King Cat – 1967 – Hsu Tseng Hung

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King Cat - 1967 - Hsu Tseng Hung

L’année 1967 a été particulièrement riche pour Hsu Tseng Hung, 3 films tournés dont King Cat. L’histoire du film est celle de Zhan Zhao, honorable justicier qui contrecarre la tentative d’assassinat de la princesse orchestré par le Grand Tuteur, il est alors adoubé « King Cat » par le frère de la princesse. Il ne souhaite pas garder ce titre, il sait que cela peut lui causer des problèmes et en effet, le plus jeune frère des 5 souris souhaite mettre un terme à la gloire de King Cat. Pendant ce temps, l’homme de main du Grand Tuteur continue de comploter…

Avec ce film, Hsu Tseng Hung s’intéresse à une aventure plutôt banale de type Wu Xia Pian. Le héros incarné par Chang Yi est un modèle du genre, il est tous ce dont on peut rêver. C’est un excellent sabreur, il est modeste, droit, beau, il a même des pouvoirs spéciaux incroyables… En effet il peut notamment marcher sur les murs ! Qu’on ne s’inquiète pas des effets kitchs du genre il y a quelques uns, tous aussi marrant que ridicule pour notre bonheur.

Face à ce héros magnifique, il y a la famille des Souris qui jalouse quelque peu le titre de Zhan Zhao. Le ridicule continue, il est pleinement assumé, cette famille est constitué de 5 frères : Souris Aigle, Souris Taupe, Souris Rock, Souris Poisson et enfin le plus jeune des frères, Souris Moqueuse.

King Cat - 1967 - Hsu Tseng Hung

Evidemment, c’est le plus jeune de par son arrogance qui cause des soucis aux autres, il les entraîne dans une affaire de vol afin de faire savoir à King Cat que quelque le cherche. C’est à ce moment là que le réalisateur refait surgir un personnage qui semblait avoir été purement et simplement zapper. L’homme de main du Grand Tuteur incarné par Lo Lieh, dénommé Le Papillon Caméléon, est devenu un vilain violeur qui tue ses victimes. Le rôle de grand méchant convient très bien à Lo Lieh, grand habitué de ce genre de rôle (Plus tard, le fameux maître Pai Mei, ce sera lui aussi bien dans Executioners of Shaolin que dans Clan of the White Lotus).

La grande variété des personnages est clairement un atout du film, durant la première demi-heure il y a régulièrement de nouveaux visages qui apparaissent à l’écran et qui seront tous très bien utilisés. Cette diversité des personnages permet au réalisateur de mettre en place des sous intrigues, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de forcément complexe, non Hsu Tseng Hung aime la clarté, la simplicité et ça se ressent. Il réussi à donner une cohérence géniale à son film, chaque personnage à son intérêt, son caractère, ses relations.

King Cat - 1967 - Hsu Tseng Hung

Comme dans tous Wu Xia Pian, il y a évidemment des combats. Ce sont en majorité des duels sauf pour une partie du final qui ressemblera plus à du n’importe quoi qu’à un véritable combat. Ces duels ne sont pas formidables, ils sont très rapides et leur mise en scène nous rappelle le côté fantaisiste de cet univers : les combats volants, les fameux grands sauts. Si Chang Yi s’en sort plus ou moins bien, Chiao Chuang n’est pas vraiment crédible. Heureusement pour nous il n’a que deux petites scènes de combat !

Hsu Tseng Hung n’hésite pas à essayer plusieurs effets assez fantaisistes, en dehors des déplacements sautés, il y a le déplacement mural ! Et oui, avant les Vénoms mis en scène par Chang Cheh, quelqu’un avait déjà eu l’audace de filmer l’idée. Je l’ai déjà mentionné plus haut, c’est ridicule et vraiment marrant à voir. La palme revient tout de même à la scène où Bai Yutang (la cinquième souris !) offre à boire à son ennemi King Cat, il le teste en lui tendant un verre plein qu’il bloque entre ses mains. Zhan Zhao est malin, il aspire littéralement l’eau, comme si c’était une fontaine. C’est incroyablement génial, le pauvre s’en met partout mais arrive quand même à surprendre la pauvre Souris. Il y a bien sûr d’autres détails kitch, comme la face barbouillée de peinture du Juge Bao. Mais ce kitch ne descend jamais le film, il ne l’enfonce pas dans un ridicule total, c’est largement modéré pour permettre au film de garder un certain sérieux et une cohérence.

King Cat - 1967 - Hsu Tseng Hung

Pour mon second Hsu Tseng Hung je suis toujours aussi ravi, j’ai encore une fois passé un bon moment devant ce film, il n’est toujours pas parfait mais assure un divertissement de bonne facture. Le réalisateur est loin de réinventer le genre, il se satisfait totalement des icônes habituelles du Wu Xia Pian tout en s’essayant à quelques expériences visuelles assez décalées. Sans être un chef d’œuvre, King Cat reste un bon film plaisant à regarder.

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