The Thief In Black – 1964 – Umetsugu Inoue

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The Thief In Black - 1964 - Umetsugu Inoue

Avant d’être appelé par Run Run Shaw et d’apporter son savoir-faire au sein du studio Hong Kongais, Umetsugu Inoue s’était montré comme un honnête artisan de la Toei. Bien avant les comédies musicales exploitant les actrices royales de la Shaw Brothers, il mettait en scène des ninjas, des complots et rebellions de l’ombre aux premières années du Shogunat Tokugawa dans une ambiance toujours amicale.

The Thief In Black - 1964 - Umetsugu Inoue

Un voleur, surnommé par défaut le voleur en noir bouscule la nouvelle capitale en s’attaquant à des résidences des proches du pouvoir. Il devient rapidement une idole pour la population pauvre de la ville qui se fait exploiter par le régime. De l’autre côté, Jiro Tachibana un proche du Shogun, fervent défenseur du pouvoir, voit les manipulations de petits seigneurs agir contre la population. La nuit, il change de masque et devient un voleur au service des pauvres, accompagnant sans le vouloir la troupe du voleur en noir qui se révèle provenir d’une famille déchue par les Tokugawa. Une drôle de coïncidence va alors apparaître.

Vindicte populaire ?

Des pauvres soumis à un riche pouvoir sourd, un voleur sorti de nulle part et un ras le bol général ? L’image de Robin des bois n’est pas loin. Pourtant le film va doucement se sortir de cette simple référence pour arriver à l’histoire d’une famille explosée. En effet, Jiro Tachibana ressemble comme deux gouttes d’eau au fameux voleur en noir, ce qui nous amènera à quelques scènes délirantes riche en confusion. Néanmoins avant d’atteindre ce point de l’histoire, le film s’attarde longuement sur le contexte difficile de l’époque. Des paysans sont exploités comme ouvriers pour construire une bâtisse qui fera la réputation du régime pour les siècles à venir, les plans du chantier devant rester secrets, les humbles chef ouvriers vont être condamnés à mort, chose que les ouvriers vont mal prendre et s’essayer à la révolte, aidés par ces fameux voleurs.

Ninjas en folie !

Si l’histoire peut paraître incisive, il n’en est pourtant rien, le film reste dans un ton comique sympathique sans oser donner de l’ampleur à son message qui n’est en fait ni plus ni moins qu’un prétexte pour ancrer et donner un minimum d’enjeux aux personnages, très loin des brumeux chambaras noirs. C’est dans les portraits des individus proches du pouvoir que l’humour se met en place, comme le moine brisant officieusement son vœu de chasteté en faisant la cour à une magnifique jeune femme, via des lettres d’amour et ses tentatives de séduction. Les hommes chargés de l’enquête des vols sont tous plus ridicules les uns que les autres, de véritables faibles s’arrêtant volontiers au bordel du coin en quête d’informations. Mais c’est particulièrement Hattori Hanzo qui se montre comme définitivement un usurpateur de pouvoir. L’homme se dit ninja, maîtrisant l’art, mais n’est qu’un menteur très vite mis au pied du mur lorsque des ninjas le défient. Sans parler du Shogun en personne qui n’est qu’un homme colérique se prenant au sérieux alors qu’il se fait berner par la réputation de ses hommes. Le regard prête forcément à sourire en voyant ces nombreuses situations sympathiques, la comédie n’atteindra jamais un regard ironique sur ces hommes de pouvoir, préférant une ambiance bon enfant.

The Thief In Black - 1964 - Umetsugu Inoue

Dans la joie et la bonne humeur

Quant à l’histoire du voleur, elle laisse la place à un récit héroïque totalement justifié par la preuve que le régime Tokugawa ne souhaite que sa richesse et sa longévité. Rien de particulier si ce n’est toujours de l’humour, un peu d’action et beaucoup de manichéisme simpliste. Il ne se dégage rien d’autre qu’un divertissement banal sur une histoire sans grand intérêt ne cherchant pas à exploiter son sujet. Prévisible et fade, la bonne humeur générale du film peut déstabiliser et fatiguer malgré quelques bons moments et une utilisation délirante des ninjas et de leurs quelques gadgets.

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