Demon Spies – 1974 – Takashi Tsuboshima

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Demon Spies - 1974 - Takashi Tsuboshima

Autre adaptation du travail de Kazuo Koike, moins connue que la série Baby Cart ou encore Lady Snowblood, Demon Spies n’en garde pas moins sa propension à l’exagération hémoglobine devenue plus ou moins propre au cinéma d’exploitation dans lequel tous les excès de folie sont permis. Durant l’ère Edo, un groupe d’enfant est pris en charge par une organisation secrète surnommée les Démons, présente à travers tout le pays. Pendant dix années consécutives, les enfants vont subir un entraînement draconien, laissant plusieurs d’entre eux sur le carreaux, raide mort. Une fois formés, ils découvrent que cette organisation est prise en main directement par le Shogunat afin de préserver la paix et la sérénité du pays. C’est pour ces raisons qu’ils sont envoyés secrètement en mission pour défaire un seigneur préparant une rébellion.

Des espions masqués

Le terme démon désigne en fait des ninjas surentraînés portant quotidiennement un masque de démon. L’idée du masque provient de la volonté de gardé un anonymat complet entre les membres, ainsi ils ne savent jamais à quoi ressemble les autres et ne risquent pas en cas de torture de révéler l’identité de ses camarades. De même, la figure du démon doit effrayer les ennemis pensant alors faire face à des êtres surnaturels. Le film va laisser finalement cette part d’étrangeté de côté, les ninjas vont oser ôter ce masque et montrer une solidarité sans faille entre eux, démontrant la réussite de l’enseignement des Démons.

Demon Spies - 1974 - Takashi Tsuboshima

Ninjas deshumanisés

Objet du pouvoir, ces ninjas se soumettent sans trop réfléchir à la mission imposée, il n’y a là aucun temps mort. On peut en venir à penser l’incroyable robotisation de ces enfants entraînés à devenir d’humbles petits soldats sans émotions mais efficaces. Nous aurons d’ailleurs la possibilité d’assister à une leçon durant laquelle la seule jeune femme du groupe doit se laisser violer par tous, ceci afin de perdre sa part de féminité et de pouvoir devenir un véritable pantin meurtrier, l’inverse est aussi valable, les jeunes hommes doivent apprendre à délaisser leurs pulsions sexuelles. On reconnaît bien là des similitudes avec le personnage de Lady Snowblood, née dans la haine et vivant dans le seul désir de venger la tragédie survenue dans sa famille.

Un entrainement impitoyable

Le code des démons est sans pitié à l’image des nombreux enfants morts pendant l’entraînement dans la plus parfaite indifférence collective. Le masque étant à ce moment là une manière de se différencier des hommes, le perdre ou l’ôter peut signifier la mort, c’est pour cette raison que certaines essayent tant bien que mal de se sauver, avec comme unique résultat, un poignard dans le dos. Un code sans devoir d’émotion ne reconnaît pas la pitié et ignore volontiers l’idée d’être. Mourir pour sa mission est un impératif, le premier à le comprendre est le maître démon qui dans son ultime geste se tranche littéralement la face avant d’enfoncer son sabre dans son torse, tendant fermement son poing ensanglanté vers le ciel. Quelle est la raison de ce dernier geste ? Nous pouvons tout juste lancer quelques hypothèses sans pouvoir les confirmer. Est-ce une manière de prouver la force de sa volonté ou bien au contraire de montrer l’inutilité de son existence ? Aucune idée. Dans la seconde partie, l’infiltration, ces démons vont faire face à la réalité de leurs engagements, ils seront piégés, trahis, torturés ou subiront encore une épreuve complètement folle pendant laquelle ils seront enfermés dans un chemin de lames enfumé d’un poison. Ce sera aussi l’occasion d’expérimenter les quelques gadgets et tour de passe-passe, comme des fléchettes cachées dans le sabre, des masques façon Mission Impossible…

Demon Spies - 1974 - Takashi Tsuboshima

Une époque cynique

De cette aventure, on retient surtout les combats d’une violence folle, les hommes sont réduits à de la chaire humaine, on ne compte pas les nombreux bras volants, les effusions bien nerveuses de sang arrosant tout le monde, encore une fois dans une indifférence surprenante. Pour le reste, si le sujet du film porte en lui quelques bonnes pistes intéressantes, elles sont pour la plupart oubliées au profit de quelques rebondissements parfois tirés par les cheveux, comme la scène du cratère volcanique, nous menant vers un final se révélant décevant, très loin de ce qu’on était en droit d’attendre vu le sujet. Il manque aussi des personnalités fortes pour bien marquer le film, les acteurs n’ont pas de présence, au mieux nous avons un ersatz de David Chiang, la fougue en moins. Même Kei Sato, pourtant habitué aux rôles de méchants cyniques, n’arrive pas à porter à bien la figure de ce seigneur trop conscient des jeux de la politique de l’époque.

Demon Spies - 1974 - Takashi Tsuboshima

Action & violence

Demon Spies contenait tous les éléments pour porter un regard critique et intéressant sur les hommes et le système de ces temps, les démons semblaient avoir toute l’ambiguïté nécessaire à ces soldats de l’ombre coincés entre deux visions du monde, véritable dilemme de leurs existences. Cette force en moins, le film démontre tout de même être un honnête divertissement proposant une action limpide et simple arrosée d’une bonne coupole de sang.

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