toujours au bon moment. Malheureusement sa beauté n’arrive pas à cacher sa véritable face, en effet on comprend très rapidement son implication dans l’affaire des Jaguma. Une femme sans passé, sans vie, cultivant son mystère, ne peut qu’être très louche à nos yeux d’honnêtes spectateurs.

The Strike Of The Jaguma - 1961 - Kiyoaki Akimoto

King kong et les 40 voleurs

L’origine de cette histoire est tout aussi surprenante que ces quelques personnages. Les fameux Jaguma, aux masques de démons, sont pris par la population locale comme des êtres surnaturels utilisant une magie extraordinaire, un peu de fumigène et des pétards. Les masques de démons effraient les victimes, on ne comptera pas le nombre de pauvres femmes criant désespérément à l’aide à la vue d’un de ces horribles méchants. De ce qui semblait être surnaturel, on comprend qu’il ne s’agit là que de simples bandits, oui des êtres humains, ni plus ni moins. Parmis ces voleurs, on retrouve une bizarrerie loufoque, un gorille blanc sous amphétamines. Ce n’est pas un homme déguisé bêtement en gorille, portant fièrement le costume magnifique de l’honorable yéti aux poils blancs. On ne sait pas trop pourquoi les scénaristes ont eu l’idée d’inclure la présence d’un vrai gorille dans cette troupe de voleur. Non, définitivement pas de personnage sous ce déguisement, un simple cascadeur anonyme servant la cause d’une histoire banale.

The Strike Of The Jaguma - 1961 - Kiyoaki Akimoto

Tout à une logique !

Oui, c’était oublier que dans cette histoire tout est lié. Pourquoi un conseiller choisi une pauvre et faible victime pour enquêter, si ce n’est en sachant pertinemment que l’homme n’arrivera jamais à mettre son nez dans ses affaires. En même temps, fallait être sacrément fort pour deviner la présence d’un homme chien (?). Ce conseiller ne fait donc que de défendre sa cause et ses deux autres camarades. L’un est le maître d’armes du clan, l’autre est un riche commerçant parcourant le monde pour ramener des bizarreries étrangères. Et voilà qu’on trouve finalement la réponse au gorille blanc ! Il a ramené de son dernier périple des fusils qu’il compte mettre au service du plan horrible et insoupçonnable. Le second trio de l’histoire est moins extravagant et plus convenu, un renard, un maître et un commerçant.

The Strike Of The Jaguma - 1961 - Kiyoaki Akimoto

Une histoire sans fin ?

The Strike Of The Jaguma ne dispose pas d’une durée suffisante pour espérer transcender les clichés qu’il véhicule. De toute façon, le film ne semble pas avoir autre ambition que de servir une histoire divertissante dont les enjeux sont rapidement envoyés. Divertissante ne rime pas forcément avec banalité tant le sujet se voit venir dès le premier quart d’heure de film ne laissant que des personnages sans reflets animés l’histoire. Néanmoins, les scénaristes semblaient vraiment croire au potentiel du film au point d’imaginer une éventuelle suite, suggérée par la fin ouverte montrant le départ de Jutaro à la chasse des fuyards du complot. De plus, certains aspects du film laissent perplexe, l’homme chien renifleur et le gorille blanc ne peuvent espérer apparaître au détour d’un plan sans déclencher en nous un bon rire. Et bien qu’il y ait la présence de quelques combats, rien n’y fait pour relever le niveau, même le choix du noir et blanc est anodin au possible. Rien de surprenant au final, rien d’éclatant non plus. King Kong was here.

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