Princess Iron Fan – 1966 – Ho Meng Hua

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Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

Le moine Tang Xuanzhang (Ho Fan) et ses disciples le Roi Singe (Yueh Hua), Bajie (Peng Peng) et Sand se retrouvent bloquer par la Montagne en Flammes. Depuis que ce volcan s’est réveillé il a plongé les environs dans une aridité extrême, obligeant les riverains à quitter cette zone. Il n’y a qu’un seul moyen de mettre un terme à l’activité du volcan, utiliser une plume magique détenue par la Princesse de la Plume de Fer.

Ho Meng Hua s’attaque au second épisode de sa libre adaptation du grand récit ‘La Pérégrination vers l’Ouest’ aussi connu sous le titre de ‘L’épopée du Roi Singe’. Il est toujours accompagné par son fidèle scénariste Cheng Kang, futur maître du studio. L’histoire de cette série repose toujours sur le même élément perturbateur, nos pèlerins ne peuvent continuer leur chemin car ils se retrouvent bloquer, soit par un obstacle naturel, soit par des gens malveillants. Dans les deux cas, ils parviennent à se débloquer.

L’idée de ce film pose la base des deux prochaines aventures, on peut considérer que ce second opus est une tentative de mélanger les deux types de blocages cités un peu plus haut.

Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

En effet, le film se découpe en deux parties proposant chacune une sous intrigue.

Dans la première, nos pèlerins doivent absolument ce procurer la plume magique pour continuer leur route. La tâche est confiée au Roi Singe, il faut dire que c’est le personnage le plus puissant du groupe, Bajie l’homme cochon apporte la dose d’humour nécessaire pour varier l’atmosphère du film, le moine Tang est surtout l’icône du maître à protéger, il sait faire preuve de clémence et enfin le dernier disciple est assez inutile, la transparence de son personnage reste un problème récurrent dans toute cette série.

Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

Le Roi Singe est notre véritable grand héros de l’histoire, en plus d’avoir des pouvoirs spéciaux qui lui permettent de démasquer les vils individus, il est malin et possède toujours un tour marrant dans son sac. Pour obtenir la plume magique il commence par être diplomate et va demander gentiment à la princesse de lui prêter sa plume, mais la femme refuse catégoriquement et l’envoi balader dans les airs. Il décide de revenir à la charge après avoir été aidé par une sorte de dieu ermite qui lui a confié une boule magique annihilant les effets de la plume. La Princesse lui refuse une seconde fois et retourne s’enfermer dans sa demeure, mais le Roi Singe ne veut pas se laisser faire, il rétrécie et va se rendre dans l’estomac de la Princesse pour lui forcer la main. Il ne faut bien sûr pas oublier que l’on se trouve dans une fantaisie, un homme singe et un homme cochon ne seront pas les seules surprises du film, Ho Meng Hua prend plaisir à jouer avec cet univers irréaliste, alors rétrécir un personnage n’est qu’une simple formalité.

Bien que son plan semblait réussir, il se fait duper un peu grossièrement, la femme lui a donné une fausse plume… En dépit de ses pouvoirs, il lui manque de bonnes lunettes.

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Sa troisième tentative va être la bonne, il se fait tout simplement passer pour son mari le Roi Beauf. Le Roi Singe est en effet capable de se transformer en 72 formes !

Ce qui est intéressant dans ce passage, c’est que l’on se glisse dans l’intimité d’un couple divisé, le mari a délaisser sa femme durant les 7 années précédentes, il préfère sa maîtresse. C’est un peu bizarre, mais après dans l’univers de ce film, il ne faut pas chercher la logique.

Le Roi Singe doit faire face au manque d’affection de la Princesse, elle s’offre à lui en pensant bien évidemment que c’est son mari. N’importe qui aurait profité de la situation, mais le Roi Singe se retient, il ne succombe pas à la tentation et garde en mémoire sa mission.

Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

Avant de passer à la seconde partie du film, Ho Meng Hua nous livre une scène de combat dans laquelle tout le monde va se battre contre tout le monde, les prestations des acteurs ne sont pas fameuses, c’est surtout les décors qui attirent l’œil, à commencer par le combat entre le Roi Singe et le Roi Beauf sur des nuages !

La seconde partie arrive d’une façon un peu abrupte, elle nous est jetée à la tête très rapidement. Deux femmes (Cheng Pei Pei et Lily Ho) veulent capturer le moine et le manger pour avoir la vie éternelle. Malheureusement pour elles, le Roi Singe veuille aux côtés de son maître pour le protéger.

Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

Elles mettent en place un stratagème vicieux, elles comptent créer une division entre les individus de notre groupe en exploitant les failles de chacun. L’homme cochon aime les femmes, c’est la cible la plus facile à séduire, d’ailleurs cette séduction passe par une petite chanson agréable. Le moine n’est pas non plus une difficulté, il suit ses valeurs bouddhistes, il devient alors assez simple de faire croire que le Roi Singe tue sans hésitation et agit comme un fou furieux, ce genre d’agissement ne peut être accepté par le moine qui renie son disciple. Il ne faut pas oublier que les deux femmes ont-elles aussi des pouvoirs, mais encore une fois je ne crois pas qu’il faille chercher la cohérence, contentons nous du spectacle ! Enfin le dernier disciple, puisqu’il ne sert absolument à rien, autant continuer à le faire dormir.

Le gros défaut de ce film, c’est qu’il n’est pas aussi imaginatif et délirant que ses suites, Ho Meng Hua semble se calmer pour obtenir un résultat plus banal et plus fade. Il n’exploite pas vraiment les capacités de l’univers, au contraire chaque effet spécial ressemble à une simple formalité sans âme. Alors certes, il se concentre sur le développement des rapports entre les individus, mais de l’univers du Roi Singe, on peut attendre autre chose qu’une simple histoire d’amour bateau.

Pourtant, Ho Meng Hua dispose de très beaux décors qui font apparaître le côté incroyable de cet univers, la grotte des femmes est lugubre, sur les murs il y a des os de partout, au centre il y a même un énorme crâne ! De même, il est capable de faire changer un décor en quelques secondes, on peut passer d’une forêt morte à un endroit vert et agréable !

Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

Il y a un détail dans cette série qui reste assez marrant, les grands méchants sont toujours incarnés par des femmes ! Il y a rarement des hommes qui viennent affronter notre groupe. Mais les femmes sont un excellent choix comme obstacle au pèlerinage, elles incarnent le désir, la tentation de la chair. La voie de la pureté ne sera pas une mission facile pour certains membres du groupe.

Au niveau du casting, on peut remarquer la courte apparition de Lily Li en tant que servante de la Princesse de la première partie. Il y a aussi la ravissante jeune Cheng Pei Pei fidèle à elle-même, on a d’ailleurs le plaisir de pouvoir constater son talent de danseuse vers la fin du film. Cette dernière est accompagnée dans sa tâche par Lily Ho, à cette époque elle est un peu bouffie, son visage est encore très rond mais sa beauté est déjà apparente.

Princess Iron Fan - 1966 - Ho Meng Hua

Princess Iron Fan n’est pas le grand épisode de cette série, il ressemble plus à une expérience visant à donner un autre visage qu’à un film exploitant au maximum le délire complet de cet univers. Heureusement pour nous, dans les suites Ho Meng Hua ne se restreint plus, il prend plaisir à développer la fantaisie du film. Dans Princess Iron Fan, le réalisateur semble souhaiter donner un cadre plus réaliste et normé au film.

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