Shadow Hunters II : Echo of Destiny – 1972 – Toshio Masuda

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Shadow Hunters II : Echo of Destiny - 1972 - Toshio Masuda

Continuant dans la même direction que le premier épisode, nous retrouvons nos trois cavaliers de l’apocalypse pour une nouvelle mission, tout aussi simpliste et inintéressante que lors de la première aventure. L’idée reste donc de nous offrir des combats sanglants et des personnages cruels et impitoyables naviguant dans une société corrompue par un pouvoir désirant détruire les clans et s’approprier leurs richesses. Le pitch de départ ne change pas, tout comme nos trois valeureux rônins renégats.

Les Mercenaires

Ces hommes ont tourné le dos à un passé effroyable, ayant vécu directement les horreurs imposées par le pouvoir, ils se sont unis et engager à défendre les clans les plus faibles du pays, luttant par les armes jusqu’à la mort. Le leader du groupe est Jubei non pas pour son charisme et sa réflexion, mais simplement parce que l’acteur Yûjirô Ishihara est la vedette, qui révèle rapidement ses limites quant à son interprétation du rôle principale. Jubei n’a pas plus de charisme et d’expressions qu’une huître, on l’aime surtout pour son manque d’émotions, sa froideur permanente qui cache ses douleurs. De ses deux acolytes, seul Sunlight arrive à se distinguer de par son caractère joyeux et son attrait pour les femmes. Moonlight est plus renfermé, on notera d’ailleurs que sa belle brûlure grossière a laissé place à une cicatrice moins visible, l’homme n’est pas très bavard et assume sa cruauté.

Shadow Hunters II : Echo of Destiny - 1972 - Toshio Masuda

L’histoire, permettant de justifier les morts et les quelques faux émois sentimentaux, nous plonge dans une lutte d’honneur, un clan vient de perdre son plus cher trésor, un magnifique canon datant de plus de 150 ans. Le problème ne serait rien si un émissaire du pouvoir n’avait pas annoncé sa volonté de venir admirer le trésor. Le clan décide alors de faire fabriquer un nouveau canon, même si les lois interdisent aux clans la construction d’armes à feu, il faut être capable de se montrer digne. De l’autre côté, les ninjas des services secrets sont envoyés pour essayer de détruire le clan en prouvant l’existence de cette action illégale. C’est pourquoi les chasseurs sont envoyés en mission, transporter le nouveau canon jusqu’à bon port.

Shadow Hunters II : Echo of Destiny - 1972 - Toshio Masuda

Comme sur des rails !

Le générique nous permet de nous remettre dans l’ambiance folle du film, nous parcourons les restes d’un massacre dirigé par nos chasseurs, il y a du sang sur les murs, des morts, tout cela sur une petite balade jouée à la guitare. Sympathique, dit-on ? Le problème c’est que très vite le film se montre dans l’incapacité de renouveler les idées du premier épisode, on se retrouve dans un schéma fermé de répétitions de scènes déjà vues, comme les dragues de Sunlight voire même les combats interminables. Le réalisateur semble avoir compris le ridicule des nombreuses chevauchées puisqu’il ne répète pas la même erreur, ou du moins pas dans la même proportion. En fait, il les remplace par des passages où les sentiments des individus ressortent, Jubei se voit par exemple fortement intéressé par la fille du forgeron qui le renvoie à sa propre expérience, mais son tempérament le retiendra un minimum il refusera toutes aventures alors que la femme s’est littéralement offerte à lui. Certains auraient de quoi être jaloux.

Comme souvent chez les anti-heros torturés, on retrouve le lourd poids d’une destinée tragique qui les confronte régulièrement à eux-mêmes. À côté de la femme, il y a un petit enfant mignon qui apporte un brin d’humour avant d’être abattu, devenant ainsi un élément tragique de l’histoire. Voilà, c’est ce qu’il arrive à apporter de neuf à cette suite, de la lourdeur en puissance. Si la formule d’un premier épisode honnête sans être pour autant brillant fonctionne c’est en partie parce qu’il y a un côté second degré, peut-être contre voulu, au niveau des personnages et de leurs missions qui permet au final de ne laisser que quelques petites minutes de sentiments inutiles. Ces chasseurs sont des ordures décomplexés et sans illusions quant à la société et ses enjeux, ils ne sont pas là pour douter d’eux mais pour renverser les objectifs d’un pouvoir sans âme.

Shadow Hunters II : Echo of Destiny - 1972 - Toshio Masuda

Les rois de l’exploitation

D’ailleurs on peut se surprendre à trouver des détails complètement débiles dans le scénario. Ainsi des personnages débarquent sans le moindre soupçon, tuent et puis disparaissent. On peut commencer par les femmes qui sont le plus souvent des espions camouflés qui peuvent mener à bien la mission sans aucune difficulté. Où sont passés nos chasseurs expérimentés ? Apparemment ils n’ont pas perdu que leurs émotions, ils semblent avoir des problèmes de vue.

L’Adieu

Cette suite réchauffée apparaît comme un prétexte pour remettre en scène un trio essoufflé et vidé par la première aventure. Mise à part l’introduction des personnages, chacun étant pris au piège par des ninjas disposant de techniques incroyables, le film est décevant et sans surprises, au-delà d’un spectacle déjà vu, il n’y qu’aventures vaines et lourdes. La chevauchée magique et folle est définitivement terminée.

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